SI
(i) J'ai dans ma bibliothèque deux exemplaires de Denys l'Aréopagite, grec-latin, in-f°, isis. L'un porte le nom et la marque de Claude Morel, l'autre le nom et la marque de Michel Sonnius; il est probable qu'il en existe d'autres avec la marque de Sébastien Cramoisy. Le titre de mon exemplaire d'Athanase grec-latin, in-f", 1G27, porte une grande vignette représentant le temple de Sainte-Sophie, au-dessousduquel sont gravées les marques et les devises réunies des trois libraires éditeurs dont les noms sont imprimés au bas : Michel Sonnius, Claude Morel, et Sébastien Cramoisy, ce qui évitait la dépense de trois litres séparés.
I<- Gerton en 2 volumes, 11 la Bibliothèque des Pères, troisième édition, en 9 volumes, en 1610; le Corps du Droit Canonique, avec la glose, en 1612; le Saint Chrysostome, en 4 volumes, en IA14, et<
La diflérence entre cette société et la première consiste dans la suppression des arma du gouverneur de Paris, que la première avait ajoutées à celles de France et de l'Université
1603. Douceur ( David), libraire juré, est cité le 31 décembre pour comparaître par-devant le recteur de l'Université, et défense lui est faite d'imprimer le livre intitulé/a Sagesse. de feu Charron, avant examen et approbation par les docteurs en théologie, sous toutes peines quede raison s'il osait procéder outre, ou faute de comparaître. Douceur comparut ledit joui .
1606. Estienne Robert III, fils île Robert II, est reçu imprimeur.
1606. Corrozet (Jean), fils de Galiot, a augmenté le Trésor des Histoires de France composé par son grand-père Gilles 1er, et il l'imprima en 1628.
1606. Barrois ( Gervais) est reçu libraire. Cette famille de libraires et bibliographes, trèsinstruits , n'a cessé d'exercer une profession qu'elle chérissait qu'en 1851, parla mort de M. Théophile Barrois.
1606. De la Tour (Claude), dit Guérin, est reçu libraire. Le dernier membre de celle famille de libraires, Louis François de la Tour, imprimeur-libraire, se démit de son imprimerie, et devint secrétaire du roi.
1607. Guillemot ( Mathieu 11) est reçu libraire et est nommé syndic en 1648.
1610. Voici la forme dans laquelle Sébastien Cramoisy fut reçu :
«Die30mensisjanuarii 1610 almaTJniversitas parisiensis conlulit officium unins viginli quatuor Iibrariorum juratorum ejusdem Universitatis, liberum nuncet vacans per morteni providi Abelis Langelier, illius ultirai et ini mediali possessoris pacifici, provido viro et bonesto Sebastiano Cramoisy, mercatori libra rio, et civi parisiensi, prœsenti et acceptant! , tanquam sufficienti, capaci et idoneo, qui so lita juramenta prsestitit. »
1610. Arrêt (septembre) contre les nommés du Jarrige Chefbobin et Chapmarlin, qui lu rent punis à Paris pour vente de libelles.
1610. Martin ( Edme l"), apprenti des Morel, est reçu imprimeur-librairejuré. Le mérite de ses impressions rappelle la bonne école où avait été instruit dans son art. Parmi les ouvrages qu'il a imprimés on doit citer l'Histoire. et Généalogie de France, 2 vol. in-f°, pai Marthe, et YEpitome Annalium Baronii , avec la continuation, 4 vol. in-T. Son lits Edme II s'est distingué aussi par les ohm qu'il a imprimés.
1612. Estienne ( Antoine ), (ils aine de Paul,
né à Genève, obtient des lettres de naturalisalion, et est reçu imprimeur après avoir fait abjuration de l'hérésie de Calvin entre les mains du cardinal du Perron, dont il imprima les ouvrages; il est nommé imprimeur du roi en décembre 1623, avec C00 livres d'appointements; il recevaitde plus du clergé une pension de 500 livres , et la charge d'huissier de l'assemblée du clergé, dont Antoine Vitré fut ensuite pourvu. Il a imprimé un grand nombre de belles et bonnes éditions grecques et latines, entre autres YAristole de Duval, grec-latin; en 1029.
1612. Thiboust (Samuel), libraire et imprimeur de l'Université, est graveur et fondeur en caractères.
1613. Huré (Sébastien), un des plus grands libraires d'alors, fut pourvu de la charge d'imprimeur du roi par la démission d'Henri Eslienne, fils d'Antoine ; il fut aussi pourvu de la charge d'imprimeur-libraire du clergé, qu'avait exercée Antoine Vitré, dont il acheta une partie du fonds. Il commença l'impression des éditions in-4° ad usum Delphini, dont plus de trente volumes portent son nom. Sa marque était celle de son beau-père Corbon, également libraire; c'était le cœur bon, avec ces mots : Ego dormio , et cor meum vigilat.
1614. Chapelet ( Sébastien), libraire et syndic en 1030, a imprimé un grand nombre d'ouvrages; sa marque était un chapelet, avec ces mots : Cœloque rosaria Jlorent.
1614. Par ordre du parlement l'Université donna son avis sur la réception des fils de maîtres, qui furent exemptés de tous frais, mais non de l'examen qui constate leur capacité et suffisance.
1614. Estienne (Adrien), fils de François 11 , est reçu libraire, et en 1616 est reçu imprimeur.
1615. Arrêt du parlement de Paris ( 26 mai ) ordonnant que les apprentis libraires et imprimeurs seront tenus de demeurer en la qualité d'apprentis le temps et espace de quatre années entières. — Nul libraire et imprimeur ne pourra tenir apprentis qui soient mariés.
« Ne seront les enfants des libraires et imprimeurs sujets à l'apprentissage. »
1618. Osmond (Jacques), libraire. Cette famille de libraires a cessé d'en exercer sa profession en 1762.
1618. La compagnie de la Grand'-Navire ayant pour marque au haut des mâts MS. LS. IID. IS., indiquant le nom des membres qui la composaient : Michel Sonnius, Laurent Sonnius , Hiérosme Drouart , et Jean Sonnius, imprima plusieurs grands ouvrages, entre antres la Bibliotheca Patrum, gr.-lat, in-f°, 8 vol., 1624.
1618. Édit portant, art. 1er:
Les libraires et imprimeurs seront toujours
RAPHII
censés et réputés du corps et des suppôts de notre tille aînée l'Université de Paris, du tout distingues et séparés des arts mécaniques, et seront maintenus et gardés en la jouissance de tous les droits, franchises et prérogatives à eux attribués par nous et les rois nos prédécesseurs. » — Idem IG49, septembre. — Idem IC5I. — Idem IG5G, août. — 1703, septembre. — Idem 1725.
Art. 12. « Est enjoint à tous libraires et imprimeurs, chacun séparément ou associés, d'imprimer des livres en beaux caractères, bon papier, bien corrects. »
1618. « Il est défendu à tous imprimeurs, libraires et relieurs, de tenir et avoir plus d'une boutique et imprimerie, laquelle ils tiendront en l'Université, au-dessus de Saint- Yves, ou au dedans du Palais, et non ailleurs , si non ceux qui voudroient se restreindre à ne vendre que des Usages. »
Ce sont les limites les plus étroites qui aient jamais été imposées à la librairie; il devait y avoir cependant quelque tolérance, puisque Antoine Vérard demeurait sur le pont Notre- Dame, et Guillaume Merlin faubourg Saint- Marcel, d'autres rue Neuve-Sainte-Geneviève, sur le Pont-au-Change, vis-à-vis l'horloge du palais. Jean David, qui imprimait pour Jérôme Marnef, avait son imprimerie au faubourg; Jean Carcain (Carcagni) avait aussi sa bontique sur le pont Saint-Michel.
