‹ Essai sur la typographieChapitre 2 sur 44 · ILI.A M.MIK IHE t MOKTB MM, A NON HOBIBftli · texte numérisé non relu

ILI.A M.MIK IHE t MOKTB MM, A NON HOBIBftli

MII.l.l'.SIMO CCOC" XX" TBRTIo(l).

Rien tôt, selon l'usage d'alors, on ajouta à ces images des textes explicatifs, tantôt au bas des pages, tantôt à côté ou au milieu même des sujets, dans des petits carrés; quelquefois ces textes sortaient de la bouche des ligures pour les expliquer. Comme les planches gravées n'étaient imprimées que d'un côté, on collait le recto d'une feuille sur le verso de l'autre lorsqu'un sujet traité avait une suite ou plusieurs feuilles. Ces livres d'images, devenus très-rares, sont au nombre de neuf ou dix principaux, et paraissent avoir été imprimés plusieurs fois dans la première moitié du quinzième siècle. Les plus importants sont :

Bible des Pauvres, ainsi nommée parce que la plupart des prédicateurs, trop pauvres pour acquérir la Bible entière, ouvrage volumineux et alors très-cher, se bornaient à l'achat de ces Bibles abrégées, ordinairement ornées de gravures en bois représentant et expliquant les principaux faits de l'Ancien et Nouveau Testament. On en connaît plusieurs éditions xylographiques en latin et en allemand ; elles ont de quarante à cinquante feuillets ; il y en a qui sont datées de 1470, de 1472 et une de 1475. Le papier n'étant imprimé que d'un seul côté, on donne à ces impressions le nom à'anopisthographes ; c'est sans doute une de ces Bibles que vit exécuter à Bamberg Paul de Prague. M. Ottley , qui s'est livré à un long examen de cet ouvrage, pense qu'on peut fixer à 1420 sa date approximative (2).

V Apocalypse ou Histoire de saint Jean l'Évangéliste. Il contient quarante-huit gravures, Heinecken en décrit six éditions.

Histoire de la vierge Marie , extraite du Cantique des Cantiques, contient seize gravures; on en connaît deux éditions.

L'Art de mourir, sive de tenlationibus morientium, vingt-quatre feuillets petit in-folio. Ce livre est d'une extrême rareté ; Heinecken en décrit sept éditions. Une traduction allemande xylographique et anopistograpliique porte cette indication à la fin : « Jean Sporer, peintre de cartes, a exécuté ce livre. » — L'exemplaire

(0 Cette date M2s prouve que l'Impression en relief a précédé la découverte de l'impression en taille douce, puisque la date la plus ancienne que l'on attribue aux Nielles de MasoFiniguerra, orfèvre de Florence, qui par hasard découvrit ce nouvel art en tirant sur du papier l'empreinte d'une plaque gravée en creux, ne saurait remonter plus haut que H4S.

(2) An inquiry into the origin and ccvty history o/ cngrav>imj, npon copper and in wood . willi. an account of ewjravers and tlieir marks , from the invention of chalcoyraphy by Maso l'ini/jucrra to tlie limeof Marc Antonio Raiinondi. Londres, mi«, i vol. gr. in-4°. I-ivrc très-remarquable, accompagné de gravures fort exactes.

que j'ai examiné a la Bibliothèque Kalioaaleeat évidemment nylograpuique.

Spéculum luuiKiii.r 'ialvatloni culum nosffce salutUi i»'tit In-folio. I

les deux exemplaires en laiin que i Ède la

Bibliothèque Nationale vu pages soal »jfh>graphiques , et 43 pages son! en cartel mobiles. Cette singularité se répandait : pour page à l'un et à l'autre exemplaire.

Dans les pages en caractères mobiles l< pitalessont toujours identique*, ce qui prouve qu'elles ont été fondues ou moulées dans de* matrices. Quant au bas de casse, on remarque des différences dans plusieurs lettres, et leur exécution est tellement grossière qu'on pourrait croire qu'elles ont été obtenues dans des moules en terre cuite; l'égalité de l'écart entre les lettres et leur similitude, comme fin en peut juger parle mot baplesimo, répété trois fois au-dessus l'un de l'autre, page 28, et par lemotemi^e, répété de même quatre fois a la page 58, offrent des preuves suffisantes de leur exécution typographique.

