RONSARD ET LES HUGUENOTS. — RONSARD A-T-IL ETE PRÊTRE
En parlant de la gloire de Ronsard, cl de réclal immense de sa renommée, nous nous sommes laissé entraîner par les faits qui se rattachent à ce sujet, et nous avons abandonné l'ordre chronologique; revenant maintenant sur nos pas, nous devons retourner, des premières années du règne de Henri HI à l'année 1563, qui fut l'une des plus agitées de l'existence de Ronsard. Nous avons, en effet, nécessairement à parler de ses rapports avec les Huguenots, et, sinon à résoudre, au moins à poser l'importanle question suivante : Ronsard a-l-il été, ou non, dans les ordres?
Que Ronsard, au milieu de sa vie de plaisir, ait, au fond du cœur, conservé pour l'Église romaine un sincère attachement; que l'esprit critique du seizième siècle n'ait eu que peu de prise sur lui, c'est
un point qui nous paraît hors de doute. Foëte passionné, erotique même, élégant dans une des cours les plus élégantes de la France, né dans une époque corrompue, Ronsard a pu, pendant un certain temps, oublier les préceptes de l'Eglise; il n'en a jamais méconnu les dogmes. Païen par l'esprit, comme la plupart des hommes éminents du seizième siècle, il n'a jamais cessé d'èlre chrétien dans le fond de son cœur. Il n'appartient même pas au groupe intermédiaire entre leCalholicisme et la Réforme qui, sans se rallier ouvertement à cette dernière, s'élevait avec une haute énergie contre le luxe et le relâchement du clergé. S'il adresse aux évêques des reproches assez vifs, dans sa Remontrance au peuple de France, on ne peut nier qu'il ne le fasse avec un respect qni diffère singulièrement du ton habituel des Réformés :
0 vous, doctes prélasts, poussez du Saint-Esprit,
Qui estes assemblez au nom de Jésus-Christ,
Et taschez sainctement, par une voye utile,
De conduire l'Eglise à l'accord d'un concile ;
Vous-mesmes, les premiers, prélasts, rétbrmez-vous...
Et, comme vrais pasteurs, faites la guerre aux loups ;
Otez l'ambition, la richesse excessive ;
Arrachez de vos cœurs la jeunesse lascive ;
Soyez. sobres à table, et sobres en propos ;
De vos troupeaux soumis, cherchez-moi le repos.
Non, le vôtre, prélast ; car votre vray office
IlsI prescher, lemonslrer et eliastier le vice... Si de nous réformer, vous avez quelque envie Réformez, les premiers, vos biens et votre vie. Et alors, le troupeau qui dessous vous vivra. Réformé comme vous, de bon cœur vous suivra.
Parfois même, il est plits sévère encore; il va jusqu'à dire aux réforma leurs :
Si vous eussiez esté simples comme devant.
Sans aller les faveurs des princes poursuyvant.
Si vous n'eussiez parlé que d'amender l'Église
Que d'oster les abus de l'avare prêtrise,
Je vous eusse suivi et n'eusse pas esté
Le moindre des suivans qui vous ont escouté.
Dans un moment de scepticisme et, probablement d'ennui, il donne ce conseil assez peu orthodoxe :
Ne romps ton tranquille repos Pour papaux, ni pour liugnenols, Ny amy d'eux ny adversaire.
Mais, à part ce passage, Tatlitude du poëte, en face de la Réforme, est toujours netle et franche. Dès les premiers troubles qu'elle occasionne, dès le lumiille d'Auiboise, il s'élève contre elle avec une hauleur et une élo(juence qu'il a rarement rencon- Irées et qu'il n'a jamais sur|)assées '.
' Discours (1rs wisrres de rr temps, ib^^7^.
Quel beau tableau de la situation dv la France il présente dans ce passage :
Le frère factieux s'arme contre son frère,
La sœur contre la sœur, et les cousins germains,
Au sang de leurs cousins veulent tremper leurs mains.
Les enfants sans raison disputent de la fov
Et tout à l'abandon va sans ordre et sans loy;
On fait des lieux sacrés une horrible voirie,
Une grange, une étable et une porcherie
Si bien que Dieu n'est seur en sa propre maison ;
Au ciel est renvolée et justice et raison,
Et en leur place, hélas ! règne le brigandage.
On sait que le seizième siècle ne fut pas le temps des discussionsbienveillan (es et des polémiques courtoises. Vivement attaqués par Ronsard, les calvinistes ne se tinrent pas pour bal lus, et lui répondirent avec une violence qui dépasse toutes les bornes. Ronsard, dans cette polémique, eut à lutter contre trois adversaires qui se cachaient sous les noms de Zamariel, de Montdieu et de F. de la Baronie. L'opinion la plus généralement accréditée est que ces pseudonymes servaient de voiles au ministre Chandieu, à Florent Chrestien et à l'un des meilleurs amis de Ronsard, Jacques Grévin, avec lequel il s'était brouillé. Suivant quelques uns, Zamariel et Montdieu ne feraient qu'un seul, et même personnage. Lammonoye suppose que
ce sérail Montméja qui aurait pris le nom de Monldieu^ ; la question est au moins douteuse. Garnier, dans ses commentaires, se refuse à les nommer : « J'en tairay le nom, dit-il, parce que l'un d'eux est bien mort en la foy de la vraye église et que les enfants de l'autre vivent. »
Ce qui distingue avant tout, ces pièces, c'est la violence des invectives et l'absence de goût, tant dans le fond que dans la forme.
C'est d'abord : la Réponse aux calomnies contenues au discours et suite du discours des misères du temps, faites par P. de Ronsard, jadis poète et maintenant prêtre. La première, par A. Zamariel; les deux autres, par B. de Mondieu, oii est aussi contenue la métamorphose de Ronsard en prêtre.
