‹ Essai sur la vie et les œuvres de LucienChapitre 14 sur 140 · Man. d'écrire V histoire , 14 et · texte numérisé non relu

Man. d'écrire V histoire , 14 et

2. On voit par un passage de l'Alexandre ( 53 ), que le devin s'attendait à être questionné par Lucien sur la manière dont il devait se rendre en Italie ( erre /xoi juXeOcac èir' IrsLkiav, être TreCoTropyicac Xwov). H se trompait, il est vrai ; mais , comme il était fort bien informé en général , cette méprise ne s'expliquerait guère , si Lucien n'eût été effectivement en route pour l'Italie. D'autre part, dans le Toxaris , un personnage , Mnésippe , qui tient le rôle de Lucien , dit ( c. 24 ) : c Comme j'étais en Italie en qualité de délégué pour soutenir les intérêts de ma patrie...! — C« sont là de simples indices, mais qui ont pourtant leur valeur. Cf. Songe , 12.

3. En 169 , il y assistait pour la quatrième fois {Pérégrin.^ 35) ; or il est difficile de supposer qu'il ait pu y assister plus de deux fois durant son premier séjour en Grèce. — En outre , dans l'Hermotime , un des premiers ouvrages qu'il composa après qu'il eut renoncé à la rhétorique , il parle des jeux qu'il a vus tout récemment à Olympie.

Tandis que Rome élait la ville du faste , Athènes se faisait remarquer par le goût de la simplicité. Gomme autrefois , les Athéniens auraient pu dire d'eux-mêmes , selon le mot de Thucydide : fcXoxoXoû^ fisx* eyTBksiaç , a nous aimons ce qui est beau sans ostentation ». — « Élevés, disait Nigrinus, dans la » philosophie et la pauvreté . il leur est désagréable de voir » qu'un des leurs ou un étranger veuille introduire de force parmi eux l'opulence fastueuse ; s'il leur vient quelque hôte x> qui ait ce désir, ils le corrigent tout doucement , et , en lui » faisant finement la leçon, ils l'amènent à changer de ma- » nières* .» — II y avait là de quoi séduire et charmer le goût discret et l'esprit délicat de Lucien. En outre,.^n jouissait dans Athènes d'une liberté qui n'existait nulle part ailleurs au même degré. Nul tracas , peu d'obligations incommodes , point de jalousies ni d'espionnages ; une franchise bienveillante dans les mœurs et un respect naturel de l'indépendance d'autrui '. Chacun y vivait à son gré , sans être inquiété par l'opinion. On y jouissait paisiblement d'un loisir intelligent que le goût des lettres et des arts embellissait. L'autorité impériale elle-même , bien que présente là comme partout , y devenait plus douce et plus libérale. La crainte du ridicule empêchait ses représentants de s'offenser des malins propos qui s'y donnaient libre cours ; et il arrivait même qu'atteints publiquement de quelque épigramme mordante , ils prenaient le bon parti d'en rire, comme tout le monde, parce qu'ils n'osaient pas s'en fâcher'. La hardiesse du langage, pourvu qu'elle fût tempérée par l'esprit , était donc estimée et approuvée là tout particulièrement. Or c'était précisément le genre de liberté qui convenait à Lucien , le seul , à vrai dire , dont il eût besoin , et celui qui devait le plus contribuer à l'essor de toutes ses facultés.

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