‹ Essai sur la vie et les œuvres de LucienChapitre 98 sur 140 · I. Maitri' de rhétorique , H · texte numérisé non relu

I. Maitri' de rhétorique , H

Il est à remarquer que bien loin de la revendiquer lui-même lorsqu'il pourrait le faire , il a grand soin au contraire de déclarer en toute occasion qu'il n'y prétend nullement*. Je ne crois pas que nous devions prendre cela pour une simple formule de modestie ni pour Tartifice d'un sophiste qui aimerait à laisser croire qu'il sait sans avoir appris. En réalité, je ne vois rien dans tout ce qu'il a écrit qui permette de lui attribuer ni une érudition spéciale en fait d'histoire de l'art, ni des connaissances techniques dépassant celles de la moyenne des hommes instruits. Il ne faut pas oublier qu'en ce temps un esprit cultivé possédait nécessairement une certaine somme de notions sur les artistes célèbres et sur leurs relations mutuelles. Quintilien, dans son douzième livre, nous donne incidemment une sorte d'esquisse abrégée des progrès ou des changements de la sculpture grecque ; on ne doit pas en conclure que l'auteur de l Institution oratoire fut un archéologue expert ; il savait seulement ce que les gens bien élevés ne pouvaient pas ignorer. Tout me porte à croire qu'il en était absolument de même de Lucien.

Par suite, il serait de peu d'intérêt, à mon avis, de relever en détail les allusions qu'il a pu faire aux artistes anciens et à leurs œuvres les plus connues. De tels jugements ont un grand prix pour l'archéologue qui trouve son profit à les interroger minutieusement comme d'instructifs témoignages; mais il s'agit ici du goût de Lucien et de sa sensibilité artistique ; or des jugements traditionnels ne nous apprendraient rien à cet égard. Les passages auxquels nous devons nous attacher sont donc uniquement ceux où nous sentons des impressions vives, et où l'originalité de l'auteur éclate dans la formequ'il donne à ses sentiments.

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