‹ Essai sur la typographieChapitre 12 sur 44 · Livre. àet Quatre Histoires , Inpriaé l 't&i avec le* même) eam · texte numérisé non relu

Livre. àet Quatre Histoires , Inpriaé l 't&i avec le* même) eam

Augsbourg.

Bamler est le premier qui infrodniail l'imprimerie à Augsbourg, un il ni paraître deux Bibles in-folio, sans «laie, l'une en latin, l'autre en allemand. GassaruSjériivaiu contemporaia, Martin Crusius, et Melcbior Adam sont d'aï cord pour Ruer hte Bible latinela <i >t.- de I Maillaire donne à la Bible en allemand 1 de 1467 (1).

Guntherus Zainer, deReullingen, frère probablement de Jean Zainer , qui fonda Pirnpi 1merie à Ulm, imprima a Augsbourg le premier livre qui soit dalé : ce sont les Bonannturœ Meditaliones , 1468. L'année suivante il imprima une édition du Catholicon de Jean de Janua in-fol., 1469. Il employa d'abord les caractères semi-gothiques; maisen 1472 ilpréféra le beau caractère romain pareil à celui île. Venise. Parmi les autres imprimeurs établis à Augsbourg se distingue Jean Schœnspergei l'aîné, à qui l'on doit de 1482 à 1524 plusieurs ouvrages remarquables par leurélégance, parmi lesquels ligure le célèbre Tewrdamxckh , dont il imprima à Augsbourg la seconde édition dans le cours de l'année 1519. La première édition de ce chef-d'œuvre typographique fut imprimée par lui à Nuremberg, en 1517 , mais déjà en 1514 il avait imprimé à Augsbourg un livre de prières, petit in-4°, en caractères plus gros, dont l'exécution est supérieure encore à celle du Tewrdannckh (2).

Erbard Ratdolt ayant quitté Venise pour revenir exercer l'imprimerie dans sa patrie, imprima en 1488 , à Augsbourg , VAlmanach de Jean de Kœnigsberg (Regiomontani), dont il avait déjà donné une édition à Venise en 1476, enrichie de lettres ornées ou fleuronnées.

Nuremberg.

Antoine Koburger eut à Nuremberg vingtquatre presses constamment occupées, et lit imprimer pour son compte en diverses imprimeries, à Bâle , à Lyon, etc. C'est à lui que JosseBade, savant imprimeurde Paris, dédia le recueil à'Épitrcs des hommes illustres composé par Politien (3).

Parmi les nombreuses éditions qu'il donna, à partir de 1463 jusqu'en 1513, année de sa mort, figurent douze éditions de la Bible en

(i) Poij. G. Zapf, annales Typograpliiœ Atigustœ. Augustœ Vindelic, 1773, in-4°.

(2) L'exemplaire sur vélin que possède la bibliothèque du Britisli Muséum est d'une admirable perfection; on croit que c'est l'exemplaire même de l'en pcreur Maximilien.

(3) 11 lui dit : « Cum sis librariorum facile princeps , et inter fidèles atque honcstos mercatores non inferiori loco positus. Litteralos omnes et colis et foves; pervigilcmque curam ad bonos éfidices vois»'. terce, ac sine ruendis imprimendos adhibes. »

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latin, et une superbe édition de la Bible traduite en allemand. Il employa pour ses éditions un caractère semi-gothique, assezélégant.

Un livre imprimé à Nuremberg en 1470 porte une souscription conforme en grande partie à celle du Catholicon de Mayence(l); ce qui ferait supposer que l'imprimeur pouvait être quelque ouvrier de /'atelier de Gutenherg. Un autre ouvrage, également sans nom d'imprimeur, parut l'année suivante, et porte aussi la souscription du Catholicon. On en attribue l'exécution à un certain Sensensclimid de Egra, qui, entre autres ouvrages, publia une très-belle Bible latine in-fol., datée de

Jean Mùller de Monteregio (Kœnigsberg) imprima en 1474 ses Calendriers pour les années 1475 à 1506, puis il donna, mais sans date, la Nouvelle Théorie des planètes, par Georges Purbacli, avec des figures mathématiques, gravées sur bois, et Y Astronomie de Manilius avec cette indication : In qfficina Jo. de Regiomonte, habilantis in Nurembergia : ces deux ouvrages sont fort bien imprimés et en caractères romains dont Ratdolt imita les formes à Venise et à Augsbourg. Les initiales de l'un et de l'autre sont décorées d'ornements et fleuronnées. Jean Mùller de Kœnigsberg, l'un des hommes les plus instruits de son temps, revint se fixer, vers 1473, à Nuremberg, où il imprima quarante-huit ouvrages dont il donne la liste, à la fin de laquelle il ajoute : « Que si, à Dieu ne plaise! l'imprimeur, après avoir publié ces ouvrages, vient à trépasser, la mort ne lui sera pas acerbe, puisqu'il laisse de tels présents à la postérité, qui ne saurait désormais souffrir de la pénurie des livres. »

