RAP1IIE
tin en français pai Colard Mur- "n. BfUÇtt, Colard Mansion, (4M, grand in-fol
HruxeU.cs. Le premier livre imprimé date est J. Chrysoslomi Ifomilix, i.v'i ", 1474.
C'est dans une institution mOMttle, H par les mains des frères delà Vie Commune, établis dans la forêt de Loigne, au Val-Yei t | de Bruxelles, que fut imprimé l'énorme volume in-f (en 1476), Arnoldi Geilhoven $en ée Roterodamis gnotosolilos, sive Spéculum Conscienlix.
La vie de ces solitaires, qui ne possédaient rien en propre et mettaient tout en commun , n'était point purement contemplative : le défrichement des terres, les exercices spirituels, la calligraphie, les œuvres ascétiques, occupaienttous leurs moments. Arnold, dans sa dédicace, vante les charmes de cette solitude.
Sllva placet musis ; nrbs est Inimica poetis; Scriptorum chorus omnis amat nemusetfugiturbes.
On possède les statuts de celte congrégation des frères de Saint-Jérôme, dits Hiéronymites; l'un d'eux porte, art. 57 : Scribere qui noluerit, subslraclione cibi aul potas punialur. Cette congrégation si utile aux lettres , et dont le fondateur, Gérard Groot (le Grand), était né à Deventer, en 1340, avait aussi une imprimerie à Gouda.
La congrégation des Bollandisles continue à Bruxelles leur grande collection delà Vie des Saints, qui forme cinquanle-deux volumes. En 1845 deux énormes volumes in-f°ont paru, dont le premier contient la Vie de sainte Thérèse par le père Vander Moere, et l'autre les légendes d'une époque plus récente, entre autres celle de saint Mommolin, par le père Van Hecke.
Excepté cette grande publication, rien ne distingue l'imprimerie à Bruxelles, qui s'est surtout occupée de réimprimer des ouvrages français et de les fabriquer à bas prix. A cet effet, dit Antoine de Montchrétien (Traité de l'Économie politique , Paris, 1615) : « Les Flamands employent toutes sortes de pauvres gens du pays , à très-petit prix, et obligent les compagnons à tirer quinze cents par jour plus que les François, qui n'en tirent que vingt et cinq cents (1) , faisant faire de la composition à l'équipollent. »
Anvers. Le premier livre imprimé dans cet te ville date de 1472 ; c'est un livre hollandais, Het boeck van Tondalus , in -4°. C'est donc Van Goes qui serait le premier imprimeur en Belgique.
Thierry Martens, élève de Jean deWestphalie, vint y imprimer l'ouvrage suivant d'un médecin espagnol, maître Pierre : Praclica me-
(i) C'est-a-dire que les ouvriers pressiers en France n'imprimaient alors que cinq cents feuilles plus la passe, qui n'était que de vingt feuilles; elle est maintenant de vingt-cinq feuilles,
dicina qux thésaurus pauperum nuncupatur, in-i°. On lit à la (in -. Sludiose correctus, exaratus, Antwerpie, per vie Theodoricum Martini, 1476,22 mai. Il est imprimé en caractères d'un gothique lourd.
Gérard Leeu ou Leuw, qui avait commenre à imprimera Gouda, se distingua à Anvers de 1484 à 1492 , surtout par les chroniques et romans de chevalerie ornés de gravures en buis.
Planlin.
Christophe Plantin , cet illustre imprimeur, fondateurdelacélèbreArchilypographie plantinienne, était Français, et né en Touraine. Dès sa jeunesse il avait témoigné un goût très-vif pour la typographie et parcouru les provinces et les pays étrangers pour visiter les imprimeries, où il se faisait tour à tour compositeur, pressier ou correcteur, selon le besoin ou l'occasion. C'est ainsi qu'il resta quelque temps à Lyon et à Caen chez Robert Macé, imprimeur du roi.
Il établit à Anvers son imprimerie vers 1554; la correction et la beauté de ses impressions étendirent bientôt sa renommée, et il acquit promptement une fortune considérable. Ses correcteurs étaient des savants distingués, Jean Gheesdal, Théodore Pulman, Victor Gisnlin, et François Raphelinge, qui préféra rester correcteur chez Plantin plutôt que d'aller occuper à Cambrigde une chaire de professeur de grec. Raphelinge, chargé principalement de la correction des textes en langues orientales , devint le gendre de Plantin , et lui succéda à Leyde dans l'imprimerie que Plantin y avait établie; il professait en même temps l'hébreu dans celte ville.