Le 16 février 1630 une décision de l'Université fit ajourner les procès intentés aux imprimeurs-libraires par d'autres libraires pour s'être établis au-dessus de Saint-Yves. Enfin le statut de 1649 porte, art. 22 :
« Et pour couper la racine à toutes les di- « visions et à tous les procès qu'ils ont entre « eux pour raison des dites limites, nous vouo Ions qu'ils puissent se loger depuis la rue de la " Bùcherie, rue de la Hucbette, rue de la Vieilleci Boucherie, en montant jusques aux portes « Saint-Michel , Saint-Jacques , Saint-Marcel , et « Saint- Victor. »
1618. Le syndicat de la librairie et de l'imprimerie est constitué par lettres patentes du 18 juillet, en présence de Henri de Mesmes, conseiller du roi et lieutenant civil de Paris, chargé de l'exécution des règlements de la librairie. Il se compose d'un syndic et de quatre adjoints, renouvelés tous les deux ans.
Ces officiers de la librairie et de l'imprimerie, qu'on appelait gardes de l'Université, eurent les mêmes fonctions qu'exerçaient auparavant les quatre grands libraires jurés de l'Université, auxquels étaient confiées l'exécution des règlements et la surveillance de l'imprimerie et de la librairie sous la direction de l'Université. Ils visitaient les imprimeries, pour s'assurer si les livres étaient bien imprimés, en bons caractères, bon papier et d'une correction suffisante; si les ateliers étaient pourvus du nombre de presses prescrit , enfin si
TYPOGRAHIIK
les règlements étaient exactement observas. Avant l'invention de l'imprimerie on les nommait Magni librarii, et leur principal oflice était, à cette époque, de fixer le prix des livres manuscrits.
1619. Paul Estienne, fils de Henri Estienne II, et petit-fils de Robert Estienne, est chargé, par un arrêt du conseil d'État du roi, du 27 mars 1619, d'aller retirer des mains de la seigneurie de Genève les matrices grecques des caractères gravés parGararoond, moyennant une somme de 3,000 livres, dont 400 furent allouées à ce môme Paul Estienne pour ses soins dans celte affaire.
Lorsque Robert Estienne dut sortir de France pour se réfugier à Genève, il avait emporté ces matrices, soit parce qu'elles lui appartenaient, comme les ayant payées en partie à Ga« ramond, soit comme un gage de ce qni pouvait lui être dû. Voici les preuves que c'était un gage : 1° on ne voit pas que Robert en ait fait usage à Genève; 2° aucune réclamation ne fut l'aile ni à lui ni à la seigneurie de Genève, à laquelle Robert Estienne s'était vu forcé de les engager, en raison même de la gêne que lui occasionnait son exil volontaire; 3" c'est à son petit-fils qu'on donne la commission d'aller les dégager pour une somme payée par le trésor du roi, et sur laquelle on accorde même une indemnité à Paul Estienne.
Les lettres royales de Henri II (août 1552), tout récemment découvertes, fournissent une nouvelle preuve et sans réplique du droit qu'avait Robert Estienne sur les matrices grecques de Garamond, puisque dans cet acte si minutieux, qui restitue aux buit enfants mineurs de Rohert la jouissance de leurs biens, séquestrés par suite de son départ pour Genève, il n'est nullement question d'aucune réclamation sur les matrices.
1619. Quinet (Nicolas), libraire. Le succès des ouvrages de Scarron, qu'il publiait, lui permettait d'en payer régulièrement le maigre produit à l'auteur, qui se vantait souvent en plaisantant de son marquisat de Quinet et des rentes qu'il en tirait. « Aujourd'hui, dit M. L. Lalanne, il ne s'agit plus pour MM. de Chateaubriand, Thiers, de Lamartine, Eug. Sue, etc., de marquisats ni de duchés, mais bien de principautés et de royaumes. »
1621. Richer (Jean), libraire juré, a imprimé avec Pierre Chevalier la sainte Bible, in-f°, 1622, ornée de très-belles gravures. Elle est recherchée des bibliophiles et connue sous le nom de Bible de Richer.
1621. Camusat (Jean) est reçu imprimeur; et comme il ne publiait que des ouvrages de mérite, c'était une recommandation pour un livre que d'être imprimé chez lui. En 1634 il fut choisi par l'Académie Française pour en être l'imprimeur. Celte illustre Académie tenait sou-
vent chez lui ses leaoces, «t <>
gea plusieurs loi, de faire i
compliments et remerdmenti b des hoo de lettres. Elle voulut ut Isfc r en corpt obsèques, qoj eurent lien en
1621. De Hans>j (Français) est r«< u hbraire.
1622. Estienne (Jean- Jacques ), fils aine' d'Antoine, est reçu imprimeur-librain- , et meurt sans avoir exercé.
1623. La compagnie des libraire! qui mettait au titre de ses livres Lut. Pari». ; t'i/ns regiis, apudsocietatem Grœcarumcdiltonum, composée de Morel, Sonnius , Cramoi Buon, imprime Plutarque%v.-\d\.., in-1% 4 vol., 1624; Xénophon gr.-lat., 1625; Aris/ole avec notes de Du val , 2 vol. in-P, 1629; Slrabon , in-f°, etc.
1624. Sonnius ( Claude), de Paris, est reçu imprimeur-libraire : en 1627 il publie la / criplion du Monde, par Davity, 6 vol. iu-f", réimprimée depuis avec additions; V Histoire de France par Du pleix, 5 vol. in-f°, 1 63 1 ; Saint Cyrilleat Synésius,gr.-\âl., in-f°, 1031, édition rare et estimée. Son fonds de librairie était l'un des plus considérables de Paris. Il fonda l'hôpital des religieuses à Gentilly près Paria.
1624. Guillemot ( Pierre) , fils de Mathieu Guillemot, est nommé libraire; il imprime l'Histoire de France de Mezerai, 3 vol. infol., 1643, réimprimée en 1647, par Denis Thierry, Claude Barbin et Jean Guigniard; mais l'édition de Guillemot est toujours recherchée, parce qu'elle contient certains passages hardis, supprimés dans les éditions postérieures.
1624. Lettres en forme d'édit de création de quatre censeurs de livres, données en août par Louis XIII :
« Par suite des troubles , les anciens règlements de TUniversité n'ayant pas été gardés exactement par les libraires , plusieurs ont pris la liberté de faire imprimer ce que bon leur a semblé, tant pour la doctrine et mœurs que affaires de notre État. Pour remédier à ce désordre, nous avons créé et établi quatre censeurs et examinateurs, qui seront près du Corps et Faculté de Théologie de notre Université de Paris, pour dorénavant lire et examiner toutes sortes de livres nouveaux.
«Défense à tout officier de chancelleries et cours souveraines d'accorder aucun privilège, et aux imprimeurs d'imprimer, comme à tout libraire de vendre aucun livre dépourvu de l'attestation et approbation des censeurs , sous peine de trois mille livres d'amende.
« Les livres présentés à l'examen devront être en double copie, dont l'une restera entre les mains des censeurs pour s'assurer si aucun changement serait introduit après l'approbation donnée.
