‹ Essai sur la typographieChapitre 30 sur 44 · ENCYCL. MOD. — T, XX VT · texte numérisé non relu

ENCYCL. MOD. — T, XX VT

ItAPIME 8:m

eu la question ordinaire et extraordinaire |m>ui avoir révélation des auteurs, imprim

lieurs, veiidem set débitant, des libelles in I contre le roi, qui est, dit-on, son mariage M avec madame de Maintenoa, et YOmbre A M. Scarron, qui étoit son mari, avec MM planche gravée de la statue de la plate de. Victoires; mais, au lieu de» quatre figurée qoieont aux angles du piédestal.c'étoient quatre fan qui tenoient le roi enchaîné, et les nooai vés: madame de la Vallière, madame de I langes, madame de Montespan, et noad de Mainlenon; le graveur est en fuite. JV,time, ajoute l'avocat, qu'on ne peut assez punir ces insolences contre le souverain, puisque, par les ordonnances, le moindre particulier est en droit de demander réparation des libelles diffamatoires qui seroient faites contre lui. On a trouvé des paquets de ce libelle jetés la nuit dans la rivière, entre le pont Nôtre- Dame et le pont au Change. — Décembre, le lundi 20, le nommé Chavance, garçon libraire, natif de Lyon , fut condamné, par sentence de M. de la Reynie, à être pendu et à la question , pour l'affaire des livres mentionnés en novembre ; il eut la question, et jasa, accusant les moines. La potence fut plantée à la Grève, et la charrette menée au Chàtelet. Survint un ordre de surseoir à l'exécution et au jugement de La Rocque, autre accusé, fils d'un ministre de Vitré et de Rouen, qui a fait la préface de ces impudents livres. On dit que Chavance est parent ou allié du P. la Chaise, confesseur du roi, qui a obtenu la surséance. La veuve Cailloué, imprimeur de Rouen, est morte dans la Bastille, où elle était pour cetle affaire. La veuve Charmot et son fils ont été criés à ban à leur porte, rue de la Vieille-Bouclerie, pour raison de ces impressions. »

On connaît un de ces ouvrages intitulé •. Scarron apparu à madame de Maintenon, et les reproches qu'il lui fait stirses amour* Cologne, Jean le Blanc (Hollande), 1694, in-12 de 36 pages y compris la figure.

1695. Collombat (Jacques) est reçu libraire. Il devient imprimeur du cabinet du roi. Sa veuve et son fils lui succèdent.

1698. Marchand(Prosper), critique, journaliste, bibliographe, éditeur et auteur d'une Histoire de l Imprimerie , est reçu libraire.

1698. Didot (Marie-Anne, fille de Denys Didot), femme de Nyon (Jean Luc Ier), est libraire à Paris, et meurt en 1747, place Conti.

1698. Valleijre( Guillaume- Amable 1er) est reçu libraire et imprimeur en 1710; il était maître es arts, professeur en l'Université de Paris, et licencié en droit.

1700. Martin (Gabriel) est reçu libraire, et nommé syndic en 1732. Ses catalogues de vente de livres sont très-recherchés, par leur méthode, leur exactitude et leur table.

1702. Saugrain (Cl.-Marin) est reçu libraire. Il devient successivement adjoint, consul, juge et syndic en 1739. Il est l'auteur du Code de la Librairie.

1700. Delespine {Jean-Baptiste Alexandre) est reçu libraire; est nommé imprimeur ordinaire du roi en 1733 ; puis consul et juge- «onsul en 1739.

1701. Jean Anisson est nommé directeur de l'Imprimerie Royale.

1702. L'Imprimerie Royale fait paraître le premier corps des types gravés sous LouisXlV; c'est le saïnt-augustin employé dans le bel ouvrage intitulé : Médailles sur les principaux événements du siècle de Louis XIV, în-P. Cette typographie, qui fut terminée en 1745, comprend vingt et un corps de caractères gravés par Grandjean , par Alexandre et par Louis Luce. C'est sur l'ordre même du roi que furent ajoutés à cette série de caractères les signes dont une partie distingue encore aujourd'hui les caractères de l'Imprimerie Nationale de ceux des autres imprimeries, auxquelles il est interdit de les imiter (1).

Ces marques consistent dans le doublement du délié supérieur des lettres b, d, h, i, j, k, 1. Au milieu de cette dernière lettre est ajouté un trait latéral , conservé encore aujourd'hui.

1704. Barbou (Joseph) vient s'établir à Paris, où il est reçu libraire.

1704. Vincent {Jacques), venu du Mans à Paris, où il fut reçu imprimeur-libraire en 1704, est nommé syudicen 1744, et doit êlre compté au nombre des bons imprimeurs de Paris. Parmi les principaux ouvrages qu'il a imprimés dans sa longue carrière (il mourut à quatre-vingt-neuf ans, en 1760) on peut citer les Œuvres de saint Cyrille, grec-latin, infol., 1720 ; ['Histoire du Languedoc, par Dom Vaissette, commencée en 1730 , 5 vol. in-fol. (Vincent était imprimeur des états du Languedoc) ; les Œuvres oVOrigène, grec et latin, 4 vol. in f\ etc.Son portrait en pied a été gravé par de Poilly, son gendre.

1706. Desprcz (Guillaume) est reçu imprimeur en 1708 ; il est nommé imprimeur du roi en 1740.

1707. Hondet( Laurent 11) est reçu imprimeur-libraire. Lorsque le recteur de l'Université, en vertu de l'arrêt du conseil du 10 décembre 1 725, se rendit a la chambre syndicale des libraires-imprimeurs, le 8 mars 1726, pour y recevoir le serment de tons les imprimeurs, Laurent Rondel , alors syndic adjoint, lui adressa cmc harangue remarquable.

