DESCRIPTION DE LA PRESSE
planche xxix.
K BKAS,
La presse de Josse Bade d'Asch, telle qu'elle est représentée sur le titre de ses livres (voy.pl. xxix. lig.l), donne une idée suffisante dece qu'elle fut depuis Gutenberg jusqu'à ces derniers temps, ou la presse Slanhope et la presse Clymer lui furent substituées (Voy. pi. xxix , fig. 2 et 3). La principale amélioration que la presse de Gutenberg eut reçue jusque alors consistait : l°dans l'augmentation de surface de la platine, afin de pouvoir imprimer d'un seul coup une feuille de papier, depuis le format du carré jusqu'à celui dit Jésus; 2° dans la substitution d'une plaque en fonte, parfaitement dressée, ou marbre (ordinairement en pierre ou en marbre, ainsi que l'indique le nom ) , sur lequel la forme des caractères était placée.
PRESSE CLYMER, DITE COLOMBIENNE,
pi. xxix, fig. 2.
La forme qui contient les caractères d'impression est déposée sur le marbre A, garni de petits rebords contre lesquels on serre des coins en bois qui rendent immobile celte forme. A l'extrémité du marbre est attaché le tympan B, auquel est jointe la frisquette C, se rabattant Tune sur l'autre au moyen de charnières. La feuille de papier déposée sur le tympan y est maintenue par la frisquette repliée sur ce tympan. Cette frisquette n'est qu'un léger cadre en fer sur lequel sont collées une ou plusieurs feuilles de fort papier tendues qu'on découpe aux placps où doit se faire l'impression sur la feuille placée sur le tympan.
Lorsque la frisquette est abattue sur le tympan, on rabat également celui-ci en le faisant tourner sur ses charnières, et le tout vient s'appliquer sur le marbre A , où se trouvent les caractères encrés. Alors, au moyen d'une manivelle D, que l'ouvrier saisit de la main gauche, et qui fait tourner le rouleau E, autour duquel vient s'enrouler une corde fixée à l'extrémité du marbre en F, l'ouvrier fait glisser le marbre sur les coulisses du chariot G G, qui le supporte, et le marbre vient se placer horizontalement sous la platine H; tandis que, pour faire descendre cette platine sur les caractères et opérer l'impression, il attire à lui l'extrémité du levier ou barreau I.
Ce barreau, par sa communication avec les articulations J J, fait descendre au moyen des tirants KK, le grand levier L L, et celui-ci, prenant son point d'appui sur le sommet d'un des montants du bâtis en fonte M, qui forme le corps de la presse, appuie fortement sur l'arbre N, qui, maintenu dans la position parfaitement verticale par les moises O O, communique à la platine une pression égale dans tous les points.
Quand la pression est suffisamment effectuée, l'ouvrier cesse d'attirer à lui le levier I, et alors le grand levier L L , ramené dans sa position première par le contrepoids P , agissant, sur le levier Q, entraine par le même mouvement la platine, ce qui permet à l'ouvrier de ramener le marbre à sa prenjière place, et de développer alors la frisquette et le tympan pour en retirer la feuille de papier imprimée.
TYPOGUAPMR
'JIO
PKESSE STANIIOPE, pi. \\l\,fifj. H.
Cette presse ne diffère de la précédente que par le mode de la pression, opérée, comme dans les anciennes presses, par une simple vis, mais qui par la position solide de son écrou et son glissement invariable dans sa boite coulante , remplace avec avantage l'ensemble de leviers qu'on voit dans la presse Clyraer.
Dans cette presse, l'ouvrier en attirant à lui le levier ou barreau A fait tourner la colonne B. Cette colonne, au moyen de la virgule D et du tirant C, fait descendre la vis E, et avec elle la boite coulante F, à laquelle tient la partie supérieure de la platine, et exécute la pression. Quand cette pression est opérée, le contrepoids G , agissant sur le levier H, fait remonter la vis et par conséquent la platine.
TABLE A ENCRE, pi. XXIX, fig. 4.
C'est sur cette table que l'ouvrier prend l'encre avec son rouleau, fig. 5 A, pour la déposer sur les caractères, c'est-à-dire pour les encrer. Le cylindre en fer A' est posé le long du bord d'une échancrure horizontale formant le réservoir de l'encre, dont il entraine une légère couche quand, au moyen d'une manivelle, on le fait tourner dans un certain sens. C'est sur ce cylindre en fer que l'ouvrier, en approchant son rouleau élastique, prend l'encre qu'il distribue sur la table, c'est-à-dire qu'il étale uniformément à plusieurs reprises.
Ce rouleau élastique, fig. 6. A, destiné à encrer les caractères, est traversé dans toute sa longueur par une tringle en fer B B', passant librement dans un mandrin en bois auquel adhère fortement la matière élastique, composée de mélasse et colle forte, qui forme le rouleau. Celui-ci est mis en mouvement au moyen de deux poignées fixées sur une autre tringle en fer, dont les deux extrémités, recourbées, se rejoignent à celle qui traverse le rouleau.