Parmi les plus habiles correcteurs de Plantin, on doit citer Corneille Kilian, qui exerça cette pénible fonction pendant cinquante ans; il en connaissait toutes les difficultés et même les désagréments, ainsi qu'on le voit dans les vers où il fait l'apologie des correcteurs contre les auteurs, auxquels il reproche le peu de soin apporté à leurs manuscrits et l'injustice de leurs exigences.
Corrcctor Typographicus.
OfGcii est noslri mcndosa errata librorum
Corrigere, atque suis prava notare locis. Ast quem scnbendi cacoetlics vexât, ineptus
Ardelio vitiis barbarieque rudis, Plurima conglomérat, distmguit pauca, lituris
Déformât charlas, scriptaque commaculat.
Non snnum premit in Donum, non expolil arte,
Sed vulgat propcris somnia vana typis.
Qux poslquam docte Musis et Apolline nullo
Composita exclamant, ringilur ardelio ; Bl qnaciimqiie potestsese ratione tuetur,
Dura eorrectorem carpit agitque reum.
llcus! cessa liiinicritam culpam transferre deinceps
In eorrectorem, barde, typographicum.
Illequod est rectum non depra vavit. At audin?
Poslbac ïambe tnos, ardeho, catulos.
Krrata allerius qnisquts corroxerit, illum
Plus salis invldlse, gloria nulla Dianet.
TYPOGRAPHIE" 69G
Ses belles éditions et son talent lui méi itèrent d'être le premier imprimeui du roi d'Espagne. De Thou raconte que lorsqu'il visila à Anvers l'imprimerie de Plantin, dix-sept presses y étaient a la fois en activité (I), et Guichardin dit que chaque jour trois cents écus d'or suffisaient à peine à la paye des ouvriers (2).
Le premier livre qu'il imprima porte la date de 1555;c'estun petit in- 12 de soixante pages, qu'il désigne ainsi dans la dédicace : C'est le premier bourgeon sortant du jardin de mon imprimerie.
Sa Polyglotte en hébreu, grec, latin et chaldéen , est un chef-d'œuvre pour l'époque où elle fut exécutée, 1569-1573, 8 vol. in-fol. : elle est plus complète que celle d'Alcala ( complutensis) (3). Charles Scribonius, dans sou enthousiasme, l'appelle la huitième merveille du monde (4). Arias Monlanus, le savant éditeur de cet ouvrage, signe à la lin de chaque volume qu'il est imprimé summa diligentia , et rend témoignage dans l'une des préfaces du tome 11 de sa grande correction, dont il attribue le principal mérite à Raphelinge, le savant gendre de Plantin.
M. Yan Praet lait mention de dix exemplaires de cet ouvrage imprimés sur vélin.
La première idée d'imprimer une Bible polyglotte appartient à Aide l'ancien, ainsi qu'on en peut juger par le précieux et probablement le seul exemplaire qui existe à notre Bibliothèque Nationale, d'une p.age petit in-!", servant de modèle à l'édition qu'Aide avait annoncée. Elle offre en regard, à trois colonnes, et sur la même page, les textes hébreu , grec et latin. « Combien ne doit-on pas regretter que le malheur des temps et les tracasseries qu'Aide annonce lui avoir été suscitées par des envieux, l'aient empêché de réaliser son projet , et d'ajouter à sa gloire celle d'avoir donné le premier une Bible polyglotte. Jl aurait devancé celle qui fut imprimée à Complute, en 1514-1517, par les soins et aux Irais du cardinal Ximenès. Ce lut peut-être à la feuille d'essai fait par Aide qu'est due la première idée de cette réunion de l'Écriture sainte en plusieurs langues sur une même page (5). » Lorsqu'en 1592 on eut achevé à Rome l'impression de la sainte Bible, texte de la Vulgate, on fit choix de Planlin pour reproduire cette édition originale et en répandre les
(t) Incujits œdibus, licet rebits accisis, tuncadhuc septemdecim prœlis opus ferxebat. Lib. I , de P-'iVi sua.
(a) In Belgio. de Antxvcrp.
(si Elle contient une partie de la Parapbrase en chaldcen que le cardinal Ximcnes avait cru devoir omettre.