Les fissures qu'on remarque à plusieurs pages, surtout aux pages 13 et 14, constatent même à des yeux moins exerces que ceux d'un graveur en lettres qu'elles sont xytographiques. Quant aux images gravée* sur bois, elles sont identiquement les mêmes dans chaque édition.

Fournier jeune, qui s'est livré à un examen attentif de quatre exemplaires du Spéculum humanœ Salvationis, qui se trouvaient alors à Paris, signale dans une discussion de vingt pages les différences qui lui font croire à trois éditions différentes. D'après les renseignements qu'il a obtenus par correspondance , il croit pouvoir assurer qu'il existe dois autres éditions en hollandais et en flamand, dont les images sont pareilles à celles des éditions latines. Il paraîtrait même qu'un exemplaire à Harlem aurait huit planches de plus que les autres (1).

L'opinion de Fournier est que ces images sur bois ont dû être exécutées à Harlem, et qu'il se • rail possibleque Gutemberg, ayant eu l'idée du se procurer un certain nombre d'exemplaires de ces planches pour y joindre un texte, soit xylographique soit mobile, ce que d'autres taisaient aussi, comme on le voit par le grand nombre d'éditions auxquelles ces mômes planches ont servi , aura ainsi donné quelque fondement aux bruits calomnieux qui l'accusent de s'être emparé d'un bien appartenant à Cosler. Car, ajoute avec raison Fournier, les bruits publics ne sont guère sans quelque

(i) Foy. l'ouvrage d'Oltley, où 11 compare deux éditions latines et deux éditions hollandaises dont il donne des fac-similés. Mais quelque bien exécutés qu'ils soient, rien ne saurait remplacer l'examen comparatif des originaux mêmes. Oltlcy lait remonter la plus an cienuc de ces éditions à \\\o el la dernière a U7».

5fi7

iGS

(nndement; ils ne pèchent pour l'ordinaire «pie par les circonstances.

Il parait même certain qu'on imprima jusqu'à la lin du quinzième siècle xylographiquement des Donat, ou grammaires élémentaires, et des Confessionales (l). Un livre de seize feuillets, intitulé Defensorium Beatge Mariée Virginis, imprimé sur planches de bois par Kysenhust, porte la date de 1471.

L'utilité d'appliquer aux livres d'étude destinés aux collèges ces procédés imparfaits, mais inoins lents et moins coûteux que l'écriture , lit graver en relief sur des planches en bois des alphabets et une grammaire alors eu usage dans les écoles, et connue sous le nom de Donat (2). 11 paraît que ces premiers essais de l'imprimerie tabellaire eurent lieu presque simultanément en Hollande, en Allemagne et en Belgique : du moins chacun de ces pays fait valoir ses titres; mais comme en général ces impressions xylographiques ne portent ni date ni nom de lieu, la question reste insoluble.

C'est à ces informes essais des cartes à jouer, puis des images avec légendes , puis des Donats , imprimés d'abord sur tables de bois , puis en lettres de bois mobiles, puis en caractères de métal, soit sculptés sur pièce, soit retouchés au burin après avoir été coulés, que l'imprimerie rattache son origine (3).

Urgence de la découverte de l'imprimerie.

Une faible lueur prêle à s'éteindre rayonnait encore autour de la cbaire de saint Pierre. L'empire d'Orient succombait sous Mahomet, et l'empire d'Occident, que les invasions suc-

(t) M. delà Borde a donné les fac-similés de ces deux ouvrages. Dibdin les déclare imprimés en caractères mobiles, lieminiscences of a literary Life; London, 185G, pages 9G2-9G-S, ce qui prouve combien peut errer dans ses jugements celui qui ne connaît pas la typographie, et par typographie j'entends la gravure, la fonte des caractères et ies divers procédés de l'imprimerie.

(2) Ainsi nommée, parce qu'on la croyait un abrégé d'un traité d'TElius Donatus, grammairien latin en réputation au quatrième siècle.