1711. Prault ( Pierre) est reçu libraire et imprimeur en 1758, puis imprimeur du roi.

(0 Ordonnance royale du ïr> décembre mu. Voy. le Précis historique de rimprimerie Nationale, par M. F. A. Dnpral . ims.

APHIE 836

Celle famille d'imprimeurs-libraires exerçait encore en 1788.

1712. Couslcllier (Antoine Urbain 1") est reçu libraire.

1713. Coignard (Jean-Baptiste III) est reçu libraire. En 1717 il est nommé imprimeur ordinaire du roi et imprimeur-libraire de l'Académie Française, puis syndic; il mourut en 1768, bienfaiteur des ouvriers imprimeurs de Paris. Il a publié un grand nombre d'excellentes éditions, telles que le Vitruve de. Perrault, avec de très-belles gravures.

1713. Didot (François) , iils de Denys Didot, marchand de Paris, est reçu libraire. Il avail élé apprenti d'André Pralard. Nommé adjoint-syndic en 1735 et syndic en 1753, il est reçu imprimeur en 1754. Ami intime de l'abbé Prévost (1), il publia tous ses ouvrages, entre autres V Histoire générale des Voyages, 1746, 20 volumes in-4°, accompagnés de cartes et de gravures. Toutes ses éditions sont bien exécutées. L'abbé Bernis sortant du séminaire fut quelque temps employé chez lui comme correcteur, et y avait son logement. Son enseigne était à la Bible d'Or, quai des Augustins.

1713. Déclaration du 23 octobre, portant obligation aux maîtres imprimeurs d'avoir au moins quatre presses, et huit sortes de caractères romains, avec leurs italiques, à peine d'être déchus pour toujours de la maîtrise.

1714. Mariette (Pierre-Jean) , fils de Mariette, libraire, et neveu de Denis-Mariette , est reçu libraire en 1714, imprimeur en 1722, et syndic en 1726. A la fois habile et savant antiquaire , il est l'auteur du traité des Pierres

(l) Je consigne ici quelques souvenirs de famille, que je tiens de mon oncle Pierre Didot et de mon cousin Henri Didot, tous deux encore viTants et presque nonagénaires ; je les ai souvent entendus raconter à mon père et à mes autres parents : ils pourront servir à la bibliographie de cet homme, aussi célèbre par son mérite littéraire que par sa vie inquiète.

Dès l'âge de trente ans l'abbé Prévost avait renonce au vin. Cette résolution, dans laquelle il persista toute sa vie, fut te résultat du malheur qu'il eut de renverser son père dans un moment d'égarement causé par l'ivresse ; c'était à la suite d'un souper où, surpris avec sa maitresse par son père, celui-ci tomba dans l'escalier et faillit se tuer.

Souvent il disparaissait pendant plusieurs années; puis il revenait tantôt de Hollande, tantôt de quelque couvent, et rapportait des manuscrits qu'il donnait a imprimer à mon bisaïeul. La feuille d'impression lui était payée un louis, somme considérable alors. Nous possédons des traités signés au cabaret, au coin de la rue de la Huchette, selon l'usage du temps.

11 avait la naïveté et l'incurie d'un enfant pour tout ce qui concernait sa personne; aussi, afin d'exempter la fin de sa carrière de tout souci, ma bisaïeule l'avait recueilli dans sa maison de campagne de Saint- Firmin, près Chantilly. Pour lui éviter l'ennui des comptes et les embarras résultant de son délaut d'ordre et de sa prodigalité, un crédit lui était ouvert chez le boulanger et le boucher. C'est dans la maison de ma bisaïeule à Saint-Firmin qu'il fut transporté après l'affreux accident qui termina si fatalement sa loncue carrière.

gravées, 2 vol. in-4°. Il devint secrétaire du roi, contrôleur général de la grande chancellerie, et membre associé de l'Académie de Peinture et de Sculpture.

1715-85. L'ouvrage en 13 vol. intitulé Gallia Christiana, par de Sain te-Martlie et autres religieux de l'ordre de Saint-Benoit, est exécuté à l'Imprimerie Royale; l'achèvement de ce grand ouvrage nécessiterait environ quatre volumes.

1718. Paraît l'édition des Amours pastorales de Daphnis et Chloé (trad. d'Amyot), imprimée aux frais du régent, avec vingt-huit gravures d'après les dessins qui portent le nom de ce prince, et qui ont été gravés par Baudran. La vingt-neuvième gravure, intitulée Conclusion duroman, et connue sous le nom des Petits pieds, n'ayant été exécutée que postérieurement, manque à beaucoup d'exemplaires, ce qui rend très-précieux ceux où elle se trouve.

1718. Guérin(Hippolyte-Louis), fils aîné de Louis Guérin et gendre d'Osmont, est reçu libraire, et imprimeur en 1752. Son nom est attaché à de nombreuses et belles éditions, entre autres an Cicéron d'Olivet, avec commentaires, 9 volumes in-4°, imprimé par la Tour et par Jean-Baptiste Coignard. Une note autographe de l'imprimeur nous apprend que l'abbé d'Olivet, qui cultivait les lettres avec un entier désintéressement, voulant élever un monument à l'orateur romain, ne demanda aucune rétribution pour le long et pénible travail que lui coûta celle édition. Cette entreprise dispendieuse, qui honore la librairie Irançaise, n'eut pas lesuccès commercial qu'elle méritait. Elle n'était pas épuisée au bout de trente-sept ans. Les exemplaires en grand papier sont très-recherchés (1).