« 11 est accordé honneurs, immunités, etc., aux quatre censeurs, ainsi qu'un traitement de deux mille francs pour les quatre. »
L'Université s'opposa a l'enregistrement d'un acte aussi contraire aux droits dont elle jouissait de temps immémorial ; elle imprima ses remontrances, et M. le garde des sceaux, qui avait scellé les lettres , informé du trouble qui s'était élevé dans la Faculté, dit aux députés > que le roi n'avait point eu l'intention de « porter atteinte aux droits d'aucun docteur; « que sa majesté avait cru faire plaisir à la ■ Faculté, et qu'elle écouterait volontiers ses
raisons et ses plaintes, si elle se croyait lé- >• sée, etc. »
L'affaire resta en suspens, et les quatre censeurs renoncèrent publiquement à leur nomination- Mais en 1629, sur les plaintes faites par les députés des états, on donna pouvoir à M. le «■hancelier, ou garde des sceaux, de commettre telle personne qu'il voudrait pour l'examen et approbation des livres nouveaux.
1625. De Sanlecques {Jacques), fondeur en caractères, est reçu dès 1596 imprimeur-libraire. Il s'était instruit chez Guillaume le Bé «ians l'art de graver et frapper les poinçons, •l'ajuster les matrices et de fondre les caractères. Il devint très-habile, comme on peut en juger par les caractères orientaux qui ont servi a la Polyglotte de le Jay. Il a imprimé quelques livres. Ses fils lui succédèrent comme fondeurs.
1625. Le Bé ( Guillaume II) , fondeur en caractères, est reçu imprimeur-libraire.
Tout en s'occupant de la gravure des pointons, il n'en publia pas moins de grands ouvrages, tels que les Œuvres de saint François de Sales, 2 vol. in-f°; le Traité du Dessin, par Jean Cousin, 1640. Sa marque était un B, par allusion à son nom.
1625- La compagnie des libraires qui avait pour marque cinq sources d'eau qui se rendent dans une rivière, avec cette devise : Sic nimis possunt componi flumina, publie cette année le Tile-Live de Gruter, avec des commentaires diversorum.
1625. Guigniard (Jean) est reçu libraire. Le nombre de livres de droit qu'il a publiés »-st considérable.
1625. Targa (François), imprimeur de monseigneur l'archevêque, publie cette année i' Apologie pour les grands hommes accusés de magie, par Saudé. Plusieurs membres de cette famille furent imprimeurs et libraires.
1625. Josse ( Georges), imprimeur-libraire, nommé syndic en 1659, a pnblié beaucoup d'ouvrages considérables, entre autres les Annales ecclesiastici Yeteris et Novi Testamenti , auctore Saliano , 6 vol. inf°.
1626. Louis XIII donne pouvoir au garde •les sceaux de choisir telle personne qu'il jugerait convenable pour lire, examiner et ap-
\er les ouvrages avant l'impression. L'Ui -ité perd des lor: une partie de ses attri-
butions, qui passent dans celles du chancelier.
1626. Mort de Paul Estienne, (ils de Henri 11. Hélait né vers 1566. Quoique Lacaille et Lottin le fas.-ent figurer parmi les imprimeurs de Paris, il parait certain que la plupart de se* ouvrages et peut-être tous ont été imprimés à Genève, dont quelques-uns portent l'indication.
1627. Germont (Jean ) est reçu libraire ; il publie en 1639 les Œuvres de Cujas, 6 vol. in-f°. Il publie en société avec Jean Bilaine. plusieurs ouvrages in-f°, tels que les Œuvres de saint Bernard, en 1632, etc.
1628. Estienne (Joseph), second fils de Paul Estienne, est reçu libraire.
1628. Dupuy (Mathurin), imprimeur-libraire, s'est distingué parmi les plus habiles libraires de son temps.
1628. Parait le premier volume de la bible Polyglotle,ivapninée par Antoine Vitré et publiée sous les auspices et entièrement aux frais du président le Jay. Après dix-sept ans de travaux, le dernier volume parut en 1645. Elle est en sept langues, l'hébreu, le samaritain, le chaldéen, le grec, le syriaque, le latin et l'arabe. Le cardinal du Perron avait conçu l'idée de réimprimer la Polyglotte d'Anvers. Mais il mourut, et ce fat le président le Jav qui exécuta ce projet.
1628. yicolas de la Coste est nommé libraire. Associé avec son frère Léon, leur devise était : Ditat concordia fratrum, et quelquefois deux cœurs, avec ces mots : Nos conneci.it amor. Ils imprimèrent Y Histoire des Papes par Duchesue. >'icolas a traduit de l'espagnol les Voyages de Herrera, qu'il a imprimés en 3 vol. in-4°. Habile imprimeur, il savait tièsbien le latin.
1629. Ordonnance de Louis XIII qui déclare qu'il faat apporter un remède plus puissant qu'il n'a été fait par les précédentes ordonnances ; « encore que la force des lois consiste plus en la vigilance des magistrats sur l'observation et exécution d'tcelles, qu'en ce qu'elles contiennent ; pourquoi nous défendons d'imprimer, de vendre et débiter aucuns livres ni écrits qui ne portent le nom de l'auteur et de l'imprimeur, et sans notre permission par lettres de notre grand sceau, etc. »
1629. Thierry ( Denys PT), fils de Rollin Thierry , est reçu libraire et imprimeur, i.- Digestum Sapientiœ P. }rvonis, capucini , 3 vol. in-f°, et les ouvrages français de ce religieux, 16 vol. in-4°, etc., sont les principaux livres qu'il a imprimés. Il avait pour enseigne saint Denys, avec ces mots : Sanctus Diu nysius , Galliarum Apostolus,
1630- Mort de Frédéric Morel le jeune, qui pour la science n'était pas inférieur à Henri Estienne.
1630. Estienne ( Robert l V), second fils de Henri III, est reçu imprimeur-libraire; il imprima celte année même sa traduction du troisième livre de la Rhétorique d'Arislole, dont son oncle Robert III avait traduit et imprimé les deux premiers.
1G30. Antoine Vitré est nommé imprimeur du roi en langues orientales, imprimeur du clergé en 1635, syndic de la communauté en 1039, puis consul en (664, et directeur de l'hôpital général. Ses éditions sont très-belles, et sa Polyglotte, dite du président le Jay (l), 9 vol. grand in-f°, est nn des chefs-d'œuvre de l'imprimerie parisienne. Ses bibles in-f° et in-12 sont au nombre des ouvrages les mieux imprimés du dix-septième siècle. On a prétendu, mais sans aucune preuve, que Vitré lit jeter à la fonte les caractères orientaux qui avaient servi à la Polyglotte , afin qu'ils ne fussent pas employés après sa mort, qui survint en 1674.
Jamais aucun imprimeurà Paris ne fut aussi bien pourvu en caractères orientaux. A la mort de M. Savary de Brèves, ambassadeur de France à Coustantinople, où il avait fait graver trois caractères arabes de diverses grosseurs, deux caractères persans et un caractère syriaque, Vitré fit l'acquisition du tout pour la somme de 4,300 livres; on en avait offert autrefois 27,000. Vitré fit graver ensuite, par ordre du roi, des caractères arméniens et éthiopiens. Colbert, qui lui avait donné la direction de l'Imprimerie Royale, lui fit une pension. Sa devise était un Hercule, avec ces mots : Vïrtus non territa monstris.