(s) La Bibliothèque Nationale de France possède deux planches en bois faisant partie de deux différentes éditions d'un Donat. Les lettres sont sculptées en relief et à rebours : c'est l'art primitif de l'imprimerie tel qu'il se pratique en Chine. Ces deux planches furent achetées en Allemagne par Foucauld, conseiller d'Etat sous Louis XIV. De la bibliothèque de la Vallière elles passèrent à la Bibliothèque Nationale de Paris. D'autres éditions de Donat ont été exécutées en caractères mobiles de bois. Speckle (*) et Paulus l'alcr (**) ont vu, disent ils, quelques-uns de ces anciens types, l'un au seizième siècle, l'autre au d;xscptièine. Ce dernier s'exprime ainsi : « Je nie rappelle avoir vu parfois a Mayence de semblables types en bois de buis de I imprimerie de Faust qui étaient perforés au milieu de leur tige en buis, afin de pouvoir être liés par une ficelle et appliqués les uns contre ics autres aisément. » C'est la seconde époque de la typographie. Les Chinois faisaient aussi usage de types mobiles gravés sur bois.

(*) Dans sa Chronique manuscrite citée par Schragius, etc.; Huir, Monumcnta Typogr,, t. Il, p. 29, 2G,f, 67G,ctc. " ïbiA., p T'y.

cessives des peuples du Nord avaient dévasté, ne pouvait être sauvé de la barbarie que par le christianisme , dont la seule arme était l'autorité religieuse. Lesbibliolhèqiiesavaienl péri, môme la magnifique bibliothèque où Malhias Coi vin, roi de Hongrie, avait réuni à grands frais les manuscrits dispersés dans les diverses contrées de la Grèce, et qui avaient pu échapper à l'invasion de l'islamisme. « J'ai vu tous ces livres, dit Orassicanus (1); mais pourquoi dirais-je des livres , quand chaque livre était un trésor! O cruauté des Turcs! ô farouche folie des barbares ! ô extermination des belles lettres ! »

Le peu de livres échappés à la destruction générale n'avaient trouvé de refuge que dans quelques couvents d'où la littérature profane n'était pas encore exilée (2).

Parmi les nombreux témoignages de l'époque contemporaine qui attestent l'urgence de la découverte de l'imprimerie, je me bornerai à traduire cet extrait de Sébastien Munster, dans sa Cosmographie universelle (3).

« C'est presque de notre temps que fut lit— « venté cet art d'imprimer les livres au moyen « de types en étain, invention toute divine, «événement mémorable, qui, déjà si digne « d'admiration , le serait encore plus s'il n'y « avait pas d'inconvénient à la divulguer.

(O Préface aux œuvres de Salvicn.

(2) « Voici, dit Benvenuto da Immola, le curieux récit que je tiens de Boccace, mon illustre maître. Dans son voyage en Apulie , la célébrité du noble couvent du mont Cassin l'engagea a s'y rendre, surtout pour y voir la bibliothèque qu'on lui avait vantée. 11 s'adressa donc humblement à un des moines qui lui parut le plus abordable, le priant de vouloir bien lui faire la grâce de lui ouvrir la bibliothèque. Mais celui-ci lui répondit d'un ton brusque en lui montrant une très-haute échelle. «Montez, elle est ouverte. » Boccace y grimpe plein de joie; mais parvenu à une salle qui n'avait ni porte ni clef pour en préserver les trésors littéraires, quel fut son étonnement de voir les fenêtres obstruées par les herbes que le temps y avait fait germer et tous les livres et les bancs recouverts d'épaisses couches dépoussière. Frappé de surprise, il prend un livre, puis un autre, et voit qu'à un grand nombre d'antiques manuscrits, aux uns des cahiers avaient été arrachés, aux autres les marges blanches avaient été coupées, enfin une mutilation complète. Déplorant de voir les œuvres et le savoir de tant d'hommes illustres tombées en des mains si indignes, il redescendit les yeux mouillés de larmes. Il rencontra au cloître un moine, auquel il demanda pourquoi des livres si précieux étaient ainsi mutilés. « C'est que des moines, lui dit-il, afin de gagner quelques sous, arrachent des cahiers, qu'ils raclent pour en faire de petits psautiers et les vendre aux enfants, et qu'avec les marges blanches ils font des livres de messe qu'ils vendent aux femmes. » — Et maintenant qu'on aille donc se rompre la tète pour créer des chefs-d'œuvre littéraires! »

Commentario da Benvenuto da Immola; Paradiso di Dante, canto XII, p. il.