Mais le pape Sixte IV , voulant réformer le calendrier, fit des offres magnifiques à Jean de Mùller. Elles le décidèrent à se rendre à Rome, et l'année suivante il y mourut, empoisonné, dit-on.

Au nombre des imprimeurs de Nuremberg figure le célèbre peintre Albert Durer de Nuremberg : on connaît de lui quatre ouvrages ornés d'un grand nombre de gravures en bois ; quelques-uns sont accompagnés de texte. Le premier porle la date de 1498, les autres celle de 1511. lisse terminent ainsi: Impressum Nurenberge , per Alb. Durer, etc.

C'est en 15 17 que l'imprimeur Schoenspkrger, dont le nom est trop peu connu, vint il'Augsbourg, par ordrede l'empereur Maximilien, exécuter à Nuremberg la première édition des Aventures du chevalier de Tewrdannckh , dont le poème fut composé par Melchior Pfinzing de Nuremberg, à l'occasion du mariage de Maximilien 1er avec Marie de Rourgogne. On prétend que l'empereur lui-

ii) .... patronaruro formarumque concordia et proportlone impressus.

même contribua à la composition de ce poème, où il est représenté sous l'emblème du chevalier. Parmi lés plus belles œuvres typographiques, cet ouvrage est l'un des plus remarquables sous tous les rapports; il contient cent dix-huit figures allégoriques, imprimées avec le texte. Les livres à gravures exécutées à Nuremberg quelques années auparavant par Albert Durer durent faire préférer cette ville à toute autre, puisque, indépendamment de ce célèbre artiste, à la fois peintre, graveur et imprimeur, d'autres artistes distingués en tout genre s'y trouvaient réunis , parmi lesquels s'est conservé le nom de Vincez Rockener, dessinateur des ornements qui accompagnent les lettres initiales du poème de Pfinzing.

C'est par le concours de leurs talents que fut créé ce chef-d'œuvre, dont l'exécution est tellement étonnante, que, trompés par l'art avec lequel les traits de la plume sont imités, Joh. Vogt (1), F. V. Krantz (2), et J. S. Schœpftin (3) en Allemagne; et en France le graveur et fondeur en caractères Fournier (4), et le graveur sur bois Papillon (5), déclarèrent ce livre un monument xylographique. Tant il est vrai qu'on est enclin à juger des choses sous l'influence de l'habitude, sans prévoir que tout change selon les temps et les progrès des arts. Cependant les preuves les plus convaincantes démontrent que l'ouvrage fut imprimé en caractères mobiles fondus avee art; c'est ce qu'attestent évidemment : 1° des lettres retournées en plusieurs endroits ; 2° les espaces marquant sur le papier dans l'intervalle qui sépare les mots , effet causé par l'ébranlement qu'éprouvent les caractères pendant la touche; enfin d'autres indices qu'il serait trop long de détailler ici. Mais il est certain que tous les ornements, toutes les initiales, enfin toutes les lettres avec traits imitant les jeux de la plume, sont gravés sur bois ou sur

, Hist. crit. Libror. Rar., Hambourg, où il dit : textum buxo nitidissime

(OCatalog

insculptum.

(2) Gesch. der asterr. gelehrten, i7sa, p. ios. Le caractère, dit -il, n'est pas fondu, comme on le fait de nos jours, et composé, mais chaque pape est taillée dans le bois d'après la plus ancienne méthode.

(s) Vindic. Typogr., p. 9. Xylographicœ artis prœstcmtissimtis liber, dit Uibdin, dans son Voyage bibliographique en France, t. IV, p. 18 ; il indique aux figures 13, so, «s, 69 et 70 le monogramme du célèbre graveur Hans Schœflein dit le Maître à la pelle {Schôffel en allemand signifie pelle ).

Dans la seconde édition , dont je possède deux exemplaires, le monogramme ne se trouve pas à la planche 13; mais il existe dans l'édition de Nuremberg, dont je possède un exemplaire imprimé sur vélin.