On reproche à Vitré de n'avoir pas distingué dans ses impressions les i des j et les v des u.
1631. Louis XIII, par une charte, donne la
(i) Le président le Jay, qui avait sacrifié à ce grand ouvrage plus de cent mille écus.se trouvant entièrement ruiné, se fit ecclésiastique , fut doyen de Vezelai, et obtint enfin de Louis XIV un brevet de conseiller d'État. Il ne tenait qu'à lui d'éviter la misère, en attachant le nom de Richelieu à sa Polyglotte. Mais, malgré les instances du cardinal, qui à cette condition offrait le remboursement de tous les frais, il voulut conserver à lui seul la gloire d'une telle entreprise, et refusa ces offres.
Cette Polyglotte l'emporte sur celle d'Anvers, en ce qu'elle contient le samaritain, qui manque à la Polyglotte d'Arias Montanus, et le syriaque s'y trouve aussi pour l'Ancien Testament, tandis que dans celle d'Anvers il n'existe que pour le Nouveau. Mais un grand inconvénient dans la Polyglotte de le Jay, c'est que le samaritain , le syriaque et l'arabe ne se trouvent pas imprimés à côté des autres langues, et qu'il faut les aller chercher dans d'autres volumes, ce qui est fatigant lorsqu'il faut remuer sept énormes tomes. H manque aussi un apparatus , les grammaires et les dictionnaires qui se trouvent dans la Polyglotte dite du cardinal Ximenès, exécutée à Alcala (inuniversitateCompliitensi), «8H-IB17, evol. in-f°, et dans celle d'Arias Montanus, imprimée à Anvers par Plantin, IS69-1K75.
La dernière édition de la Polyglotte est celle dtf Wallon ; Londres, 1GS7, g vol. ln-K C'est la plus complète et la plus estimée.
RAPH1E
diroclfon de la Gazette dt. France •> I phrasic. Renaudot, son médecin, qui pom amuser scs malades avait amassé* de tous cotes dei nouvelles, ce qui l'avait mil en
grande mode.
1631. Société de la Grand'-Navire, i posée de Réchet, bruis; Brancho, Jean; Cra moisy, Gabriel clScbaslien; Moreau, U' Sol ni us, Claude; Thierry, Denis.
JG32. Jiéchel ( Denis ) est reçu libraire devint successivement adjoint, syndic, consul, et juge-consiU. Parmi les grandes publications dont on lui est redevable figure, en compagnie avec Antoine Rerlhier et Siméon Piget, la Biblia magna, 5 vol. in-f", 1643, puis la Biblia magna, auctore Joan. de la Haye, 19 volumes in-(°, 1660. Il avait pour marque le Compas, qui était celle de Sonnius, dont il avait acheté le fonds de librairie, l'un des plus considérables d'alors.
1633. Chaudière ( Pierre), filsdeRenauM Chaudière, est reçu libraire. Il imprima la seconde édition in-f" des Œuvres du cardinal du Perron. Sa marque était l'Écu de Florence, avec ces mots : Florida Jlorenli Jlorel Florentia flore.
1633. Langlois (Jacques ), habile fondeur en caractères, est nommé imprimeur du roi.
1633. Fondation de la compagnie pour les livres d'Église. Elle est dissoute en 1664.
1634. Langlois (François), dit Chartres, est reçu libraire; il publia un grand nombre d'ouvrages sur l'architecture et les beaux arls. Comme il avait beaucoup voyagé, il mettait pour marque à ses livres les Colonnes d'Hercule, avec ces mots : i\07i plus ultra. Il avait rapporté de ses voyages beaucoup de livres rares, gravures, etc., dont il faisait un grand commerce. Il s'acquit l'estime des plus grands personnages. Le roi d'Angleterre, Charles Ier, lui fit des présents considérables à son départ de Londres.
1635. Charles Morel, fils de Claude, est nommé imprimeur du roi. Il a imprimé plusieurs auteurs grecs et latins in-fJ : Saint Clément d'Alexandrie, 1629; Justin , 16361 les Concilia generalia et provincilia, a:;ctore Binio, 1636, dix volumes in-f°, et beaucoup d'autres ouvrages, qui l'ont fait estimer comme l'un des plus célèbres imprimeurs et libraires de son temps.
1635. Un livre intitulé : les Morales d'É~ pictète, de Socrale, de Plutarque, et de Sénèqtte, par J. Desmàrest, parut avec, cette indication : au Château de Richelieu. Le cardinal y avait en effet élevé une imprimerie à son usage.
1636. Berthier (Antoine) était neveu des Prost, libraires de Lyon. Ses heureuses dispositions, remarquées du chancelier Séguier, firent obtenir, par des lettres patentes du grand
;, la liberté d'exercer la librairie à Paris. La rei.ie-mère Tarait choisi pour son libraire ; et comme il sollicitait sa protection pour pouvoir imprimer les Mémoires du cardinal de Richelieu sans s'exposer à la haine des personnes -antes qui s'y trouvaient compromises, la reine-mère lui dit ces belles paroles : Travaillez sans crainte, et faites tant de honte au vice, qu'il ne reste en France que la vertu. Il publia avec ses confrères Piget et Bécbet un grand nombre de volumes in-f°, tels qne Bibliotheca concionatoria Patrum, (in i- . S volumes in-f°, etc. I! savait
plusieurs langues, et traduisit quelques oui ges de l'espagnol. Son enseigne était la Fortune. Mais , malgré son courage, son travail et sa probité, elle lui fut contraire à la fin de sa carrière.
1636-41. Les Œuvres complètes de saint Thomas (fAquin paraissent en 23 vol. in-i"°. Une édition fut publiée à Rome, chez les héri-
le Biadus. 1570-157!, en 18 vol. in-f°; —
une autre à Venise, 1593, 1S vol. in-f° ; — à
Anvers, 1612, 19 vol. in-f°. Les dernières édi-
; sont a s de Venise, 1745-1760, et de
1765-1788, raine en 23 vol. in-4°.
1637. De Sanlèque (Jacques), qui s'était adonné à Tétnde les langues orientales, fut obligé d'y renoncer pour prendre la profession de son père; il fut reçu imprimeur en 1637.
1638. René Chartier, docteur et p:
de médecine, fait paraître le premier volume de la grande entreprise des œuvres d'Hippocrate et de Galien en grec et en latin, qui forme 13 tomes en 9 volumes in-f°. Il s'engagea dans cet immense travail à la sollicitation de la Faculté de Médecine de Paris, avec Fapprobai\} cardinal de Richelieu , à qui l'édition fut dédiée. René Chartier mourat lors de l'impression do 10e volume. Malgré loss t; que lui et ses amis apportèrent à la lecture des épreuves, elle est peu correcte , faute : trouver parmi les correcteurs d'ér Paris les secours que Chartier en as une de ses préfaces il émet !e vœu : 1° que tonte impression qui contiendrait un certain nombre de fautes soit supprimée; 2° que tout mailre imprimeur soit tenu de savoir les langues grecque et latine; 3° que les appointements des correcteurs soient portés plus haut, et qu'on n'en prenne que de treshabiles ; 4° qu'il y ait toujours trois correcteurs pour voir chaque épreuve une fois l'un après l'autre
(i)!foscant itaqne Lnleliz tdsce temporibos charae- -ra:cos ellalinos o mai a m esse praslantissimos ; sed emendalores pancissùnos , ant noilos eo dignoj titolo, qui typica folia erroribus lil»erent- Ctinam Ifge cautam esset solo? libre» ampatatis prias erroribas solutns In lacem prodire; solosque Grxcz et Latinse locetionis pertlissimos typographicam pro- :3 suscipere; et erudiliîsunis cniendj'.:
1639. Mort! Gilles , troisième tils de
Claude 1er, libraire et imprimeur du roi. Il continua d'imprimer la Magna Bibliotheca Patrum, grec et latin, 17 vol. in-t°, et d'autres ouvrages savants.