1718. Louis XV imprime lui-même à Paris l'ouvrage suivant : « Cours des principaux fleuves et rivières de l'Europe, composé et imprimé par Louis XV, roy de France cl de Navarre, en 1718; Paris, dans l'imprimerie du Cabinet de sa majesté, dirigée par J. Colomba!, 1718, in-8°. »

1718-38. Les Œuvres complètes de saint J ean-Chrysostôme, en grec et en latin, sont publiées par B. de Montfaucon, 13 vol. in-f°.

1720. Desaint (Jean) est reçu libraire juré. Un de ses neveux, Charles Desaint, est reçu libraire en 1776, et imprimeur en 1779.

1720. Osmont (Jean-Baptiste), bibliographe, est reçu libraire.

1723. Prault ( Pierre) est reçu imprimeur.

1723. Barbou (Jean- Joseph), frère de Joseph-Gérard Barbon, est reçu libraireen 1717, et imprimeur en 1723.

1723. Anisson ( Laurent), fils de Jean,

(i) L'exemplaire de la bibliothèque de mon père fut vendu 1,935 fr.

est nomme dnc< tteor de l'Imprimerie Roj 1723. Parât! le règlement pool la librairie

et l'imprimerie de Baris, arrêté i n conseil du

roi, le 28 FévWer 1723 Cet important règlement, qui contient

vingt-trois articles, fui rédigé awc un loin tout

particulier par le chamelier D'Aguea

Les imprimeurs libres sont séparé! rii-, ,ir' mécaniques, et leurs anciens privilèges maintenus, comme faisant partie du cor|

l'Université.

Exemption de tous droits, même ceux d'en trée et desortie aux frontière.-, sur les livres »« nant de l'étranger ou sortant de France.

Aucune vente de livre ne peul être faite que par les libraires.

Défense aux colporteurs de vendre des livr< autres que des A B C et almanachs.

Défense aux libraires d'acheter aucun livre des enfants, serviteurs, écoliers ou personnes inconnues, non plus que parchemins écrits, etc.

Les livres devront être imprimés en beaux caractères, sur bon papier, avec le nom du libraire et de l'imprimeur, et leur demeure.

Les libraires et imprimeurs devront avoir leur domicile dans les quartiers de l'Université, ei non ailleurs.

Ils peuvent avoir des dépôts dans les collège, et maisons religieuses, pourvu qu'elles soient dans l'enceinte de l'Université et que déclaration préalable de ces dépôts soit faite au syndicat.

Les libraires et imprimeurs ne peuvent avoir qu'un seul magasin, lequel sera fermé le dimanche.

Aucun ouvrage ne peut être proposé par souscription sans en avoir obtenu permission; des garanties sont exigées du libraire ou imprimeur.

Les conditions pour l'admission à la profession d'imprimeur sont les mêmes que précédemment, ainsi quecelles pour la durée de l'apprentissage; c'est-à-dire quatre ans d'apprentissage et trois ans de compagnonnage. Des conditioii> particulières de capacité' sont exigées des lils de mai très.

Les libraires et imprimeurs n'auront qu'un apprenti à la fois.

Les ouvriers ne pourront laisser les ouvrages par eux commencés à peine de cinquante livres d'amende.

Les ouvriers devront prévenir les maîtres qu'ils veulent quitter deux mois à l'avance, et ceux-ci un mois d'avance.

Les copies manuscrites devront être conservées.

Quatre exemplaires ou copies seront retenus par l'imprimeur pour lui et les divers coopéraleurs à l'impression.

Aucune communauté, confrérie, assemblée, cabale ni bourse commune ne pourront être faites par les ouvriers ou compagnons, sous peine de prison, de punition corporelle et de .300 livres d'amende.

Toutimprimeur devra avoir quatre presses au moins et neuf sortes de caractères romains.

Les imprimeurs qui ne pourraient vaquer à la correction de leurs ouvrages devront avoir des correcteurs capables ; les feuilles mal corrigées par eux seraient réimprimées à leurs frais.

B39 TYPOGRAPHIE

Les syndics et adjoints feront tous les trois mois visite des imprimeries, et quand ils le jugeront nécessaire. S'ils trouvent de mauvais caractère et du papier de mauvaise qualité, ils sont tenus de les saisir et de les faire transporter à la chambre syndicale.

Les fondeurs en caractères jouissent des mêmes prérogatives que les imprimeurs et libraires, et sont tenus d'avoir leur résidence dans le .quartier de l'Université. Ils remettront à la chambre syndicale des spécimens de leurs caractères et des m m fondues pour qu'on puisse vérifier si toutes les fontes sont parfaitement conformes à ces modèles et les lettres bien justes de hauteur (dix lignes et demie ) et de force de corps, sous peine, si les fondeurs s'en écartent, de 50 livres d'amende et de confiscation des fontes, vignettes, etc., qui ne seraient pas conformes. La matière des caractères devra être dure et cassante, et les vieilles matières rendues au fondeur par l'imprimeur devront être renforcées.

[Suivent des détails pour que le cran soit bien apparent, que trois i forment juste l'épaisseur d'une m, etc. , etc. ]

Toute fonte envoyée hors de Paris doit être déclarée; et les fondeurs ne peuvent en vendre qu'aux imprimeurs. Les fontes venant du pays éiranger devront élre portées à la chambre syndicale, et renvoyées ou détruites si la hauteur n'est pas exactement de dix lignes et demie.

Les fondeurs ne peuvent céder leur fonds qu'à ceux de leur métier ou à des imprimeurs et libraires, lis ne peuvent, sous peine de confiscation, amende et même plus grande peine, vendre leurs poinçons, frappes ou matrices pour les pays étrangers.