(4l Attendu, dit Fournier : i° que les lettres passent les unes sur le corps des autres: 2° que les lettres sont variées sans nécessité.

(s) Papillon dit : « Avant considéré ce livre tout à loisir et fort attentivement, je peux affirmer que toutes les lettres ont été gravées sur chaque planche ou page du livre; étant visible qu'il n'y en a pas deux qui aient été fondues, quoique excellemment grave*», u Uist. de la Gravure en Bois, p. I08-U7.

plomb, et que leur ajustement dans le texte est le résultat d'ingénieux procédés.

Je me rappellerai toujours avec quel intérêt et quelle curiosité je cherchais avec mon père à découvrir les moyens que Schœnsperger avait pu employer pour tromper même l'œil des connaisseurs (1). Dans la seconde édition, imprimée à Augsbourg, en 1519, le tirage fut souvent interrompu pour varier dans les pages l'orthographe et les jeux des déliés et des traits qui s'échappent des lettres, afin de faire en quelque sorte de chaque exemplaire un ouvrage qu'on pût croire original (2).

Cologne.

On croit que Ulrich Zell faisait partie de l'atelier deGutenberg àMayence. Récemment on a découvert l'ouvrage suivant de saint Jean Chrysostome , qui porte cette souscription : Deo et Deiferse refero grattas infinitas de fine primis libri Johannïs Chrysoslomi sancti,docloris et episcopi sup. Psalmo quinquagesimo penne Ulricum Zellde Hanau, clericum diocesis moguntinensis. Anno Dmni millesimo quadringentesimo sexagesimo sexto (3).

L'abbé Mercier (4) dit avoir lu et tenu en ses mains un « Sanctus Augustinus , De Vila Christianorum et de Singularitale Clerico-

rum, à la fin duquel est : Explicit per me

Oldericum Zell de Hanau, clericum diocèses

moguntinen. anno sexagesimo septimo, »

petit in-4°, imprimé, dit-il, avec les caractères de Schœffer. M. Brunet lui attribue aussi celte année une édition des Bucoliques de Virgile, m-to\. gothique à deux colonnes, et : TJlino ( Leonardus de), Sermones aurei de sanctis (Coloniœ, Ulr. Zell.), 1473.

En 1467 il imprima deux traités de saint Augustin : 1° De Vita Christiana; 2° De Singularitale Clericorum. On lui attribue

(i) Lorsqu'en 1817 je passai à Parme, où venait de mourir Bodoni , J'ai su de sa veuve et de son ami P. Lama , qui a écrit en deux volumes in-4° la Vie de Bodoni, que lorsque ce célèbre typographe, à la fois graveur, fondeur et imprimeur, vit pour la première fois imprimés les caractères imitant l'écriture gravés et fondus par mon père d'après les procédés de son invention, il ne put comprendre comment, par des moyens typographiques, un pareil résultat avait pu être obtenu. Mon père se fitaussi un plaisir de laisser deviner à son frère les moyens qu'il avait pris pour réussir. Voy. la dédicace en caractère d'écriture placée en tête de la traduction en vers français des Bucoliques de Virgile, édit. de 1808.

(2) J. B. Bemhart a signalé des différences aux pages suivantes :

Cahier. Pages. Cahier. Pages.

U 5. II I, 2, 5, 4. u, G, 7, 8.

E 3, 4. Il, 2. 3, 4, S, 6.

(3) Karl Falkenstein Geschichte de BuchdrucKerkunst Leipsic. Teubner 1840.

(4) Supplément à l'Histoire de l'imprimerie de Prosper Marchand, p. w.

KAI'llIK

même l'impression de la balte Betractiomtm PU If, Rom. 10 mars I'i03; mais elle ne |«irlu aucune autre indication.

Pierre de Otpe imprima le livre Biiivanl, en 1470 : « Aoetoritatea Decreteram lm| Colonie Agrippine per me Petram de Olp««. ••

On croit que le FlortU imprimé en trèspetit caractère, mais sans date , esf >\>- i i7 i ci fut exécuté à Cologne par Tfierkœrnen.

C'est ce même imprimeur qui, en 1471, fut l'idée de numéroter les feuillets dans l'ouvrage d'Adrien le Chartreux De Reim utriusque fortunx. Du moins ce livre est le plus ancien où M. Daunou ait remarqué l'emploi des chiffres, qui sont arabes. Tlierhœrnen a donné aussi dans son édition des Qvodltbeta sancli Thomœ, daté de 1471, l'exemple des titres courants placés au haut des pages.