1639. Piget (Simon), célèbre libraire, est reçu imprimeur. Il fut nommé syndic en 1665. Parmi les grands ouvrages qu'il a imprimes, le Rituale Grxcorum gr. et lat., auct. Goario, est recherché. Il acheta le fonds de librairie de Gilles Morel et celui de Joseph Cotterean.
1640. Ballard ( Robert 11 \ imprimeur du roi pour la musique, tant vocale qu'instrumentale, succéda à son père Pierre. Ii fut syndic en
En 1659 il publie l'ouvrage de Jacques Menlel : De vera Typographies Origine, où l'honneur de l'invention de l'imprimerie est attribué à Menteiin de Strasbourg, mais sans aucune preuve convaincante. Le titre imprimé en rouge et noir porte : Ex officina Robertï Ballard, architypographi rei musicœ régis, ad signum Parnassi Monté in vico Sanc'i- Joannis Bellovacensis. Un fieuron sur le Litre représente Apollon et les Muses; au fond sur le mont Parnasse est le cheval Pégase.
1640. Louis XHI, agissant sous l'inspiration du cardinal de Richelieu, fonde au Louv une imprimerie royale. Pour propager la foi catholique en Orient et y étendre les relalions politiques et commerciales de la France, il fit imprimer des livres destinés à être remis tuitement ans missionnaires. Les frail'Imprimerie Royale montaient alor;
- Cramoisy Sebastien en fut nommé le directeur. 11 mourut en 1669. Le premier ouvrage qu'il y imprima est limitation de Jésus-Christ en latin, in-f°, 1640.
1640. Pierre Moreau, maître écrivain, puis imprimeur, présente à Louis XIII des épreuves d'un caractère qu'il avait fait graver et qui imitait i'écriture ronde. Ii exécuta ensuite une bâtarde èrisée. Ces deux sortes decaract-T;. représentant imparfaitement l'écriture, virent, en 1643, à imprimer l'Imitation de Jésus-Christ, in ïz ; en 1644, les sain te; tamorphoses , in 4°; et en 1648, un Virgile in-4°, dans lequel il employa la plus grande bâtarde pour le texte latin, la bâtarde
stipendia coasuetis ampliora statci ; et cniqve folio emendando très emendalores praïrjci. qui seor^ i Ticissim folinm seœel tantnm in?p:cerent, legereni, emendarent.Nos ver6 eicasa prxlo folia, prêter consseludinem, litteratis «tris emendanda tradidimus.
i Elle occupait la partie dn Louvre qui sert aujourd'hui d'orangerie. C'est iâ. et dans la galerie
que l'imprimerie de mon oqele Pierre Didot y bit établie, en itss, et qce les belles éditions dites dn Loarre y forent imprimées.
Ea itsj le CBJ'.ër.el de l'Imprimerie Royale fbt transporté à :ù est aoJonnl"bui
la Banque '. En isos, par ordre de Napoléon , II fut :eaaralais-C rue1 .. -.--7
TYPOf,
moyenne pour la traduction française, et la plus petite pour les notes marginales; il se servit de la ronde pour le privilège. Ces caractères furent connus sous le non) de financiers.
1640. Sentence de, Cliâtelet, du 28 octobre, qui décharge les libraires, imprimeurs et relieurs de la commission d'allumer les chandelles aux lanternes de la ville.
1641. De la Caille (Jean) est reçu imprimeur-libraire, et imprimeur du roi en 1644. Sa marque était trois Cailles, par allusion à son nom, dont les trois mots ille candela Dei, placés autour d'un soleil, formaient l'anagramme.
1642. Savr eux (Charles), libraire, publiait les ouvrages de Port-Royal. Sa principale publication est Veterum Scriplorum Spicile- (jium, operaet studio D. Lucx d'Acherii, 13 vol. in-4°, 1655. Se rendant à Port Royal, la voiture versa ; il fut tué sur place, et enterré à Port-Royal.
1642. Martin (Edme II). Fils d'un imprimeur distingué, qui, formé à l'école des Morel, imprima de beaux ouvrages pour Sébastien Cramoisy , le jeune Martin avait appris son métier d'imprimeur chez son père, tout en acquérant une forte instruction. Le nombre des ouvrages qu'il imprima pour son compte est immense. Les auteurs, appréciant les services qu'il leur rendait par ses savants conseils, exigeaient des libraires de faire imprimer leurs œuvres chez Edme Martin. Le P. Sirmond, le P. Vavasseur et beaucoup d'autres professeurs ont fait hautement son éloge. Le professeur de di oit Hauteterre, dans uneépître à M. Nublé, en parlant du mérite de Ed. Martin, lui donne le titre de typographus regius. 11 fut syndic en 1663. Après son décès, sa veuve continua ses grandes publications , telles que Sancti Gregorii Opéra, 3 vol. iu-f°; Acta Sanctorum ordinis Sancti Benedicti, seculum III et IV, 3 volumes in-f°. En 1677 son fils, Gabriel Martin, fut reçu imprimeur-libraire par arrêt du conseil d'État, rendu à la considération des services tant de son aïeul et de son père que de son mérite particulier.
1643. Lettres patentes accordant privilège de vingt années à Mezeray et au docteur Arnaud. C'est le plus long terme concédé jusqu'alors.
1643. Pierre Lepelit est reçu imprimeur, et succède à Gilles Morel , comme imprimeur ordinaire du roi. 11 fut aussi choisi en 1647 pour être imprimeur-libraire de l'Académie Française, charge exercée par son beau-père, Camuzat. Parmi les ouvrages qu'il a imprimés avec un grand soin, sous le rapport littéraire et typographique , on peut citer les œuvres d'Arnauld d'Andilly, 8 vol. in-f°, VEusèbe, greclatin, 3 vol. in-f". Il avait aussi une fonderie de caractères.
RAPHIE
1643. On commence a l'Imprimerie R> sona la directioa de Sébastien Ci Collectioregia Coneiliorum 1 ri fol.
1643. Parait à Paris l'édition d. / de saint Jérôme, % vol. in i , Plantin,mais avec de nouvel!*
et corrections.
1644. Coignard I (Charles) est braire.
1645. Vivenay (Nicolas) e>t reçu Bbr; Dans la Bibliothèque historique dt France, t. Il , n° 25297, il est dit que Vivenay avait son imprimerie dans l'hôtel de Coude, d'où sortit un grand nombre de pamphlets .lu tt-mps. Guy-Patin, danssalettreà Spon, 1649, lui écrit : « Un petit libraire, grand vendeur de pièces mazarinesques, depuis notre guerre, a été surpris distribuant contre le surintendant d'Émery. 11 a été mis au Cliâtelet, où il a été condamné aux galères pour cinq ans. Ce pauvre malheureux s'appelle Viveuet. »
1646. Estienne (Henri Y) , troisième fils d'Antoine, est reçu libraire et imprimeur du roi.
1646. L'impression du Corpus Bistorix Byzantinx , en 22 vol. iu-f°, commence a l'Imprimerie Royale. Le premier ouvrage qui paraît cette année est Y Histoire de Jean Cantacuzène , 3 vol. in-f°. En 1647 Cramoisy y imprime les 7 volumes in-t° des BaaiXixûv, libi i LX, en grec, avec la traduction latine.