Loin de ressembler à leurs prédécesseurs; les respectables religieux du mont Cassin montrèrent l'année dernière à mon gendre, M. Noèl des Vergers, ce passage du commentateur du Dante, en regrettant fort l'incurie d'un siècle d'ignorance qui les avait prives de tant de chefs-d'œuvre.

(s) Liv. 111, p lits, Basle, isst.

ro

«C'est une merveille presque incroyable, « quoique vraie, que dans un seul jour un seul « ouvrier produise autant que pourrait faire a « peine en deux ans le scribe le plus expcdilil. v « Cette invention allemande produisit d'abord « beaucoup d'étonnement et de grands béné- « lices (1). L'auteur de celte belle découverte « fut Gutenberg, noble de naissance, qui fit les « premiers essais à Mayence seize ans environ « avant qu'elle ne parvînt en Italie. Sa persé- « vérance surpassa la foi qu'il eut en sa décou- « verte. Faible dans ses débuts, bientôt cellft « ingénieuse invention de l'esprit bumain al- « teignit la perfection qu'elle a maintenant. « Sans elle c'en était fait de toutes les bonnes « études dans ces derniers temps, où tous n'ont « soin que de leur ventre, et sont dominés « par l'insatiable soif du gain à tel point qu'à « peine daigne-t-on recueillir dans les rues ces « livres excellents qu'on ne pouvait acquérir « autrefois qu'à grands frais. Certes , avant (c l'invention de l'imprimerie , quand déjà les « bons auteurs commençaient à être délaissés «•et méprisés, toutes les doctrines auraient « disparu avec eux, si cet art ne leur fût venu « en aide. C'est donc Dieu , l'ordonnateur de « toutes eboses, qui n'abandonne jamais celles « de ce monde , et avise libéralement au bien- « être général, qui fit don aux mortels de cette « indispensable invention au moment où péris- « saient les lettres et l'histoire (2). Mais par

(i) Munster fait probablement allusion à ce que nous apprend Gaspard Hedion dans ses Paralipomènes a la Chronique de Conrad de Lichtenaw, qui dit en deux endroits que Jean Mentelin en Imprimant à Strasbourg un très-grand nombre d'ouvrages avec soin et correctement s'enrichit rapidement : factus est urevi opulentissimus. Voy. Meerman, p. !«9, 170.

(2) Sébastien Franc de Word s'explique ainsi dans sa Chronique du Monde; Berne, jsbb.

Si Deus voluisset ut liaec ars ipsius largllione maturius reperta fuisset, tune procul dubio tam multa opéra, praesertim Plinii, Titi-Livii, etc., haud adeo oppressa fuissent atque interiissent. Hujus impressorise artis benefîcio absconditus dudum fons divinoe atque incredibilis sapientiae ac scientiae cum publico communicatur. Qiia de causa Germani, cumprimisinventor hujus artis, omni prajeonio dignus est, imo Deus in ipso, quoniam per eum Deushanc artem nobis impertivit, etc.

Parmi de semblables vœux, souvent répétés, un ancien chroniqueur (Nuremberg, Koburger, 1495) regrette particulièrement la perte de la Republique de Cicéron, si heureusement retrouvée de nos jours dans un palimpseste par le docte cardinal Angelo Mai.

Le seul manuscrit de Tacite qui existe a été retrouvé dans un couvent de Westphalie, et ce manuscrit nous a conservé à peine la moitié des écrits de ce grand historien, dont l'empereur romain son parent avait cependant fait placer un exemplaire dans toutes les bibliothèques publiques de l'empire, et dont il avait ordonné de faire écrire chaque année dix copies.