Ellwill. — Le Vocabulaire Lalino-Teulonicus imprimé avec les mêmes caractères que ceux du Calholicon par les deux frères Bechtermuneze en 1467 fut réimprimé à Ellwil en 1469 avec les mêmes caractères , et pour la troisième fois en 1472, sans nom d'imprimeur et en caractères plus gros; cette édition est suivie de ces vers :

Nota ignota qui volt Teutunica verba Légat opus presens, et rctinere volebit Maxirna de minimis

Spire. — On y imprimait dès 1471. Le premier livre est Poslilla super Apocalypsin, etc., in-4°.

Eostoch. — Dès 1474 paraît dans cette ville du duché de Mecklenbourg une édition in-fol. de Lactance, dans l'établissement fondé par les frères de la Vie Commune, qui imprimaient encore à Rostoch en 1481.

Tubinge. — En 1517 le célèbre Philippe Mélanchton était correcteur d'épreuves chez Anselme,ainsi que nous l'apprend Melchior Adam, dans la vie de ce novateur. « Praefuit Tubinga3 typographiese officinee Anselmi aliquamdin. »

Francfort-sur ■ Mein. — Les Wechel firent le plus grand honneur à l'imprimerie de cetle ville, par le grand nombre d'excellentes éditions qu'ils y imprimèrent. Ils avaient pour correcteur le célèbre Sylburge, qui resta longtemps employé dans l'imprimerie des Estienne à Paris. Il était aussi savant en grec qu'en latin.

Leipsick. — L'imprimerie n'y exista pas avant 1481 . Marcus Brandis est regardé comme le premier imprimeur en cette ville, et son premier ouvrage est daté de cette année.

J.D.Emmanuel Breitkopf, né en 1719, s'est principalement occupé de la gravure des caractères ; c'est lui, dit son biographe, « qui est le père de l'art typographique en Allemagne » ; il contribua à maintenir aux caractères les formes gothiques qu'on voulait remplacer par les lettres romaines. En 1754 il commença a imprimer la musique avec des caractères mo-

biles de son invention, et son système est préféré encore aujourd'hui en Allemagne. Ses ti-nlatives pour l'exécution des cartes géographiques furent moins heureuses; il améliora les presses et la fonte des caractères. Plusieurs ouvrages estimés sur la typographie ont été composés par lui, mais il n'a pu terminer son Histoire de la Typographie. Il mourut en 1794. Ses héritiers continuent avec succès à Leipsiek l'impression de la musique.

C. C. Traugott Tauchnitz, néen 17G1, s'est distingué par son instruction et par ses éditions grecques et latines stéréotypées d'après le procédé Stanliopc. Son fils et son successeur Charles Tauchnitz s'est distingué par quelques belles impressions.

L'imprimerie de M. B. Teubner s'est placée au rang des meilleures de l'Europe par la publication en 1846 du Codex Frederico- Awjustanus, représentant l'un des plus anciens manuscrits grecs du vieux Testament découvert par M. C. Tischendorf en Orient.

M. Henri Brockhaus, à la fois éditeur, imprimeur et fondeur en caractères, a envoyé à l'Exposition de Londres de 1851 un exemplaire de tous les livres qu'il a imprimés dans l'année 1850. Ils sont aussi remarquables par leur grand nombre que par leur mérite littéraire. Quelques-uns sont fort bien imprimés.

Les entraves apportées au commerce de la librairie à Francfort-sur-Mein tirent transporter à Leipsiek la foire annuelle, ce qui a donné à cette ville une grande importance commerciale et littéraire. Les libraires y sont à la fois instruits, laborieux et habiles négociants.

Berlin. — L'imprimerie y fut introduite fort tard. Le grand Frédéric accorda à l'imprimeur Spener, chez qui il allait étudier les nuits à l'insu de son père, un privilège pour imprimer le journal Berlinische-Nachrichten.

L'établissement û'Unger fut aussi protégé par Frédéric, et prit une grande importance à la lin du dix-huitième siècle. Unger fut célèbre à la fois comme imprimeur, comme graveur sur bois et comme professeur de cet art à l'Académie de Berlin.

Comme lui, M. Giibitz était professeur instruit et gravait avec un grand talent sur bois. Les vignettes et fleurons qu'il exécuta pour notre fonderie sont remarquables par leu r belle exécution.

M. Decker, imprimeur du roi et de l'Académie, se distingue aujourd'hui par ses belles impressions. Rien de plus beau que la Grande Bible in-fol., traduction de Luther, qu'il a envoyée à l'Exposition de Londres de 1851. . La librairie jouit à Berlin d'une grande considération, due à la sévérité des examens que doit subir en Prusse tout libraire au ministère de l'instruction publique et des cultes avant d'être reçu dans la corporation.