1647. Estienne (François III), deuxième fils d'Antoine, est reçu imprimeur et libraire. Il parait qu'il n'exerça pas; on ne connaît aucun ouvrage imprimé par lui.
1649. Édit de Louis XIV :
f Reconnoissanl les grands désordres qui se sont introduits en l'imprimerie comme elle se pratique aujourd'hui dans notre royaume, et qu'au préjudice de nos règlements on reçoit tous les jours en cette profession des personnes incapables de l'exercer, nous avons pensé qu'un abus de si grande conséquence înéritoit bien que nous prissions le soin de le corriger, afin que désormais notre règne , que nous espérons avoir signalé par de semblables règlements remplis de justice et d'honneur, soit encore considéré pour l'avantage que les bonnes lettres recevront de lui.
a On imprime à Paris si peu de bons livres, et ce qui s'en imprime paroit si manifestement négligé pour le mauvais papier qu'on y emploie, et pour le peu de correction qu'on y apporte, que nous pouvons dire que c'est une espèce de honte, et reconnoitre que c'est un grand dommage à notre Etat ; et davantage ceux de nos sujets qui embrassent la profession des lettres n'en- ressentent pas un petit préjudice, quau.l ils sont obligés de rechercher les anciennes impressions avec une dépense très-notable.
• « De cet abus naît un autre mal, qui est que le mauvais exemple des pères élevant leurs enfants dans l'imprimerie, plus pour servir à l'.ivarieeque pour l'exercer honorablement, cette
profession s'anéantit de jour en Jour et de plus en plus; même bien souvent, au lieu de les nourrir en ces exercices, qui ont besoin d'une longue expérience et de beaucoup de connoissances, sont contraints de les en retirer, par le grand mépris auquel il est décbu.
« La misère des apprentis est encore si grande sous les maîtres, si peu soigneux de leur art, que malaisément il s'en rencontre qui soient (l'esprit et de courage capables de s'y employer avec l'honneur que mérileroit une si belle et si nécessaire profession, au lieu qu'au siècle passé des plus grands et des plus savants personnages tenoient à grand honneur de servir le public en cette occupation qui a tant obligé les bonnes lettres. »
Suivent des considérations sur le dommage que causent les contrefaçons, plus ou moins déguisées, des ouvrages, souvent mal imprimés et sur mauvais papier, avec des caractères tout usés :
« Ce désordre en la police de notre État donne de grands avantages aux étrangers, quand pour mieux faire ils attirent chez eux le négoce, même se portent plus avant, et ont des boutiques dans nos bonnes villes, au moyen de quoi, sous des noms empruntés , ils emportent l'argent du royaume, où, au contraire, ils avoient coutume de prendre de nous non-seulement des papiers blancs (dont encore ils ne sauroient se passer) , mais aussi toutes sortes de livres, qui s'imprimoient en notre royaume d'une façon plus agréable et plus correcte qu'elle ne se faisoit en nulle autre part. Il a été aisé à juger que ces grands abus se sont introduits par l'incapacité des maîtres, qui a procédé de leur multitude et du peu d'intelligence qu'ont entre eux les imprimeurs et les libraires de notre royaume, encore que nous y eussions suffisamment pourvu par les règlements et par les défenses que nous avons faites ci-devant d'en recevoir aucun qui ne fut capable , ni plus d'un par chaque année. Les maîtres encore se sont émancipés de prendre pour apprentis un nombre de petites gens incapables, mai nourris et mal nés, en telle quantité que les inconvénients et la honte en paroissent de plus en plus insupportables. Pour les faire cesser et mettre le plus beau et le plus utile de tous les arts en son lustre, nous nous sommes fait représenter en notre conseil les ordonnances des rois nos prédécesseurs, etc., lesquelles vues, et ouïs encore quelques-uns des plus intelligents imprimeurs et libraires de notre bonne ville de Paris, nous avons résolu de faire étroitement observer le présent règlement, et de châtier selon la rigueur de nos ordonnances ceux qui, en quelque manière que ce soit, y contreviendront à l'avenir. »
Cet édit fut sanctionné malgré l'opposition de l'Université. Un des articles de ces statuts, conforme aux anciennes ordonnances, porte :
« Le roi veut que les gens de lettres ayent les livres bien imprimés et bien corrects, et à prix raisonnable. Pour cet effet, nous défendons aux libraires de vendre plus chèrement les vieux auteurs qu'ils réimprimeront, sous prétexte de la grâce et privilège qu'ils obtiendront de nous.
le
Ainsi, leur enjoignons de les bailler selon prix des autres livres. »
« Enjoignons à l'avenir aux imprimeurs et librairesde prendre seulement un apprentif jeune, de bonne vie et mœurs, catholique, originaire français, capable de servir le public, congru en langue latine et qui sache lire le grec,dontil aura certificat du recteur de l'Université; à peine de 300 livres et de nullité du brevet. »
1651. Sébastien Mabre, petit-fils de Cramoisy, lui succède comme imprimeur ordinal re du roi et comme directeur de l'imprimerie Royale. Il fut échevin de Paris, et mourut en 1687. Sa veuve lui succéda comme directrice de l'Imprimerie Royale.
1651. Desprez ( Guillaume Ier) est reçu libraire, et imprimeur du roi en 1686. Il acquit le fonds de librairie de Charles Savreux , et comme lui publia les ouvrages de MM. de Port-Royal, entre autres la traduction de la Bible par le Maistre de Sacy.
1651. Louis XIV fait remettre à Pierre Hocolet, imprimeur-syndic delà communauté des libraires, par Saintot, maître des cérémonies , une médaille et une chaîne d'or qui étaient accompagnées de la lettre suivante :
« Le roi, voulant témoigner à Pierre Rocolet, son libraire et imprimeur ordinaire, la satisfaction qu'il a de ses bons, fidèles et agréables services et lui départir quelques marques d'honneu r de sa bienveillance pour l'obliger de continuer, S. M. lui fait don et présent d'une chaîne d'or avec la médaille de sa ligure et portrait, afin que la portant et la conservant, ses enfants soient .conviés à l'imiter en affection et service de sa dite Majesté, et les autres excités à se rendre digues de ses autres gratilications. Et à ce que sa postérité en soit bien informée et que la mémoire leur en demeure, sa dite Majesté m'a ordonné de lui en expédier le présent brevet, qu'elle a voulu signer de sa main, etc., etc. »
1652. Thierry (Denis 11) est reçu imprimeur-libraire; il était fils de Denis Thierry Ier et petil-flls de Rollin Thierry. L'ambassadeur de Maroc visita son imprimerie. Il était le libraire de Boileau , qui le cite dans ces vers
Vous Irez
Ou couvrir chez Thierry d'une feuille encore neuve Les Méditations de Buzée ou d'Hayneuve.
Épitre X.
et dans ses lettres. Il avait pour enseigne la Ville de Paris , et quelquefois la marque de son grand-père Rollin. Il fut successivement adjoint-consul , syndic et juge-consul. Il a imprimé l'Histoire de France de Mezerai, 3 vol. in-f°.