(a) Octavum orbi miraculum /lie est. — in Antwerpia, p. 4s ; éd. i6io.
(s) Voy. les Annales de l'Imprimerie des Aides, par M. A. A. Renouard, se éd.. p. 589, où cet excellent bibliographe donne un spécimen lithographique, de co précieux feuillet.
TYPOfWt
exemplaires au delà de* Alpes, conformément
au décret du concile do Trente qui prescrit de l'imprimer le plus parfaitement qu'il serait possible. Ut hxc tpsa valus et vulyat.a edttio quam emendalissime imprimer etur. Le Il mars 1597 un bref fut accordé par Clément VIII à Jean Moret, gendre de Plantin et son successeur à Anvers, par lequel à lui seul était accordé pendant dix ans le droit d'imprimer au delà des Alpes la Vulgate conformément au texte donné par l'imprimerie du Vatican , à la charge de publier cette Bible avec le plus grand soin et sans y faire aucun changement.
Le nombre d'ouvrages imprimés par Plantin est considérable; ils sont remarquables par leur belle exécution, et surtout par leur grande correction. Je citerai seulement les œuvres de saint Jérôme en 9 vol. in-fol., revues par Marianus Victorius sur les manuscrits et accompagnées de notes, 1578-1579, et les trois éditions de la Bible en hébreu format in-4°, une autre en 2 vol. format in-8°, et une en 4 vol. formai in-16, publiées en l'année 1566.
Il mourut en 1 589, à l'âge desoixante-quinze
ans. Voici son épitaphe :
Chrlstophorus situs hic l'iantinus, Régis lberi Typographus; sed Rex Typographùm ipso fuit.
Sa marque était un compas ouvert, avec cette devise : Labove et Constantia.
Il ne reste presque plus rien aujourd'hui de l'Archétypographie plantinienne. En 1836 elle existait cependant , dans le même local où M. Crapelet fut reçu par M. Moretus, descendant du côté maternel de Plantin. « Mais, dit M. Crapel'et, des dix-sept presses que le président de Thou y vit rouler en 1576 il n'en reste plus que deux à boîte et à nerfs de bœuf(l), encore debout, mais qui ne sont plus de service; cinq autres, de construction moderne, y étaient en activité. » On y voit encore les restes des anciens meubles de l'imprimerie de Plantin, et les anciens fleurons et vignettes gravés en bois, mais rongés des vers et prêts à tomber en poussière ; on y montre aussi le fauteuil en bois où s'asseyait Juste- Lipse pour y corriger ses épreuves. »
Les prétentions de Harlem ont été exposées et discutées précédemment. Les premières
(i) Les presses dont la platine en bois était attachée avec des nerfs de bœuf étaient encore en usage au temps de mon grand père François Ambroise Didot. C'est lui qui remplaça les platines en bois par des platines en fonte , et en fit augmenter la dimension , afin de pouvoir imprimer d'un seul coup une feuille de papier carré, imprimée jusque alors en deux coups, puisque la platine ne couvrait que la moitié de la forme. Lors de la suppression des imprimeries conformément au décret de l'empereur du s février isto, j'ai vu encore une ou deux presses à nerfs , qui furent dé- Irnites. Longtemps dans l'imprimerie de mon père on conserva des presses à deux coups ; et quelques-unes même avaient des platines en bois.
AIMIIE
impi essioni qui y soient eonnoei mol am
data de 1483 et deux ou trois antres, pu Jean
Andriesson,de i486; uneaulrc, par JaCOl
laert, porte la date de i \ ,
Ulrecht. — cVsi par Nicolas Ketilaerd de Leempl que fut imprimé Perai < i HistoriaScholaiticautriu jw Testam impressa 1473, in-fol., in Trajeclo 1 Tous deux imprimèreiil en 1474 Ytiisl Ecclesiasltca Euscbu. Lu 1 is 1 Jean B il publia le Fasciculuê Temporum. C'est le premier livre où se trouvent des vign
Gouda. — Gérard de Leew imprima en 1 i:.; Jacoiu de Vobacine de Gulden Legem Duylsch verlaall. Ter Goude, b Leew in 't yaer 1473. Meerman et Mercier regardent cette édition comme apocryphe. Gérard Leew, ami d'Erasme, imprima peu d'ouvrages à Gouda ; il y conserva seulement quel que.-; presses lorsqu'il trausporla son imprimerie à Anvers en 1484.