TYPOGRAPHIE 6G4

Sluttgardt. — M. Cotta a donné de la célébrité à cette ville par ses grandes entreprises littéraires et par les belles éditions de Schiller et de Gothe qu'il a imprimées. Sa grande fortune lui permit de se montrer souvent un zélé protecteur des lettres. Son fils lui a succédé dans son grand établissement d'imprimerie et de librairie, ainsi que dans les titres de noblesse accordés à son père à la fin de son honorable carrière.

Vienne. — On croit que le livre de Jean Meyger intitulé Tractalus Distinctionum , Vienne, 1482, y fut exécuté par ces imprimeurs ambulants qui parcouraient les divers pays en transportant leur petit matériel , consistant en un seul caractère, avec quelques lettres capitales pour les litres, et leur petite presse à deux coups. L'imprimerie ne fit aucun progrès à Vienne pendant longtemps. Le nom de ses principaux imprimeurs, Jean Winterburger, Jean Singrenius, sont les moins inconnus.

Mais à l'Exposition Universelle de 1851 à Londres l'Imprimerie Impériale d'Autriche montra des produits si nombreux et si nouveaux , qu'ils furent l'objet d'une surprise générale, et lui méritèrent unanimement la médaille de première distinction.

La xylographie , la gravure en relief et en creux, la fonte des caractères, le stéréotypage, soit par des moules en plâtre, soit en guttapercha, la galvanoplastie, qui obtient de ces moules des reliefs d'une grande étendue, et fait que des poissons antédiluviens se reproduisent eux-mêmes sur le papier, la galvanographie, la galvanotypie, la chimitypie, la photographie, toutes ces nouvelles applications de l'art et de la science qui nous font entrevoir un avenir inconnu s'y présentent réunies , et la lithographie, cette nouvelle sœur de la typographie, y figure aussi avec ses nouvelles annexes, la typochromie et la lithochromie.

En hâtant les progrès de l'art par des nombreux essais en tout genre, dont l'application à la typographie nous font entrevoir un avenu inconnu , cet établissement s'est montré digne de la protection impériale.

Sa belle et riche collection de caractères orientaux, qui ne le cède ni en nombre ni en perfection à ceux de notre Imprimerie Nationale, prouve que l'éruditiou n'y est pas moins encouragée que les arts.

Dès 1473 paraissait à Bude l'Historia Hungarica, Ladislao, prœposilo Ecclesix Budensis, ac régis Maihix Corvïni cancellario, dedicala a typographo. Budaî,lypis AndreœHess; anno 1473.

L'imprimerie se propage en Halte.

Milan. — - En 1469 Philippe de Lavagna de Milan et en 1471 Antonius Zarolus de Parme impriment un grand nombre d'auteurs latins. Zarot eut pour correcteurs le célèbre P. Justin Philelphe et P. Etienne Dulcinio.

Son Missale Homanum in-folio, imprimé en 1478, en est le premier livre, dit Chevillier, qui soit en noir et eu rouge.

Les impressions de Zarot s'arrêtent à l'année 1500. Christophe Valdarfer quitta son imprimerie de Venise , pour venir imprimer à Milan, en 1474, des éditions grecques et latines fort estimées. Golhardus de Ponte y imprima en 1 5 1 0 le livre singulier des Conformités delà vie de saint François avec celle de J.-C, qui fut réimprimé à Milan, en 1513, par Zarotus Castilioneus, hujus artis non infirtni (1).

Parmi ses imprimeurs Milan peut se glorifier de compter Démétrius Chalcondyle et Alexandre Minulius, deux hommes de lettres dislingués.

La grammaire de Lascaris, imprimée à Milan, en 1476, est le premier ouvrage où le grec soit régulièrement imprimé ; mais il est encore défectueux. C'est plutôt pour son ancienneté que pour la beauté de l'exécution typographique que ce livre est recherché.

En 1493 parut la belle édition grecque d'Isocrate, imprimée par Henri Germanus ou l'Allemand et Sébastien de Pontremulo.

La première édition des œuvres complètes de Cicéron , 4 volumes in-folio, y fut imprimée par les deux (rères Minutianus en 1498-1499.

