Id., j
m CHAPITRE CINQUIÉMB.
fiquc et souriante » ; il était accueillant , affable, dévoué à ses amis. Même , ce qu'on pourrait appeler les hautes vertus ne lui manquait pas ; au lieu de restreindre ses affections à quelques-uns , il les ouvrait largement à tous. Il se plaisait i consoler, à pacifier et à faire le bien. Lucien n'a pas omis cela , mais il ne semble pas , à vrai dire, y attacher une importance particulière. C'est une observation jetée en passant , un éloge qui s'ajoute aux autres, ce n'est nullement dans sa pensée l'explication fondamentale qui fait comprendre tout le reste. Et cependant, si l'on y réfléchit, tout est là. Démonax a-t-il eu un but dans ses actions? A*t-il dirigé sa vie et ses sentiments vers quelque chose de fixe ; ou bien a-t-il obéi simplement à son instinct qui le portait vers la douceur et vers la paix ? Dans le premier cas , c'est un modèle à proposer ; dans le second , ce n'est qu'une heureuse et bonne nature qui a charmé le monde quelque temps. Ainsi posée , la question ne me parait pas pouvoir susciter de doutes. En fait, il n'y a pas plus d'idéal moral nettement défini dans la biographie de Démonax que dans toutes les autres œuvres précédemment énumérées; et s'il n'y en a pas, c'est que Lucien lui-même n'a jamais songé sérieusement à déterminer le sien.