Malgré tant de pertes, à jamais regrettables, je suis surpris que l'imprimerie ait pu nous sauter encore tant de textes des principaux auteurs, lorsqu'on voit l'abbé de Ferrières-Saint-Loup , né en ou;, écrire au pape en le priant instamment de lui procurer une copie de l'Orateur de Cicéron, et des Institutions de Quintilien; car, dit-il, quoique nous en ayons quelques fragments, il serait impossible d'en trouver un exem-

" elle aussitôt on les vitrevin sandre

• en tous pays, ainsi que la mémoire de

« ciens temps et la divine ta philo-

" Bopbes , BlC. »

Là dédicace suivante, ad urerain

pontife Paul II, par l'évêque d'Aleria, Jean André, atteste l'intérêt que l'Église, non moin< que les rois, laSorbonne el l'Université, témoi gnèrent dés l'origine à l'imprimerie, dont ils se sont efforcés de propager le bienfait (l).

« Au nombre des bienfaits dont M convient « sous votre règne de louer Dieu ol celui qui « permet aux plus pauvres de pouvoir ache- « ter des bibliothèques à bas prix. N'est- il p « infiniment glorieux pour votre sainteté q 1 « volumes qui autrefois coûtaient au moins cent « écus d'or peuvent être acquis aujourd'hui , « bien imprimés et très-corrects, pour vingt « écus, et que ceux qui en auraient coûté vingt « n'en valent plus que quatre et même moins. « Ajoutez que les fruits du génie, jadis la proie « des vers et ensevelis sous la poussière, vu le «■ pénible labeur et les frais immenses de leur « transcription , ont commencé sous voti 0 « règne à surgir et se répandre à grands flots « sur toute la terre. Tel est l'art ingénieux « de nos imprimeurs et de nos fondeurs en « caractères, que nulle invention ancienne ou « moderne ne saurait l'égaler. Aussi l'Aile - «magne, mère des plus utiles inventions, « méritet-elle les respects et la reconnais- « sance de tous les siècles. C'est cet art di- « vin (2) que Nicolas Cusa, cardinal de Saint- « pierre-ès- Liens, cette âme à jamais glorieuse « et digne du ciel, aspirait à introduire à Rome. « C'est par cet art que votre pontificat , « d'ailleurs si glorieux , ne périra jamais dans « la mémoire des hommes tant que vivra l'a- « mour des lettres. C'est encore un des évé- « nements mémorables de votre pontificat que « de même qu'on vit sous le règne de plusieurs « princes , dont ce fut la gloire , les sacs el les « tonneaux ne pas valoir plus que le blé ou le « vin qu'ils contenaient, de même aujourd'hui « les livres les plus précieux et les plus recher-

plaire complet en France. Et il suppliait un ami de tâcher de lui obtenir une copie d'un exemplaire de Suétone qui existait dansun couvent qu'il lui désigne. « On n'en saurait trouver un seul exemplaire dans cette partie du monde, » lui dit-il.

On doit probablement à Saint-Loup la conservation de plusieurs ouvrages de l'antiquité profane. Loin de la dédaigner, il entretenait à La Celle Saint-Jossc sur-Mer des copistes pour transcrire ces livres qu'il faisait venir d'Angleterre, où ils étaient alors plus nombreux qu'en France.

(1) En tête de l'édition princeps des Êpître saint Jérôme, imprimée à Rome en hcs par Conrail Sweynheim et Arnold PannarU ; 2 vol. in-f°.

(2) L'archevêque de Mayence, dans son mandement pour défendre de traduire en langue volgalre les textes grecs et latins sans l'approbation préalable d'un docteur, s'exprime ainsi, le 4 janvier 1 tac, au sujet de l'imprimerie : f'erum, cum initittm hujus artis in hac aureanostra Moguntina divinitus emerserit.... jvstissiine cjus artis decus a nobis d'fcnsabiUir,

-, cliés ne coûtent pas plus que le papier blanc et vierge (1). El ici je proclamerai, à la gloire « des créateurs de ces beaux caractères, que „ sous le pontificat de Paul 11 l'art qu'ils exer- « cent avec lant d'habileté, grâce au divin « pasteur qui nous le fit descendre du ciel, ■i permet d'acheter les livres à plus bas prix « que n'en coûtai! jadis la reliure (2). »

Page 1