Florence. — En 1471 Bernard Cenninusnous apprend que, « secondé par son fils Dominique, il a gravé des poinçons d'acier, au moyen desquels ont été fondues les lettres qui ont imprimé le Virgile, dont Pierre, son autre fils , a revu le texle sur les manuscrits, en ayant grand soin que ce texte de Servais fût bien complet et qu'aucune note étrangère ne s'y glissât. Quant aux mots grecs, qui sont en petit nombre, ils ont été laissés en blanc, attendu que beaucoup de personnes préfèrent les écrire eux-mêmes, et qu'il est fort difficile d'en imprimer les accents. Mais comme on ne saurait rien produire d'absolument parfait, ils se bornent à l'espoir que le livre sera jugé supérieur à ceux qui l'ont précédé (2). »

Bernard Nerlius et son frère imprimèrent en 1488 la première édition du texte grec d'Homère, publiée par Démétrius Chalcondyle d'A-

(1) Parmi les éloges infinis donnés à ce saint figure celui-ci, Franciscus fuit deos.

(2) Bern. Cenninus aurifex omnium judicio prxstantissimus el Dominicus cjus filius egregia- indolis adolescens expressis ante calibe cliaraeteriuus et deinde fusis literis, volumen hoc p ri nuira impresserunt : Petrus Cenninus, Bcrnardi ejusdem filius , quanti poluit cura et diligentia emendavit, etc.

Il API II F.

thènes, qui lut fécondé pas Jean ha ioil • métriusde Candie. Cetlêédilion est belle, et recherchée.

Laurent François de AlOOl publh c|i\.

éditions principe» de ■ , i< liée que

['Anthologie de Planude, i 194, el ApolUmnu de Rhodes, en 1496 : ces deux oo?i

imprimés en lettres capitales grecq paie, les Gnomtr/ues, Callimaque, etc.

Philippe Junte de Florence en i Wl ctson frère Bernard en 1508 continuèrent Piisj

sion du petit nombre d'ouvrages grecs i n inédits, et réimprimèrent beaucoup d'auteurs

greeset latins. Leurs éditions, moins estic que celles des Aides, sont fort belles. L'enseigné des Juntes était trois lis, accompagnes quelquefois de la devise nil candtdius.

En 1497, à l'instigation du célèbre Fra Girolamo Savonarole , les ouvrages eu langue vulgaire de Dante, de Boccace el de Pétrarque furent livrés aux flammes sur la place publique de Signori.

Colle. — Dans cette ville de Toscane, ci If Poggibonzi et Volterra, l'imprimerie fut introduite dès 1471 par Bonus Galltis,qui se présenta à la communauté de Colle le 20 avril de cette année pour demander l'exemption de la Gabelle, promettant d'établir ses presses dans cette ville. Le premier ouv rage qu'il publia celte année fut un livre grec, 'Otituocvou 'A/'.e-jtixwv, in-4°.

Dès le commencement du quatorzième sicoie, il existait à Colle des fabriques de papier, ayant un cours d'eau pour moteur. I Jne charte du 6 mars 1377 est relative à la location pour vingt ans, par la commune de Colle, à Michel diColo, d'une chute d'eau avec canal et maison ad faciendas carias : lesquels

canal, maison et chute d'eau, étaient I la

auparavant, pour le même usage, par Bartolommeo di Angelo délia Villa (1).

Colle et Fabriano sont les papeteries les plus anciennement connues en Italie. On ignore laquelle des deux fournissait aux Aides leurs superbes papier;, qui conservent encore aujourd'hui tant de solidité et d'éclat; mais on sait que ceux qu'employa Bodoni pour ses plus belles éditions étaient fabriqués à Fabriano (2). En 1851 nous avons vu paraître à l'Exposition universelle de Londres les produits de la papeterie de M. Pietro Milliani, de Fabriano, qui ont été admirés par le jury et ont mérite la médaille à cet habile fabricant.

Naples. — Dès 1471 Sixte Riessinger, prêtre de Strasbourg, y apporta l'imprimerie. Son premier livre est : Bartholdi de Sa.ro Fer-

(i) Archirio diplomatico Florentine) ; carte delta cotnunità di Colle.

(2) L'ouvrage intitulé -. Le Piu insigne Pittnre l'armensi, in-4°, iso9, est indiqué par Bodoni comme imprimé sur le papier de Fabriano. Il employait a'is-i celui de l'asquale Bozzaui, à Mariano, près Parme.

rato in II codicis Justiniani parlent, in-fol.