Amsterdam. — L'imprimerie s'introduisit tard à Amsterdam, et on ne commença à y imprimer qu'en 1523.
Les Elzeviers (l).
Les Aide, les Eslienne, les Morel, les Turnèbe, les Froben, les Amerbacii, ces imprimeurs passionnés pour leur art, qui triomphaient des difficultés matérielles et dévouaient leur profond savoir, leur fortune et leur vie a une grande et noble idée, n'existaient plus quand parurent les Elzeviers d'abord à Leijde, ensuite à Amsterdam (2).
Sans prétendre diminuer en rien le mérite de ces célèbres imprimeurs hollandais , qui, en hommes habiles, profitèrent des progrès que la typographie avait faits en Euiope pour porter l'art à sa perfection, et qui surent, en négociants intelligents, mieux administrer la partie commerciale que ne l'avaient fait leurs prédécesseurs , on doit cependant reconnaître qu'ils n'ont rien inventé sous le rapport de l'art, et qu'ils ne sauraient soutenir la comparaison quant au savoir littéraire avec leurs
(1) Le président de notre section à la grande Exposition de Londres, M. Van de Weyer, aussi distingué par son esprit que par ses connaissances bibliographiques et ses talents diplomatiques, me communiqua à Londres, le Ier juin issi, la première livraison des \nnalesderimprimerieElzevirienne, que \ ienl de publier à Gaud M. Charles l'ieters, où, contrairement à l'opinion qu'il avait émise en tais dans son Analyse des matériaux pour de futures annales des Elzeviers, il offre une nouvelle généalogie, différente en quelques points i° de celle qui, en 1829, a été relevée en Hollande sur les registres, 2° de l'arbre généalogique communique à M. Adry par M. Jean Jacob Elzévier, ancien bourgmestre de Rotterdam. J'ai cru devoir me conformer aux documents généralement adoptés.
(2) Par une sorte de Jeu de mots bizarre, mais dans le goût du temps, ils placèrent sur quelques ouvrages, tels que la Sagesse de Charron et les .Mémoires de Gomminges,un emblème représentant un petit bûcher enflammé ; le mot else signifiant orme , et par exteu muii, bois et vmir, feu, dans la langue hollandaise.
illustres prédécesseurs. Ce tfélait point sur d'anciens manuscrits que les Elzeviers établissaient les textes de leurs éditions; elles ne sont en général que des réimpressions et souvent des contrefaçons. Leurs plus beaux livres ont été imprimés avec des caractères gravés et (ondus par Garamond et par Sanlecque ; le papier, si fin et si beau, qu'ils employaient, était tiré des fabriques d'Angoulôme. A ces titres , nous pourrions les revendiquer comme étant des imprimeurs français.
C'est par des associations de famille que les Elzeviers ont produit ce grand nombre d'ouvrages qui en général ne portent d'autre indication que de l'imprimerie Elzevirienne ; ou Ex of/icina Elzeviriana; en sorte qu'il est difficile et souvent même impossible de déterminer auquel des douze à quatorze membres de cette famille, dont les uns n'étaient que libraires ou associés pour certaines publications , on doit attribuer tel ou tel ouvrage.
Louis Elzevier, 1er du nom, était originaire de Louvain. D'abord relieur, il vint s'établir à Leyde en 1580, et se livra au commerce de la librairie. Par un acte du 15 septembre 1582, il reconnaît devoir à Christophe Plantin 1270 Horins pour des livres qu'il lui avait achetés. Sa librairie prit une grande extension, ainsi que le prouve le nom des villes sur les ouvrages qu'il y faisait imprimer, et qui indiquent les dépôts qu'il y avait établis (1). Son fils, nommé Matlhys ou Mathieu (2) , eut quatre fils, qui furent tous quatre imprimeurs-libraires, Isaac, Jacob, Bonaventure (3) et Abraham. Ces deux derniers s'associèrent; ce fut Isaac qui imprima le premier, en 1616, trois ouvrages, qui portent sur le titre le nom de Louis Elzevier, son grand-père, et à la fin le sien, typis Isaaci El* zevirii. Les livres des Elzeviers portent ordinairement pour emblème un olivier, différent de celui des Estienne , qui avait ce proverbe grec Ne extra oleas (4); souvent c'était un orme, else, autour duquel s'enroule une vigne, avec ces mots, non soins. Ce symbole d'amitié faisait allusion aux sentiments fraternels qui unissaient cette famille (5).