Aucun ne pourra faire le métier de colporteur s'il ne sait lire et écrire, et qu'après présentation par les syndics et adjoints libraires et imprimeurs au lieutenant général de police et acceptation par lui sur les conclusions du procureur de S. M. au Chàtelet. Les maîtres imprimeurs, libraires , fondeurs en caractères ou relieurs, leurs fils, compagnons et apprentifs, qui par pauvreté, maladie, infirmité d'âge ne pourraient exercer leur profession seront préférés à tous autres pour élre colporteurs.

Tout colporteur doit faire enregistrer son nom et demeure dans le livre de la communauté, indiquer les lieux et maisons où il ira coucher, et faire pareille déclaration au commissaire de police de son quartier.

Le nombre des colporteurs est fixé à c«nt vingt. Ils sont tenus à porter une marque ou écusson de cuivre où sera écrit le mot colporteur.

Aucun livre ne pourra élre vendu aux foires de Saint-Germain ni de Saint-Laurent.

Chaque année il sera procédé au choix des syndic et adjoint. Le syndic ne peut être réélu plus de deux fois de suite. Dans les cinq membres composant le bureau il y aura toujours deux imprimeurs ou libraires exerçant l'imprimerie. Les élections sont faites à la pluralité des voix, en présence du lieutenant général de police et du procureur de S. M. au Chàtelet.

Les deniers de la communauté seront administrés parles deux adjoints derniers en charge; il leur sera payé par chaque mailreet veuve trente sols a la fête de la Saint-Jean-Porte-Laline, et

?,40 21 livres une fois payées par chaque maitie qui sera reçu.

Cinquante livres d'amende, et punition exemplaire s'il y a lieu, seront infligées à celui qui manquerait de respect au syndic et adjoints, auxquels ils sont tenus de porter honneur.

Les syndics et adjoints visiteront les tapissiers, dominotiers et imagers pour veiller à ce qu'iis ne vendent aucune image dissolue, et qu'ils n'aient que des presses uniquement propres à leurs étals. Les explications qu'ils voudraient ajouter au-dessous des images ne pourront excéder le nombre de six lignes, et sans pouvoir jamais passer jusqu'au rêver-, desdites images. Elles ne pourront être imprimées que par les imprimeurs titulaires.

Aucun ouvrage ne peut être imprimé avant que le libraire ou imprimeur n'ait obtenu permission du lieutenant de police, approbation des censeurs, et obtention de lettres du grand sceau sous peine de confiscation, amende, clôture de boutique et plus grandes punitions, s'il y échet.

Cinq exemplaires de chaque ouvrage seront remis ; savoir : deux pour la bibliothèque de S. M., un pour le cabinet du Louvre, un pour M. le garde des sceaux , et un pour le censeur quia lu l'ouvrage. Trois autres exemplaires seront remis aux syndics pour élre employés aux affaires et besoins de ladite communauté. Sous peine de nullité du privilège, confiscation des exemplaires et isou livres d'amende.

Les contrefacteurs seront punis corporellement, et déchus de la maîtrise, sans pouvoir s'entremettre désormais directement ou indirectement du fait d'imprimerie ou commerce de livres.

Défend S. M. aux huissiers-priseurs de s'immiscer dans la vente ou description de livres. Elles seront faites par deux libraires choisis par les héritiers, légataires ou personnes intéressées, et l'inventaire ainsi fait par lesdits libraires sera annexé par les notaires à l'inventaire des autres meubles, dont il sera fait mention par un seul article.

Ne pourront les ventes volontaires de biblio thèques ou cabinets de livres, sous quelque prétexte que ce soit, être faites par aucun particulier, publiquement, par affiches et en détail.

Les ventes de livres après décès ne pourront être faites qu'après que les syndics et adjoints auront visité les livres, mis à pari el fait catalogue des livres défendus ou imprimés sans permission, et remis le tout au lieutenant de police pour être envoyé à M. le garde des sceaux. Défense est faite à tout libraire de faire achat desdites bibliothèques avant que ces formalités aient été remplies.

Les libraires qui auront acheté en compagnie une bibliothèque ou cabinet de livres devront en opérer le partage dans la chambre de la communauté, en présence des syndics et adjoints.

Les ventes d'imprimeries ou de librairies ne pourront être faites sans la permission du lieutenant de police.

Avenant le décès d'un imprimeur sans veuve ou sans enfants avant qualité pour exercer l'imprimerie, les vis des presses seront portées a la chambre de la communauté pour y rester déposées jusqu'à la vente de l'imprimerie.

1724. Saugrain (Guillaume-Claude) est reçu libraire. En 1759 il est nommé syndic. Son portrait est gravé par Piquet. Cette famille, l'une des plus anciennes de la librairie, exerçait encore en 1788.

1 724. Délibération, du 1 2 juillet, qui interdit la faculté de faire des apprentis pendant six ans. Celte défense est levée par arrêt du conseil en 1730.

1725. Arrêt du conseil d'État privé du roi qui prescrit aux syndics et adjoints de présenter au recteur de l'Université, à la fête de la Purification de la sainte Vierge, un cierge de cire blancbe du poids d'une livre.

1725. La fonte des caractères royaux était confiée aux graveurs du roi, détenteurs des poinçons et matrices, déposés en partie à la Cbambre des Comptes ou à la Bibliotbèque du Roi. Par l'arrêt du 16 janvier 1825, inventaire fut fait des poinçons et matrices qui étaient alors entre les mains de la veuve Grandjean, place de l'Esplanade, chargée de la fonte des caractères royaux, et cette fonderie fut réunie a l'Imprimerie Royale.

1726. Hérissant(JeanThomas), descendant d'une ancienne famille d'imprimeurs dont le chef fut reçu libraire en 1654, est admis comme libraire, puis comme imprimeur en 1763. Il fut ensuite nommé seul imprimeur du cabinet, maison et bâtiments du roi, puis adjoint consul et syndic de la communauté. Jusqu'en 18Ô0 cette famille est restée dans la librairie.