I,e roi de Naples Ferdinand, qui alfectionnail Biessinger, à cause de sa candeur, l'ennoblit, et lui offrit plusieurs évêchés et abbayes, pour l'engager à se fixer à Naples; mais ce prêtre modeste préféra renoncer à la fortune pour revenir dans son pays. La première édition de Luc. Annxus Sénèquc fut imprimée à Naples par Moravus, en 1475.

Plaisance. — Une Bible latine in-4° y est imprimée en 1470; une antre, de 1475, est remarquable par la pelitrsse des caractères.

Foligno. — Dès 1470 deux imprimeurs, dont l'un Allemand, impriment l'ouvrage suivant : Leonardi Aretini Hisloria Belli llalici adversus Gothos.

Vérone. — Le 15 janvier 1470 paraît comme premier essai de l'imprimerie, la Batracomiomachia d'Omero, tradotta in tersa rima, da Georgio Sommariva, cavalière veronense ; in Verona, 1470.

Un Français, Pierre Maufer, qui avait introduit l'imprimerie à Padoueen 1474, vint ensuite s'établira Vérone, où il lit paraître une édition «le Josèpbe, de Bello Judaico, in-fol., 1480. On y lit à la fin : « Impressum in inclyta clvitate Veronse, par Petrum Maufer, Gallicum. »

Trévise. — Gérard de Lysa publia en 1471 Phalaridis Epistolx, ex interprétât ione Fr. Aretini; en 1474 Girardo Flandrino (1) imprima le Tesoro di Brunello Latino.

Ferrare. — En 1471 une édition de Martial parut à Ferrare, sans nom d'imprimeur; on la croit imprimée par AndrœasGallus , le plus anciennement établi dans cette ville.

Bologne, — Dès 1471 l'imprimeur Balthazar Azoguidus y donnait un Ovide in-fol.

Pavie Un volume in-4° sans nom d'imprimeur est aussi de 1471, intitulé: Antonii de Burgos liber super Decrelalium III de Emplione et Venditione; Papix, 1471.

Trevise. — Le 18 décembre 1471 Gérard de Lisa fait paraître un vol. in-4° : Trismegistus latine, interprète Marsilio Ficino, et la même année Augustini manuale ; Tareisii, in-8u.

Padoue. — Deux imprimeurs, dont l'un de Padoue, font paraître en 1472 : Petrarchx Rerum vulgarium Fragmenta; PadiicV, pcr Bar. de Valde Patavum, et Marlinum de Septem Arboribus Prutenum, in-fol. La môme année parut la Fiammetta de Boccace, in-4°. En 1717 les frères Comine publièrent à leur imprimerie de Padoue des éditions fort estimées par le mérite des notes critiques, la beauté des caractères, et celle du papier et de l'impression.

Mantoue. — L'imprimerie y est introduite par deux Allemands, qui publient dès 1472

(i) Son nom se trouve dans une pièce de vers latins à la Hn du volume.

l'onvrngesuivanl: Danfis Capitula, ilalice : Magister Georgius et Magisler Paulus, l'eutonici, hoc opus Manlux impresserunt, adjuvante Colombino Veronensi; 1472.

La même année parut à Mantoue un Traité des Maléfices, à la fin duquel on lit ces vers :

Pctrus Adam , Mantus, opus hoc impressit In urne. Illic nullus eo scripserat œre prius.

Gênes — D'après Panzer, Mathieu Moravus, Olomuntzet Michel de Monaco y auraient imprimé dès 1474 le Nicolai deAusmo Supplemenlum Summx qux Pisanella vocalur, en caractères gothiques.

En 1516 P. P. Porrus voulut entreprendre une Bible polyglotte, et fil paraître le psautier en hébreu, en grec, en arabe, en chaldéen , avec trois traductions latines, et les gloses, imprimées à huit colonnes. Dans la préface, l'éditeur, Juslinien, s'adresse au pape Léon X ; mais il ne put obtenir des princes et du public, un appui suffisant pour pouvoir conlinuer cette entreprise.

Parme. — L'imprimerie y fut importée en 14"3 par un Français, Etienne CoraI,imprimeur de Lyon. On lit à la fin de son édition de YAchilléide de Stace : « Si quas , optime lector, hoc in opère lituras iuveneris, nasum posito; nam Stephanus Corallus Lugdunensis, invidorum quorundam malivolenlia lacessitus, qui idem imprimere tentarunt cilius quam asparagi coquantur, id absolvit, acsummo studio emendatumliterarum studiosis legendum tradidit, Parmx 1473, cal. april. 4. »

La même année il imprima Catulle et les Sylves de Stace in-fol., et deux autres ouvrages in-fol. des jurisconsultes Baldus et Barbacius. Les années suivantes il donna Pline, Histoire Naturelle; Cicéron, De Officiis ; un Ovide complet, etc.