1652. Bilaine (Louis), dont le père et l'oncle étaient libraires dès 1614, est reçu imprimeur-libraire. Sa librairie fut la plus impor tante du temps. Il savait les langues grecque, latine, espagnole, italienne, et avait beaucoup voyagé. Ses livres ont des avis, des préfaces et
(i) Voyez aussi la lettre à Broscttc.
TYPOGRAPIMK
épîtres dédicatoires rédigés par lui. Il avait un dépôt important de ses livres à Rome et dans les principales villes de l'Europe. Il demeurait m Palatio Begio, c'est-à-dire au Palais de Justice.
En 1678 il publia le Glossarium médise et infanas Latinitatis de Du Cange, 3 vol. in-P, 1678. Malgré l'immense mérite de cet ouvrage, qui fait tant d'honneur à la France , il parait que le débit ne répondit pas à l'attente qu'on en avait conçue, puisque ce fut au refus des libraires de Paris que Jean Anisson, imprimeur à Lyon, eut le courage d'entreprendre le Glossarium médise et infimse Grxcitatis, en 2 volumes in-f°, 1688. Voici ce que dit à ce sujet Du Cange dans sa préface : « Dans le temps que je disois avec Térentianus Maurus : Mon ouvrage restera caché chez moi, je trouvai heureusement dans la personne de Jean Anisson , un Lyonnais rempli de zèle pour le progrès des sciences, qui, marchant sur les traces de son père, et désirant faire revivre dans Lyon lesGryphes, les de Tournes , les Rovilles , et les autres célèbres imprimeurs, se chargea de joindre aux belles éditions qu'il a déjà données celle de mon Glossaire (1) ».
Louis Bilaine imprima beaucoup d'autres ouvrages importants, entre autres la Diplomatique de Mabillon.
1653. Léonard (Frédéric Ie') est reçu imprimeur-libraire et imprimeur ordinaire du roi en 1678. On a deux portraits de cet imprimeur, peints tous deux par Rigaut , et gravés , l'un par Édelink, l'antre par Vandermeulen.
1654. Hérissant Claude Ier, gendre de François De Hansy, est reçu libraire. C'est le chef de cette nombreuse famille qui exerçait encore la profession d'imprimeur-libraire à Paris en
1654. Barbin (Claude) est reçu libraire.
1660. Debure (Nicolas) est reçu libraire.
1664. Delà Caille (Jean), auteur de plusieurs ouvrages, est nommé libraire. Son Histoire de l'Imprimerie et de la Librairie, publiée en 1689, 2 vol. in-4°, en deux parties, est de beaucoup inférieure à l'ouvrage que Chevillier, docteur et bibliothécaiiedelaSorbonne, a donné en 1694 sous le titre de l'Origine de l' Imprimerie de Paris, 1 vol. in-4°; cependant elle contient des renseignements utiles.
1664. Arrêt du conseil, du 9 août, qui condamne Malassis et Lamotle, libraires à Rouen, à 6,000 fr. de dommages et intérêts et par corps pour délit de contrefaçon.
1665. Création du Journal des Savants par Denis Sallo (sous le nom supposé de sieur d'Hédouville), conseiller au parlement de
(i) Le premier correcteur de ce Glossaire fut le célèbre Jacques Spon , et le dernier fut le P. de Colonia, jésuite.
Paris. Sa critique acerbe lui icoop
d'ennemis, mais fil le succès de l'outrage, qui lut traduit en plusiean l'apparition
du 3e volume. L'abbé (iallois lui succéda 1674. Estienne (Antoine), Qia (te Paul Estienne, né à Genève, en 1 592, meurt a k'bôtel - Dieu de Paris, à Page de quatre- vingt-dru-.. après plus d'un demi-siècle de travail. Il avait commencé ses études à Lyon, et les avait achevées à Paris. 11 était , dit la Caille , grand orateur et bon poète tout ensemble.
Les imprimeurs et libraires de Paris publièrent à ce sujet un écrit de deux feuilles in-l où ils affirmèrent qu'après la mort de Bilaine, André Cramoisy et Gabriel Martin avaient commandé des caractères pour imprimer chacun un volume du Glossaire de Du Cange, lorsque Anisson, se trouvant dans le même temps à Paris, leur enleva cet ouvrage. Mais dans la correspondance d'Anisson avec Du Cange, qui existe à la Bibliothèque Nationale, on voit percer Panimosité des imprimeurs-libraires de Paris contre Anisson, qui voulait transporter son imprimerie à Paris. Faute de caractères grecs en quantité suffisante, l'ouvrage de Du Cange éprouva souvent des retards; l'appendice fut même imprimé à Paris par Cramoisy , vu la difficulté de pouvoir l'exécuter à Lyon 1683. Boudot ( Jean ), auteur du Dictionnaire Latin-Français qui porte son nom, esl reçu libraire.
1683. Guérin (Louis) est reçu libraire; il est nommé syndic en 1705.
1684. D'Houry ( Laurent), est reçu libraire en 1678, et imprimeur en 1712. Il commence YAlmanach, qui, présenté à Louis XIV en 1699, s'est continué jusqu'à nos jours.
1686. Édit du mois d'août :
Art. 37. Ne pourront lesdits compagnon* laisser l'ouvrage commencé, sinon du consentement du maître qui les aura employés, a peine de vingt livres d'amende , et des dommages et intérêts du maître.
Art. 39. Des compagnons imprimeurs et libraires ne pourront parvenir à la mailriso qu'après avoir servi les maîtres trois années, depuis leur apprentissage achevé.
Art. 43. Il ne sera reçu aucun imprimeur jusqu'à ce qu'ils soient réduits au nombre de trentesix. Cet édit désigne les villes où il y aura un imprimeur, et celles qui pourront en avoir plusieurs : ainsi à Rouen dix-huit (i) ; à Strasbourg et à Marseille, six pour chacune.
Art. 47. Les correcteurs sont tenus de bien et soigneusement corriger les livres, et au cas que par leur faute il y ait obligation de réimprimer les feuilles qui leur auront été données pour corriger, elles seront réimprimées aux dépens des correcteurs.
(i) L'arrêt du m mars 1739 réduit à douze le nombre des Imprimeurs pour Rouen.
On toléra l'existence viagère des Imprimeurs qui existaient ; en sorte qu'en 1697 il y avait encore cinquante-sept imprimeurs à Paris.
Ceux des libraires qui ne seront actuellement imprimeurs ne pourront ci-après en faire profession, tenir aucune imprimerie, ni même se présenter pour remplir les places des imprimeurs qui seraient vacantes, lesquelles seraient remplies par les fils des imprimeurs, s'ils se trouvent avoir les qualités requises, ou par ceux qui auront fait apprentissage chez les maitres imprimeurs.
Les fils et gendres ne pourront succéder à leur père et beau père qu'autant qu'il leur sera reconnu un mérite égal à d'autres sujets, et la preuve du mérite égal seraétablie par un procès-verbal dressé en présence du lieutenant général de la police, par les syndics, adjoints et examinateurs.