1726. Desprez (Charles- Jean-Baplïste) , fils de Jean-Baptiste-Alexandre et gendre de Guillaume II , est reçu libraire et imprimeur. En 1741 il alla en Pologne offrir à Frédéric-Auguste 111 Y Histoire générale d'Allemagne en f 1 volumes in-4°, par Joseph Barre, chancelier de l'Université de Paris, dont ce roi avait agréé la dédicace. En 1749 il se démit de l'imprimerie pour être attaché à la cour.

1728. Déclaration du 10 mai :

Art. 7. A la porte de toute imprimerie doit être apposée une enseigne publique et bien visible. Ordonnons que, conformément aux anciens usages, la porte de l'imprimerie ne sera fermée pendant lout le temps du travail qu'au simple loquet, et il ne devra y avoir dans l'imprimerie aucune porte de derrière par où on puisse faire sortir clandestinement aucun imprimé, sous peine d'interdiction pendant six mois et de 500 livres d'amende.

Art. 8. Défendons à tout imprimeur de se servir pour leur imprimerie de rouleaux (I), à peine d'interdiction pendant six mois et de.'jpo livres d'amende; même delà déchéance dtj la maîtrise, et une plus grande punition en cas de récidive.

(i) On ne prévoyait pas, lorsqu'on frappait d'interdiction les rouleaux, au moyen desquels on pouvait imprimer sans bruit, que l'usage en deviendrait universel à notre époque.

17:51. AvertÛMemeOt, du 18 juin Le» libraires et imprimeur* qui voudront Mm eux-

rnêines les correcteurs de leurs édition, le pourront, à condition qu'ils répondront finies trop considérable-, qui se rencontreront dans leurs livres, lesquels seront ou réÊpnaét

à leurs dépens par des cartons ou déchirés s'il* sont défectueux, o

1733. Parait le 1er vol. de l' Histoire IMU raire de la France, par les religieux bénédictins de la congrégation de Sainl-Maur D Rivet, D. ïallandier et D. Clément j. Elle s'arrêla lors de la révolution, au douzième s ni in-4°; l'Institut de France en publie la suite, formant déjà 8 vol.

1734. Barrois (Marie- Jacques ,, maître es arts , et bibliographe distingué , est reçu libraire. Il avait épousé une fille de Fran«.i Didot.

1731. Fondation de la compagnie pour les nouveaux Usages de Paris. Elle dure encore. Parmi les fondateurs figurent les Coignard, Hérissant, Desaint, Boudot, Nyon, Didot, Lotlin, Barrois, etc..

1735. Méquignon (Charles) est reçu libraire. Celte famille compte encore des libraires à Paris.

1735. Thiboust (Claude-Charles), traducteur, critique, succède à son père comme libraire, et est reçu imprimeur en 1737. Comme son père et ses aïeux, il fut imprimeur de l'Université et de plus imprimeur du roi, en 1756. Il traduisit en français le poème de son père sur la Typographie, et donna, en 1748 , la liste des quatre-cent-neuf libraires et imprimeurs de Paris depuis 1689 jusqu'en 1748. Il s'occupait d'une traduction d'Horace lorsqu'il mourut, d'une chute, en 1757.

1735. Valleyre( Gabriel ), reçu libraire en 1713 et imprimeur 1725, fait paraître en 173:> un calendrier imprimé sur un relief en cuivre qu'il avait obtenu d'un moule en plâtre ou en sable, dans lequel il avait enfoncé les pages de caractères mobiles. Ces planches, qui se sont conservées jusque dans ces derniers temps, démontrent que ce procédé, non plus que celui, à peu près semblable, de l'Écossais Ged n'avaient pu donner encore de bons résultats. Le Salluste imprimé par Ged, en 1744, sur des planches en cuivre, non lypis mobilibus , ut vulgo fieri solet, sed tabcllis seu laminis fusis, ainsi qu'il le dit à la fin de cette édition, en y joignant ces mots, ad perpetuam tri viemoriam , n'offre que des caractères dont l'œil manque de la netteté obtenue plus tard par les procédés de Firmin Didot, de Heran et par celui du comte Stanhope.

1736. Jombert ( Charles-Antoine ) est nommé libraire. « C'était, ditPeignot, l'un des plus habiles libraires et imprimeurs de Paris, et à la fois mathématicien, amateur des arts,

de la peinture, du dessin, de la gravure, de l'architecture. Il a publié sur ces arts beaucoup d'ouvrages qui enrichissent son savant Catalogue , dans lequel sont plusieurs autres grands ouvrages sur l'art militaire. Il fut adjoint et syndic en 1754. Il était imprimeurlibraire du roi pour l'art militaire, le génie, l'artillerie et la marine; il eut pour fils Claude- Antoine Jombert et Louis-Alexandre Jomberl, qui est devenu gendre de François Ambroise Didot. »

1738. Simon ( Claude- François ) est reçu libraire et imprimeur la même année. Il avait étudié la typographie sous son père, Claude Simon, imprimeur estimable. Il aimait passionnément son art, dont il a laissé une histoire manuscrite. Il a rédigé les Mémoires de Duijuay-Trouin, pour lesquels il reçut une médaille d'or du roî en 1740, lorsqu'il lui en remit un exemplaire. Parmi les ouvrages qu'il a imprimés on distingue la Bible hébraïque du père Koubigant, 4 vol. in-f°

1738. Paraît le premier volume du Recueil des Historiens des Gaules et de la France, par dom Bouquet, 41 vol. in-fol., imprimés à l'Imprimerie Royale.