Le seul ouvrage imprimé en 1473 par André Portilia est Trionfi di Petrarcha. Voici les deux derniers vers de la pièce placée à la fin en l'honneur du commentaire de Philelphe qui y est joint :

Haee nain dedalicus posuit Portilia Parinae Andréas : patriae gloria ma^na sua:.

En 1479 A. Portilia imprima un Virgile in-fol. et les Métamorphoses d'Ovide. En 1480 il donna une édition de Pline, Histoire Naturelle, grand in-fol., avec cette pièce de vers d'André Aicardus :

Andréas prodessc volens , Portilia multis

Gratum opus impressit Plinion aire suo.

Teinporibus priscis hune Ribliothcca tenebat

Principis ; et magni divitis alque duciini. Niinc émit eum omnis civis, quem gloria tangit ,

Hune émit argenlo pauper,

Arle tua gaudere potes. Portilia, multum,

Quœ facit ut vivant oiunia scripta. Vale.

C'est dans ces derniers temps que l'ait typographique fut porté à Parme à un haut degré de perfection par les talents de Bodoni.

f.fiï)

Bodoni .

Nul n'eut plus que lui la passion de son ait. Une noble émulation s'élait établie entre la France et l'Italie pour créer des chelsd'œuvre typographiques et honorer la mémoire des grands poètes et littérateurs en reproduisant leurs œuvres avec un luxe qui était un nouvel hommage rendu à leur nom et à leur mérite. Excité par l'estime de ses concitoyens, encouragé par les souverains et les princes, Bodoni trouva en Italie un public enthousiaste, et dans M. le chevalier A/ana un protecteur dévoué.

Ce célèbre artiste réunissait en lui tous les talents d'un véritable typographe (I). On peut juger de l'ensemble de ses travaux par le spécimen des caractères qu'il a gravés et par V Oratio Dominica en cent cinquante-cinq langues. Habile et infatigable graveur, fondeur en caractères et imprimeur, il surveillait lui-même tous les détails de sa fonderie de caractères, et le tirage des beaux livres qu'il imprimait, en sacrifiant tout au luxe, et quelquefois négligeant trop la correction et l'exactitude des textes (2).

Bodoni , nous dit M. A. A. Renouard , ne voulut jamais consentir à mettre plus de deux octaves par pages dans une édition du Tasse qu'il l'avait prié d'imprimer pour lui. En vain M. Renouard lui objectant que ce luxe inutile renchérirait d'un tiers l'édition, et que tant de papier resté blanc sur la page était pour le moins inutile, rien ne put vaincre la résistance de Bodoni. « Je ne veux que du magnifique, disait-il, et je ne travaille pas pour le vulgaire des lecteurs (3). »

Artiste consciencieux , il a honorablement rempli sa carrière ; et l'Italie, qui un moment plaça son buste au Panthéon (4) , s'honore de compter Bodoni parmi les typographes du dix-huitième siècle les plus habiles et les plus dévoués à leur art.

Une. de ses plus belles éditions est la Gerusalemme Libcrala , 2 vol. in-4°, 1794, et simultanément il en imprimait une autre en 3 vol. in-f, avec seulement deux octaves par page ; luxe plus qu'inutile. Son Virgile Parmx ineedibus Palalinis, 1793,2 vol. grand in-f", est aussi une très-belle édition, qui fut tirée seulement à deux cents exemplaires. M. P. Didot y a signalé trente fautes, lesquelles ont été corrigées depuis par Bodoni dans une partie dts exemplaires, au moyen de cartons, ou plutôt de feuilles réimprimées en entier.

(i) Voir le rapport du jury de l'exposition française de 1806. La médaille d'or lui fut accordée.

(2) Voyez la lettre de Finuin Didot au sujet d'un nouveau caractère grec, insérée au Magasin Encyclopédique de Millin, t. V, Ge année.

(5) Voy. annales de V Imprimerie des Estienne , 2e édit., p. 447.

(4) Je l'y ai vu en 1817. 11 était placé à droite en entrant, un peu caché par le battant de la porte.

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édition d'Homère en gros caractères grecs, donnée par Lambert! et dédiée a 1 1 m| i Napoléon, 3 vol. in-f, r808, est aussi au rrai chef-d'œuvre.

Nous ne citerons pas les ouvrages en divers formats publiés en grand nombre par Boéow ;

leur mérite typographique m: saurait être

contesté.

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