Banquet
« Il y avait là », nous dil-il dans le Banquet, « le vieux Zéno- » thémis du Portique, et avec lui Diphile, surnommé le Laby-- » rinthe. En fait de péripatéticiens, il y avait Cléodème ; tu sais » bien qui je veux dire, ce grand parleur, ce discuteur enragé, » celui que ses disciples appellent le glaive et la hache. L'épi- » curien Hermon y était aussi, et quand il entra, soudain les » stoïciens le regardèrent en dessous, puis ils se détournèrent de lui en affectant de le considérer avec autant d'horreur » qu'un parricide ou un sacrilège *. »
Un convive est particulièrement distingué des autres : c'est le platonicien Ion, a un homme d'un aspect imposant^ sem- » blableà un dieu, le visage plein de majesté. On l'appelle » communément la règle à cause de la rectitude infaillible de » ses jugements. A son entrée, tout le monde se leva, et chacun » lui fit accueil comme à un supérieur. C'était vraiment la » venue d'un dieu que cette arrivée du noble Ion *. »
Celui qui notait si bien les petites choses plaisantes et qui en tirait si bon parti n'était pas homme évidemment à négliger celles qui étaient graves. Laissons donc, bien qu'à regret, ces mille détails satiriques, et allons aux reproches essentiels. Ce que Lucien a le plus vivement et le plus fortement censuré chez les philosophes au point de vue moral, c'est la bassesse hypocrite, l'orgueil et l'impudence. Voyons quelles peintures il nous a laissées de chacun de ces vices.
Les philosophes dan» le monde. — La morale et la bonne chère. —
Dépendance vis-à-vis des riches.
Une des choses que la philosophie du second siècle affectait le plus, c'était l'indépendance. En se donnant publiquement comme philosophe , on se déclarait par là même affranchi de