Souhaita y
Mb» CHAPITRE ONZIÉMK.
force et d'éloquence. Àa moment où Samippe, poarsoivant son rêve, vient de se faire dans Babylone une rojauté entourée de splendeur, Lycinos prenant la parole lui démontre combien cet éclat ressemble peu au bonheur, avec lequel il parait le confondre :
a Et comment ne serais-tu pas humilié », lui demande-t-îl , « d'être sujet aux mêmes maladies que les simples mortels? La » fièvre ne distingue pas en toi le roi , la mort ne craint pas » tes gardes ; elle se dresse tout à coup, quand bon lui semble, » et elle t'emmène gémissant , sans aucun respect de ton » diadème. Et toi, tout à l'heure si élevé, tu tombes, arraché » de ton trône royal , et tu t'en vas par la même route qœ la » foule , chassé sans plus de considération que les autres dans » le troupeau des morts ; tu laisses seulement sur la terre un » tertre funéraire , ou une longue stèle , ou une pyramide aux » angles bien dessinés , honneurs tardifs que tu ne sens pas * . »
N'est-ce pas là cette sorte de véhémence accusatrice que nous avons déjà trouvée ailleurs , chez Prométhée dans le Caucase , chez Ménippe dans les Dialogues des morts?
Mais nulle part elle n'a plus de force que chez Momos , le plus remarquable , à mon avis , de ces personnages ironiques sur lesquels j'attire en ce moment l'attention. C'était une idée vraiment ingénieuse et féconde que celle de susciter parmi les dieux un accusateur de profession, toujours prêt à faire ressortir avec une âpre et intraitable franchise les sottises , les vices ou les ridicules des habitants de l'Olympe. Sa propre situation ne pouvait manquer de donner à ses paroles une saveur toute particulière. H faut reconnaître que Lucien en a tiré parti d'une manière excellente. La mythologie , qui lui a fourni ce personnage , ne l'avait , pour ainsi dire , qu'ébauché. Hésiode le nomme simplement , comme un des fils de la Nuit , sans le caractériser autrement '. Il est vrai que rimagination populaire
!. Souhaits, 40.