(i) La devise qu'il mettait ordinairement sur ses livres était: Concordia res parvœ crescunt ; elle entoure un aigle tenant dans sa griffe un faisceau de sept flèches.
(i) On trouve son nom sur deux ouvrages de Stevin, la Fortification et la Castrametation. 11 y est indique comme associe de son fils Bonaventure. C'est le seul indice que l'on trouve de sa participation aux affaires de librairie de la famille.
lô) Selon M. Charles l'ieters, Bonaventure ne serait plus le petit-fils de Louis 1er, mais son (ils.
(A) Parce que des oliviers plantés à l'une des extrémités du stade indiquaient les bornes qu'il ne fallait pas dépasser.
(s) Quant a la sphère, ils ne la mettaient qu'aux ouvrages qu'ils Imprimaient suivant la copie, et qui étalent de véritables contre-façons, auxquelles ils ne voulaient mettre ni leur nom ni leur marque; ou bien à des livres politiques, qui eussent pu les com-
Eusèbe Meisnerus, versé dans les langues de l'Orient et correcteur de l'imprimerie orientale créé par Erpenius à Leyde, conserva cet emploi chez Isaac Elzevier, qui réunit à son imprimerie celle d'Erpenius.
Le dernier ouvrage imprimé par Isaac est de 1628, Hymnus Tabacci, par Thorius, in-4°. Le seul ouvrage imprimé par Jacob, que l'on sache, est la Table des Sinus, dont il donna deux éditions, l'une en 1626, l'autre en 1629. Bonaventure et Abraham restèrent associés pendant vingt-huit ans. Ils acquirent l'imprimerie d'Isaac, et reçurent de l'Université de Leyde un traitement de 300 florins pour la charge résultant de l'entretien du correcteur en langues orientales, Eusèbe Meisnerus, et de l'obligation de mettre au service de l'université l'imprimerie orientale d'Erpenius. Ils eurent pour leurs éditions françaises un correcteur français, Simon Moinet , parisien, qui imprima pour son compte quelques ouvrages, lorsqu'en 1663 Daniel voulut se retirer des affaires (1). En 1628 ils obtinrent le privilège des États de Hollande pour les Petites Républiques (2). Leurs éditions, remarquables par la beauté d'exécution, eurent un grand succès commercial et , ce qui ne vaut pas moins, un véritable succès d'estime, bien que la correction typographique n'en soit pas toujours aussi exacte qu'elle devrait être. Cependant il est juste de dire qu'elle n'est point inférieure à celles des éditions de la même époque (3).
Reconnaissant eux-mêmes qu'ils n'avaient ni le mérite des Estienne ni celui des Manuce, ils s'adressaient, afin de suppléer à ce qui leur manquait , à des savants distingués pour soigner quelques-unes de leurs éditions. Meursius, Baudius, Daniel et Nicolas Hensius furent d'un grand secours à Daniel Elzevier et à ses iils. En 1658 Nicolas Hensius fut chargé par Jean Elzevier d'engager Gronoviusà se fixera Leyde et de lui proposer une pension de 100 philippus pour donner ses soins aux éditions des auteurs anciens.
promettre en Hollande et nuire à leurs intérêts en pays étrangers. Ils les signaient d'un lieu et d'un nom supposés. Cette marque, dont d'autres imprimeurs ont abusé, n'est point un indice sur pour reconnaître un Elzevier.
(i) On a de ce Simon Moinet quelques ouvrages où, à l'exemple des Talllemont, le Baïf, Ramus , Jacques Pelletier, Loys Maigret, René Milleran, etc., il voulut établir la nouvelle orthographe française : l'un est intitulé la Masarinade en vers burlesques par le sieur Scaron, correcte an la bone ortogra/e. A Amsterdam, aus dépans é de l'imprimerie de Simon Moinet, etc.
12) Sortes de statistiques de différents pays , bien moins recherchées aujourd'hui qu'autrefois, quoiqu'elles contiennent des détails exacts et précieux.
(:>) Dans la première édition de Virgile stéréotypée par Didot, et publiée en 1788, on a fait au Virgile d'Elzevier, publié en 1656, le reproche fondé de contenir beaucoup de fautes; mais on doit ajouter que l'édition postérieure de »676 n'a pas le même défaut.