1739. Arrêt du Conseil d'État du roi, du 27 janvier, relatif à la fabrication du papier.

Ce règlement , en soixante et un articles, entre dans les détails les plus minutieux sur la fabrication, sur le poids et la dimension des papiers, leurs marques, etc.

L'art. Ier défend de faire usage d'aucune machine tranchante pour effilocher les chiffons.

L'art. 2 veut que les pourrissoirs soient couverts et clos, à peine de 3,000 livres d'amende pour le propriétaire et de 1,000 pour le fabricant.

Art. 3. Les fabricants sont tenus de faire purifier les eaux, de les liltrer et passer par des réservoirs dont le dernier sera sablé.

Art. 4. Des couloirs pour filtrer l'eau devront être placés aux robinets des piles.

Art. 5. Défend Sa Majesté de mêler aux chiffons ou aux pâtes destinées à faire du papier, même des papiers gris, trasses ou cartons, aucune sorte de chaux ou autres ingrédients corrosifs, à peine de confiscation des pâtes et papiers ainsi fabriqués et de 300 livres d'amende.

Arl. 6. Tous les papiers doivent être collés, même ceux pour estampes, à peine de loo livres d'amende.

Art. 32. Les gardes devront faire au moins quatre visites par an dans les fabriques de papier, les moulins et magasins de papier, dans les villes, campagnes, et à Paris.

Art. 35. Le temps d'apprentissage sera de quatre années consécutives, et les quatre années (l'apprentissage expirées, l'apprenti sera tenu de servir pendant quatre autres années chez les maîtres en qualité de compagnon.

Arl. 3s. Lesiils de maître qui auront demeuré jusqu'à seize ans accomplis chez leur père ou chez un fabricant de papier seront tenus de servir

quatre annéesen qualitéde compagnon chez leur père ou chez d'autres maîtres.

Art. 39. L'aspirant à la maîtrise, son temps d'apprentissage ou de compagnonnage achevé, sera interrogé par les gardes en charge; et s'il est trouvé capable, sera admis en leur présence a faire son chef-d'œuvre, qui consiste dans les diverses opérations de la fabrication du papier.

Arl. 44. Ordonne Sa Majesté que les maîtres papetiers, leurs lils, travaillant dans la fabrique, les colleurs, ou sallerons, enfin les ouvriers coucheurs et leveurs de feuilles et ceux qui travaillent à la confection des pûtes, soient personnellement exempts des tailles, milice et logement des gens de guerre.

1739. Arrêt du Conseil, du 31 mars :

Art. 6. Veut Sa Majesté que l'aspirant à l'imprimerie qui se trouvera, par l'examen, avoir toutes les qualités requises soit tenu d'avoir une imprimerie composée de quatre presses au moins et de neuf sortes de caractères romains avec les italiques , etc.

1740. Le troisième jubilé de l'imprimerie est célébré solennellement en Allemagne. C'est à l'occasion de ce jubilé que Prosper Marchand publie son Histoire de l'Origine et des premiers progrès de l'Imprimerie, La Haye, 1740,in-4°. D'autres traités et dissertations sur l'origine de l'imprimerie furent également publiés pour cette solennité.

1741. Arrêt du Conseil du 6 juin, portant :

Une longue expérience prouve que les libraires et imprimeurs ne sauraient se soutenir dans leur profession et la faire avec honneur qu'autant que le nombre n'en serait pas trop multiplié. Le roi en son Conseil , de l'avis de M. le chancelier, ayant égard à la requête, homologue la délibération de la communauté des imprimeurs libraires de la ville de Paris du 25 février 1741 , et fait défense à tous et chacun les maitres de ladite communauté de faire aucun apprenti pendant le temps et espace de dix années.

1741. Coustelier { Anl .-Urbain II, fils de Urbain Ie') , secrétaire de La Fillon, romancier, éditeur, etc. , très-counu par'ses jolies éditions des auteurs latins et de quelques anciens romans, qu'il fit imprimer à Paris, est reçu libraire. Il mourut en 1763.

1741. Saillant ( Charles ), célèbre libraire, adjoint, consul , et syndic en 1744. Sa fille avait épousé M. Nyon l'aîné.

1741. Leclerc ( Charles-Gudlaume) est reçu libraire. Devient syndic eu 1780.

1742. Quillau (François- Augustin) , libraire en 1761 , établit le premier cabinet littéraire où se réunissent les lecteurs.

1743. Desprez ( Guill.-Xicolas) succède à son père. Il est nommé imprimeur ordinaire du roi, et imprimeur du clergé en 1747.

1744. Tilliard (Nicolas- Martin), beauli ère de M. Débute et, comme lui, bibliographe , est reçu libraire.

1747. Douze membres du corps de l'impri

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merieet de la librairie sont tenus d'assister à la distribution des prix <le l'Université.

îyi!). Le Prieur ( P. Alex. ) , imprimeui <lu roi , devint en 1785 secrétaire du roi.

I7r>0. Joseph Gérard liarbou, neveu de Joseph, est reçu imprimeur. C'est en 17-50 que paraît le premier volume de la charmante collection des auteurs latins, format in- 12, ornée de vignettes, dessins, fleurons, etc., dessinés et gravés par Cochin, Eisen , Longueil , etos Ce volume renferme Catulle, Tibulle, Properce, etc., et continue les belles et correctes éditions latines commencées par Coustelier, et qui sontencore estiméesaujourd'hui. L'origine de la maison des liarbou remonte vers le milieu du seizième siècle. Jean Barbou, imprimeur à Lyon, s'était fait remarquer par ses éditions, surtout par celle des Œuvres de Marot, 1 539, petit in 8°, Hugues Barbou , frère de Jean , s'établit à Limoges, où il imprima en beaux caractères italiques les Épitres de Clcéron.

