‹ Essai sur la vie et les œuvres de LucienChapitre 25 sur 140 · Ilennotime · texte numérisé non relu

Ilennotime

2. M. Fritzsclie {iMciamis, t. II, ?•" p., l*n»lé}jî., j>. xxxiv) a fait, reinanjiier qu'elle se rencontre chez Sextiis Kmpiricus, Adv. yeoni., 3, 10. Il est }>robable que celui-ci Tavait empruntée à ses prédécesseurs. On ])Ouvait donc l'entendre fréquemment dans les conversations philosophiques qui avaient lieu à Athènes tous les jours.

rel qu'il le soit également à regard de ses applications, a Tu rirais », dit Ménippe à un ami dans un de ses dialogues, a si je te faisais connaître les fanfaronnades de nos philosophes » et les merveilles qu'ils accomplissent en théorie. Le croirais- » tu ? eux qui marchent comme nous sur la terre, qui n'ont pas » la tête plus élevée que nous, ni les regards plus perçants , — » quelques-uns même ont la vue affaiblie par Tâge et par le » défaut d'exercice , — ne prétendent-ils pas distinguer les » limites du monde? Ils ont mesuré le tour du soleil, ils voyagent dans les espaces au-dessus de la lune , et comme s'ils 9 nous étaient tombés des astres, ils nous en décrivent les x> dimensions et les formes. Demandez-leur combien il y a de » stades d'Athènes à Mégare ? ils ne le sauront peut-être pas Y> exactement. Mais du soleil à la lune, ils affirment sans hésiter » qu'il y a tant et tant de coudées. L'épaisseur de l'atmo- D sphère, la profondeur de la mer, le tour de la terre, ils ont » tout mesuré. Ils tracent des cercles, ils dessinent des triangles » sur des carrés, ils construisent des sphères toutes bariolées. » Ils ont ainsi le ciel sous la main, et ils le mesurent sur »> l'original ^ » Ce n'est pas sans quelque surprise qu'on lit cela chez un écrivain de cette valeur, contemporain de Ptolémée.

Que l'on songe ici à Voltaire. Nous aurons à noter ailleurs des ressemblances entre Lucien et lui; mais, au point de vue où nous nous plaçons en ce moment, quelle différence entre ces deux esprits 1 L'un, ouvert à toute chose nouvelle, curieux de mathématique, de physique, d'astronomie, d'économie politique autant que de littérature, s'intéressant aux découvertes de Newton non moins qu'aux tragédies de Shakespeare, lisant tout sans prévention, appelant à lui toutes les connaissances, et par suite aussi pleinement éclairé que personne des lumières de son siècle ; l'autre, élevé dans l'école et finement attentif aux idées morales ou littéraires, mais décidé en même temps à n'en pas sortir, plein d'un mépris ironique pour un bon nombre

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