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130 CHAPITRE QUATRIÉMB.
Banquet. Aristenète a invité à dîner les philosophes les plus renommés d'Alhènes : Etœmoclès a été omis. Au milieu du repas, survient un des esclaves du philosophe, porteur de la lettre en question. Aristenète Touvreet lit ce qui suit :
a Etœmoclès le philosophe à Aristenète, salut. — Quel » prix j^attache aux dîners en général , toute ma vie passée pour- » rait en témoigner. Assise chaque jour par les importunités » d^une foule de gens bien plus riches que toi, jamais je n'ai » cédé à leurs instances, sachant que les banquets sont des occa- )) sions de tumulte et d'ivresse. Mais cela ne fait pas que ta con- » duiteà mon égard soit moins blessante, quand aujourd'hui, » après la cour assidue que je n'ai cessé de te faire, je vois que » tu n'as pas daigné me compter au nombre de tes amis. Seul, » je suis exclu de ta faveur, bien que je me sois logé tout près » de chez toi. Au reste, si cela me fait de la peine, c'est pour » toi , àicause de l'ingratitude dont tu fais preuve. Quant à moi, » je ne mets pas mon bonheur dans une tranche de sanglier ou » de lièvre ni dans un morceau de pâtisserie ; ce sont là des » choses qui ne me manquent pas : je les trouve à satiété chez » d'autres personnes qui savent les convenances. La preuve en » est qu'aujourd'hui même, pouvant prendre part chez Pam- » menés , mon disciple, à un festin qui fut, dit-on, somptueux, » j'ai repoussé toutes ses prières ; je me réservais pour toi , » insensé que j'étais!... Et lu n'as pas même cette ressource » banale de t'excuser en disant que tu as oublié mon nom au D milieu de l'embarras des préparatifs ; non , car deux fois V aujourd'hui je t'ai adressé la parole tout exprès , ce matin » d'abord à quelques pas de chez toi et un peu plus tard dans le » temple des Dioscures pendant que tu sacrifiais. Au reste , j'ai » donné ordre à mon serviteur , en prévision du cas où tu vou- » drais lui faire prendre quelque morceau de sanglier ou de » chevreuil, ou delà galette, pour me l'apporter à titre de » dédommagement du dîner perdu, de ne pas s'en charger, afin » qu'on n'aille pas croire que je l'ai envoyé pour cela '. »