1750-65. Le Nouveau Traité de Diplomatique, par deux religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur ( Fr. Touslain et D. Tassin), 6 vol. in-4°, et gravures en grand nombre, paraît à Paris chez Guillaume Desprez, imprimeur du roi et du clergé de France.

1751. Paraît le premier volume de l'Encyclopédie, ou dictionnaire raisonné des sciences, arts et métiers, imprimé et mis en ordre par Diderot et par d'Alembert, 28 vol.in-f°,dont Il de planchas; le dernier volume est de 1772.

C'est l'entreprise littéraire la plus vaste qu'ait produite le dix-huitième siècle.

1753. François- Ambroise Didot, fils de François Didot, syndic en charge, est reçu imprimeur, et en 1788 est nommé imprimeur du clergé. Ses belles éditions jouissent d'une juste célébrité. La collection du comte d'Arlois, dont il était l'imprimeur en titre, et Ja collection des Classiques français, imprimée par ordre de Louis XVI, pour l'éducation du dauphin, dans les formats in-8° et in-4°, sont encore recherchées. C'est dans ces deux formats qu'est imprimée la Bible latine, très -estimée par sa correction et sa belle exécution. Il fit venir de Hollande un ouvrier ( L'Écrevisse ) pour fabriquer les cylindres à broyer les chiffons. Par ses conseils la papeterie de Johannot d'Annonay exécuta en 1780 la première le papier vélin à l'imitation de celui que Baskerville avait employé pour sa belle édition du Virgile in-4°. 11 fit graver et fondre chez lui par Waflard , dont il forma le goût, les premiers types de son imprimerie ; son lits Firmin surpassa bientôt Waflard, et grava la plupart des caractères de l'imprimerie de son père. F. -Ambroise Didot inventa la presse à un seul coup, ainsi que la division de la force de corps des lettres d'après le système des points typographiques, e,n divisant la

ligne de pied de roi en iti point , ijatèeM qui fut généralemeui adopté, ël qel mit un V a la confusion, devenue telle qu'aucun cors de caractère dam aucune imprimerie n'i en rapport l'un avec l'antre.

« La ligne de pied de roi dirige' « mètres ou mesnfl r\it | gradtft

«à dénommer les différents caractère! I « plus petit, qui a les complète,

« ou la ligne de pied de roi , m nomnSe h « celui qui le suit immédiatement est le tepi, « composé d'une ligne el d'un mètre de plus. « le huit, le neuf, le dix, le onze, le r/o»:. « augmentent également de grosseur et par « des mesures aussi précises.

« Le douze a donc deux lignes de pied de « roi, etc. Ainsi l'unité des proportions l>p<>- « graphiques est le point typographique, qui « équivaut à deux points du pied de roi, et les « caractères procèdent de point en point (l). »

M. Pierre Didot, après avoir donné celle définition si exacte de ce système, ne s'exprime pas moins heureusement en vers lorsque dans son Épitresur les Progrès de V Imprimerie, adressée à son père (2), il dit :

Tous ses grotesques mnts, gaillarde, trisim

Gros texte, gros canon, fastidieuse liste

Des vains noms qu'ont portés tant de types divers,

F.t dont le seul récit attristerait mes vers;

Noms qui de leur grosseur et de leur différence

N'ont pu donner encore aucune connaissance;

Il sut les transformer en d'autres plus heureux .

Qui marquent clairement tant de rapports entre eux.

Son nouveau typomèlre offre une règle sûre :

Chaque type s'accroit par égale mesure;

Et la gradation qu'avec art il suivit

Est aussi juste à l'œil qu'elle est claire à l'esprit.

En 1790 Benjamin Franklin vint visiter son imprimerie, et lui confia son petit-fils , auquel Firmin Didot enseigna la gravure et la fonte des caractères.

1753. Pierre-François Didot, second fils de François Didot, syndic en charge et gendre de Moutard, est reçu libraire. En 1 753 il est nommé imprimeur de Monsieur ( depuis Louis XVIII). Il est le créateur de la papeterie d'Essonne. Une de ses filles épouse Bernardin de Saint-Pierre. Un de ses fils, Henri Didot, habile graveur et fondeur en caractères, in-

(t) Plus tard on a fondu des caractères sur des rit mi-points; en sorte qu'au lieu de passer du « au t il existe maintenant dans beaucoup d'imprimeries des caractères intermédiaires , du six et deuil , du sept el demi, etc. Innovation fâcheuse, a laquelle ont été entraînés les imprimeurs et fondeurs par les exigences delà mode et le caprice du Jour. La différence entre la force de corps des caractères, qui était suffisamment sensible pour pouvoir les faire distinguer aisément les uns des autres à l'œil et au toucher lorsqu'ils procé daient par points typographiques, ne l'est plus asse pour que l'ouvrier compositeur ne soit pas exposé a les confondre les uns avec les autres. Or. dans tant de millions de lettres qui existent dans la moindre Inipri merie.il en résulte de graves inconvénients.

(a) EpUre sur les Progrès de V Imprimerie , pai Didot fils aine, a Parte, imprime chei Didot l'aine avec les italiques de Firmin, son second 01s; i7ai.

8J7 TYPOGRAPHIE

vente le moule polyamatype. On doit a un autre de ses fils l'exécution de la machine à papier -an, fin, dont l'idée première appartient à Robert, mais qui ne put être exécutée qu'en Angleterre , par la persévérance de Didot et les énormes dépenses que MM. Foudriner y consacrèrent pendant dix ans d'essais infructueux. Un troisième fils, Didot jeune, fut un imprimeur estimé et l'éditeur du Voyage du Jeune Anacharsis. Uu de ses parents nommé Léger, acquéreur de sa fonderie, fut un habile graveur et fondeur en caract -.