1686. Édit du mois de septembre :
« La communauté des maitres relieurs et doreurs sera à l'avenir entièrement distincte et séparée de la communauté des libraires et imprimeurs. »
1686. Jombert (Jean 1er), gendre de Jean D'Houry, est reçu libraire. Son fils Claude lui succède en 1700.
1686. Edit du mois d'août obligeant les imprimeurs, conformément aux arrêts du 8 août 1600 et autres arrêts et ordonnances, de n'avoir boutique ou magasin que dans le quartier de l'Université. C'est-à-dire depuis le pont Saint-Michel jusqu'à la rue Dauphine , le quai Malaquais jusqu'aux pavillons du collège Mazarin , en remontant par la rue de la Huchette, jusqu'à la rue du Fouarre, la rue Galande, Place-Maubert, rue Saint-Victor, quai de la Tournelle depuis la rue des Bernardins jusqu'à la porte Saint-Bernard , la montagne Sainte-Geueviève, la rue Saint-Etienne du Mont, la rue des Grés, la rue Saint- Jacques jusqu'aux Jacobins, la rue des Cordiers , la place Sorbonne, la rue de la Harpe, la rue des Cordeliers, la rue Saint-André des Arts.
1686. Louis XIV fait imprimer au Louvre diverses éditions remarquables par la beauté de leur exécution : le Nouveau Testament en grec; Térence, Horace, Virgile, Juvénal et Salluste.
1687. Coignard II {Jean Baptiste), libraire, est reçu imprimeur, puis nommé syndic de la chambre en 1729.
1691. Jean Anïsson, imprimeur à Lyon, où il avait imprimé le Glossarium médias et infimx LalinitatisàeDuCange, vient s'établir à Paris, et est reçu imprimeur le 26 janvier 1691.
1693. Louis XIV fait graver de nouveaux types pour l'Imprimerie Royale. L'Académie des Sciences, consultée à cet effet, nomme plusieurs de ses membres pour donner le modèle des lettres. Philippe Granjean, premier graveur du roi en titre à l'Imprimerie Royale, est chargé de l'exécution. Alexandre lui succéda. Le troisième graveur du loi était Luce, qui vivait encore en 1766.
1 693. Mariette (Denys), graveur et marchand d'estampes, est reçu libraire.
1694. Thibousl (Claude- Louis), descendant d'une famille d'imprimeurs, dont le chef, Guillaume Thiboust, graveur et fondeur en caractères, était imprimeur de l'Université en 1554, fut reçu imprimeur-libraire en 1694. Il était maître ès-arts dès 1685, et, comme son bisaïeul, graveur et fondeur en caraclères et imprimeur de i'Université. L'acte qui lui confère ce titre porte : Qui, contra quam cseteri librarii soient, plus in artesua nominis ac famœ quam, divitiarum sibi suisque comparare studuerint. Il possédait très-bien les langues grecque et latine, et composa un poëme latin de Typographies Excellenlia, 1718, in-8°, dont il avait présenté unessai in-4° dès 1699 à l'Académie des Sciences, en lui demandant que les typographes y fussent admis. En 1789 on voyait encore rue du Four, à l'entrée de la salle où se faisait la visite des livres, ces quatre vers de C. H. Thiboust :
BiBLIOTHEORIA..
Quos hic praefictunt practores, regia servant
Mandata, ut vigeat relligionls amor. Charta lime prava interdictave; Lvdius auriim
Ut lapis, hnec libros sic dorous œqua probat.
1694. La première édition du Dictionnaire de l'Académie Française, 2 vol. in-f°, paraît chez Pierre le Petit, imprimeur de l'Académie Française, imprimeur ordinaire du roi. Dans cette édition les mots sont rangés par familles. La préface et la dédicace sont de Fr. Charpentier.
La seconde édition, à la rédaction de laquelle l'abbé Reynier Desmarest eut beaucoup de part, parut en 1718 aussi en 2 vol. in-f°. VÉpitre dédicaloire est composée par l'abbé Massieu.
La troisième est de 1740.
La quatrième, imprimée en 1762, fut en partie rédigée par Duclos.
La cinquième édition, que l'Académie a désavouée bien qu'elle ait été exécutée d'après les matériaux préparés par les divers secrétaires, fut imprimée à la hâte chez Smith, en l'an VII (1 798). Lors de la suppression des- Académies, la république s'empara révolulionnairement des divers matériaux, et les fit coordonner par l'abbé Selis, ensuite par l'abbé de Vauxelles et par M. Gence. Le Discours préliminaire est de Dom. Jos. Garât.
La sixième et dernière édition parut en 1835, chez MM. Firmin Didot père et fils, imprimeurs de l'Institut (titre que M. Firmin Didot avait acquis en 1811 de la Veuve Baudouin ). La préface est de M. Villemain. Cette édition diffère considérablement des précédentes.
L'Académie Française, tout en bornant son Dictionnaire aux mots de la langue littéraire et usuelle, a cependant élargi le cadre dans lequel elle avait cru jusque alors devoir restreindre son Dictionnaire, qui n'admet
TTPOG
que les mots consacrés par l'usage fit ceux, en petit nombre, qui, créés pour des bi nouveaux et conformément aii génie de la langue, ne sauraient être éphémères.
La révision en avait été successivement confiée à MM. les secrétaires perpétuels l'abbé Morellet, Suard, Kaynouard, Auger, Arnault, Andrieux, enfin M. Villemain, dernier secrétaire perpétuel de l'Académie Française. Tous y ont consacré un temps considérable, et aucun mot n'a été imprimé qu'après discussion approfondie en séance générale de l'Académie Française.
Les membres des diverses Académies (des Sciences, des Inscriptions et Belles-Lettres, des Beaux-Arts) furent consultés pour les articles qui concernaient plus particulièrement les diverses branches des connaissances humaines dont le faisceau constitue l'Institut de France.
En 1 845 MM. Firmin Didot frères publièrent, sous le titre de Complément du Dictionnaire de l'Académie Française, un vaste répertoire où sont réunis tous les termes spéciaux , au nombre de pins de cent mille, que n'avait pas admis l'Académie Française. Cet immense travail , exécuté par le concours de vingt membres de l'Université ou de diverses Académies, qui s'étaient chargés chacun d'une des branches des connaissances humaines auxquelles ils avaient plus particulièrement consacré leurs études , a été revu et coordonné par M. Droz, membre de l'Académie Française, qui avec Andrieux, secrétaire perpétuel de l'Académie Française, concoururent par un travail constant de plusieurs années à l'achèvement de la dernière édition du Dictionnaire de l'Académie Française.
1694. Brunet (Jean) est reçu libraire. Trois autres familles de ce nom ont exercé la librairie à Paris. M. Jacques-Charles Brunet, savant et infatigable bibliographe, auteur an Manuel du Libraire, dont la quatrième édition, en 6 vol. in-8°, a paru eu 1842, descend de celle-ci.
1694. Extrait du Journal manuscrit d'Ant. Bruneau, avocat. « Le vendredi 19 novembre, sur les six heures du soir, par sentence de M. de la Reynie, lieutenant de police au souverain, furent pendus à la Grève (1) un compagnon imprimeur de la veuve Charmot, rue de la Vieille-Bouclerie, nommé Rambault, de Lyon, et un garçon relieur de chez Bourdon, bedeau de la communauté des libraires , nommé Larcher..., et sursis au jugement de cinq autres jusque après l'exécution. Les deux pendus ayant
(i) Lorsque le 22 mars toso, dans la séance du conseil municipal, je votai pour l'érection de la statue de M. de la Reynie dans une des niches de l'hôtel de ville de Paris sur la façade même de la Grève, J'Ignorais ce fait, qui accuse en ce magistrat, a qui la ville de Paris est redevable de plusieurs institutions utiles, une sévérité cruelle, et, ce qui est pire encore, une complaisance coupable pour les faiblesses de son maître.