Double accusation f
Présomplion impudente, dit Lucien, dédain affecté du public. Polémon de Smyrne, nous dit Philostrate, venant parler à Athènes pour la première fois, débuta ainsi : a On dit, Athé- » niens, que vous êtes connaisseurs en fait d'éloquence ; je vais » m'en assurer*. »
Que ne pouvait l'audace sur un public qui se laissait dire de pareilles choses sans protester ? Adrien de Tyr venait d'être nommé professeur d'éloquence à Athènes ; il commença ainsi son discours : a Voici que les lettres, pour la seconde fois, vous » viennent de Phénicie *. »
Violence des gestes, pantomime ridicule et exagérée. Écoutons encore le témoignage des contemporains à propos de ce même Polémon : a Hérode », dit Philostrate, a rapporte que Polé- » mon bondissait sur son siège dans les moments pathétiques, » tant il y avait en lui d'élan,... et parfois il frappait du pied » la terre avec non moins de force que le coursier dont parle » Homère ^.» Les traits semblables ne sont pas rares : « Alexan- » dre de Séleucie remporta le prix un jour en traitant ce sujet : » Discours d'un homme qui conseille aux Scythes de revenir à x> la vie nomade , après qu'ils se sont mal trouvés , pour leur » santé, de l'habitation d'une ville. Il réfléchit un instant, puis » tout-à-coup s'élança de son siège , le visage illuminé par la » joie, comme pour annoncer à ses auditeurs la bonne nou- » velle du discours qu'il avait dans l'esprit *. »
Luxe de la toilette, faste extérieur propre à éblouir les auditeurs naïfs. « Adrien de Tyr déploya le plus grand faste dans » sa chaire d'Athènes. Il portait toujours un vêtement précieux » et des pierreries admirables. Lorsqu'il venait à son école , il était monté sur un char que traînaient des chevaux au » mors d'argent ». »