1753. Debure ( Guillaume- François ) est reçu libraire. Il est auteur de la Bibliographie instructive, ou Traité des livres rares et singuliers, 7 vol. in-8°, 1763, ouvrage qui lui fit beaucoup de réputation, et qui est encore utile. Il publia plus tard le Catalogue des livres de De Guignes, 2 volumes, qui en est la suite ; et la première partie du Catalogue de la Valliere, 2 vol. in-8\ Le libraire bibliographe >"yon, sou parent, en rédigea une partie. La vente de cette bibliothèque produisit 464,677 fr. En 1755 il publia son Muséum Typographicum, in-12, tiré à douze exemplaire1 leinent; il mourut en 1782; sa veuve, née Saugrain , lui succéda.

1756- Samson est reçu libraire. I! était gendre de François Didot.

1756. Lacurne de Sainte-Palaye fait paraître le projet de son Glossaire- Français, immense travail, qui repose en n&niuerit a la Bibliothèque Nationale, en 61 volume in-4° et un grand nombre de volumes in-f°. Avant la révolution l'impression en avait été commencée. Le premier volume, presque entièrement achevé, s'arrête an mot Asseurelé. Le malheur des temps fit anéantir l'ouvrage, qui s'arrête à la page 735 du tome Ier. Quelques rares exemplaires ont survécu à la destruction générale.

1757. fAdot {Marguerite), veuve de François Didot, est reçue libraire. Sa sœur, veuve deBarrois'Mirie-Jacques^l'estaussi, en 1788.

1758. Michel Lambert est reçu imprimeur. 1758. Pierre ( Ph. Denys) est nommé

imprimeur ordinaire du roi.

Sous la direction de Delespine parait un livreexécutéà Versailles, dans l'imprimerie de ladauphine , mère de Louis XVI , intitule : Élévation de cœur a Jésus-Christ, etc.; imprimé de la main de madame la Dauphine, in-16.

1759". Debure (Guillaume 11), cousin de Guillaume-François et gendre de Marie-Jacques Barrois, est reçu libraire. Il était libraire de la Bibliothèque du Roi et de l'Académie royale des Sciences.

1760 La Rodogune de Corneille, précédée d'une estampe gravée par madame de Pompadom, d'après Boucher, e-t imprimée par elle, dans l'impi imei ie qu'elle avait établie dans

84S son appartement, au Nord; in-4°. La même année le livre intitulé : Prières a Vusanc des Enfants de France sortit de l'imprimerie du duc de Bourgogne, dirigée par Vincent; in-! 2, à Versailles.

1762. Panckoucke (Charles- Joseph), fils d'un libraire de Lille , instruit et auteur de quelques écrits, vient s'établir à Paris, ou il est reçu libraire, puis imprimeur en 1774, après avoir fait son apprentissage chez A. Le Breton.

1763. Despilly ( Jean- Baptiste ;, reçu libraire en 1743, publia le premier journal de la librairie, sous le titre de Catalogue des livres nouveaux, etc.... et permis.

1764. Delo.la.xn ( Xicolas-Ajtgustm) est reçu libraire.

1765. Cailleau {André- Char les), poète dramatique, lyrique, bouffon, historien, éditeur, est nommé libraire, puis imprimeur en

1766. Fournier jeune, habile graveur en caractères, publie son Manuel Typographique, 2 vol. in- 12, imprimés chez Barbou. C le seul ouvrage qui contienne des instructions détaillées sur la gravure et la &s des caractères et leur fonte. Sous ce port c'est plutôt le manuel du fondeur en caractères que celui de l'imprimeur. L:

cond volume offre les spécimens des divers caractères, tant français qu'étrangers, de vignettes, de musique, etc., gravés par Fournier, et formant son fonds de fonderie, alors considérable et justement renommée (1). C'est surton t en examinant les vignettes et les caractère^ d'écriture qu'on peut juger des progrès qui ont été faits depuis en ce genre. Quoique la gravure de Fournier laisse à désirer sous le rapport de la netteté, cependant on doit reconnaître que ses caractères romains sont très-lisibles. Fournier jeune avait établi une table des proportions que les caractères devaient avoir entre eux , mais sans partir d'une base fixe. Fournier a publié une série de traités historiques et critiques sur l'origine et les progrès de l'imprimerie. Ils contiennent des faits instructifs et observés avec soin. Dans le premier, qui traite de l'origine et des progrès de l'art de graver en bois, il nous apprend que Marie de Médicis, femme de Henri IV, doit être comptée parmi les graveurs en bois. « Une estampe gravée en

J'ai commencé, dit-iL, ma fonderie en hx, et à « peine se troove-t-elle finie; en la présente année " I7«e, c'est-à-dire qu'après un travail assidu cl « presque continuel , Il m'a fallu vingt-neuf années « pour la mettre en l'état où elle est. Je puis d:r-j "qu'elle est entièrement l'ouvrage de me; mains, " ayant moi-même gravé les poinçons, frappé et |us- " t:Cé les matrices et fabrique une partie des mcul-*. t II n'y a pas d'exemples depuis Fortgtne de l :-. « mené qu'une fonderie complète ait e'.e f ji'" par un « seul artiste. >• — M. Firmln Didot a ciù^acré 1 U gravure des poinçons et â la frappe de* matrices autant de temps que Fournier jeune, et l'art lui doit d

bois, de huit pouces de haut, représentant un buste de jeune fille, coiffée à la romaine, porte ces mots gravés au bas de la planche :

à l'hôtel de la guerre i \

mi e de ce min 1ère., de < elui de la i

et des affaires étrant

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