Puis viennent les pièces suivantes : Seconde réponse de La Baronie à messire L^. de Ronsard, prêtre (jcntilhomme vendômois, futur écêque; plus, le temple de Ronsard.
Apologie ou défense d'un homme de bien, pour imposer silence aux sottes répréhensions de M. P. de Ronsard, soy disant non-seulement poète, mais maître des poêla str es.
Palinodie de P. de Ronsard sur ses discours des misères de ce temps.
' J;i, cil lit'ln'eii, signifie Dieu, el il ;iur;iil i'i|uivo(|ué sur la lin de son iiiiiii. Kil. cl/év., loiiie VIII, p. !)).
lieniuiistranccs à P. de, Ronsard, 1577, en cers.
RonsarJ, piqué au vif, malgré son apparent dé- (.lain pour les allaques do ses adversaii'es, publie, après le Discours des misères de ce temps , la Remontrance au peuple de France , dont une édition est de 1565; l'autre de 1564 ; et sa belle Réponse aux injures et calomnies de je iiescny quel prédicanler eau elminislr eau de Genève. Enfin, les Irois pièces paraissent ensemble, accompagnées d'une épUrey par laquelle le poëte répond succinctement à ses caloniiiialeurs.
Colleiet, parlant du temple di3 Ronsard, dont l'auteur est Florent CIncstien, y Irouve : « des traits piquants et des doctes railleries à irriler la patience même et à divertir les lecteurs qui se plaisent à la liberté de la satire. » Le bon Colleiet ne se montre guère difficile ; car la raillerie y est à la fois plate et violente, sans un atome de sel attique ou gaulois. Que l'on en juge par quelques fiagments :
Ronsard, je suis iiiarry puni' llioiiucur que je doy A la religion, aux nuises et an loy.
Que Ui n'as discamn en pins granJ'iévérence De Dieu et de la loy el de noire espérance, One In nas employé la majesté des vers l'onr parler anlremenl des mystères converts, One In nas en égard qne le sang de nos princes Ksi dcscendn des roys, seigneurs de nos provinces.
Je ii'ay pas loulcfois, en ces vers, entrepris D'escrimer contre toy ponr emporter le prix ; Je veux tant seulement, puisque tu as envie D'être connu de tous, discourir de ta vie, Afin qn'aitrcs ta mort on prêche ton renom, l]n jour que l'on fera leste de ton sainct nom ; Car tu mérites bien que le jiape te donne Place au calendrier, et que, pour loy, l'on sonne Le plus haut carillon, t'étanl mis en pourpoint Pour défendre le pape, en qui tu ne crois point. Ceux-là qui, en ce jour, feront pèlerinage En ton temple sacré, verront un grand image Au |)lus haut de l'autel, et au-dessous à part, Escrit, en lettres d'or : Monseigneur saint Ronsard!
Puis, commence, sous une forme allégorique, rénumération des griefs des Calvinistes contre Ronsard , énumcration qui, dans toutes ces pièces, est toujours In même et peut se réduire à trois chefs :
Ronsard est athée. — 11 mène une vie licencieuse. — 11 e^t piètre.
Ronsard ne so laisse pas abattre et répond avec dédain aux insultes dont il est l'objet. Nous parlerons ailleurs (chap. de la Satire), de la Urpoiiscâ quehiue ministre où, dans un langage méprisant, il dit (ju'il lui r('pugne d'entrer en lice avec un si faible adversaire, cl se |)l:iiiil de ne pouvoir au moins lutter avec Théodore de Rè/e, Ce n'est pas,
copcndanl , qu'il professe une grande estime pour ce dernier, qu'il est allé un jour entendre prêcher
au faubourg Saint- Marceau.
...rien en mon cerveau n'entra de sa doctrine; Je m'en retonrnay franc comme j'étais vcnn, Et ne vis senlement que son grand Iront chenu Et sa barbe fourcbue el ses mains renversées, Qui promeltoient le ciel aux troupes amassées.
Il condescend, né.aimoins, à entrer en explications avec le pn'dicantereau , et à le convaincre d'imposture :
Toutefois, bresveiiienl, il me plait de répoudre, A quelqu'un de tes points, faciles à confondre.
Il n'a pas de peine à se justifier du reproche d'athéisme.
Quant à la question du sacrifice d'Arcueil, nous avons cité les vers qu'il y consacra, el il fallait être d'une mauvaise foi bien insigne pour y voir autre chose qu'une innocente plaisanterie.
Il lui est plus difficile de se disculper complètement du reproche que lui font ses ennemis de mener une vie déréglée; aussi essaie-t-il de déplacer la question, en reprochant au ministre son manque de
cliarité cl en lui jelaiil à la lùlo le niènic j'cproL-lie :
Car, que sorl-il du sac? cela tloiil il est ]tl('iii; Toujoiii's le voleur pense à la déjuniille prise, El toujours le paillard ()arle de jiaillardise.
Nous ne croyons pas devoir insister davantage sur ce sujet, ni transcrire les injures de ce genre, échangc'cs parles adversaires'.
Enfin, Taccusateur lui fait un leproclie d'être prêtre. Ronsard lui donne un démenti ("ornicl :
Or sus, mou l'rère eu Christ, tu dis que je suis prestrc? J'allesle rÉIernel que je le voudrois estrc.
Puis, dans un magnifique langage, à la fois sobre et ferme, il décrit son genre de vie, où les critiques les plus sévères ne peuvent licn avoir à reprendre et dont il s'enorgueillit, quand il le compare à celui du ))rédicaiit :
lia! cpii voudi'oit, cafard, inloriuer de la vie. Ou vcrroil que riiouneur, l'audiitiou, l'envie, l/orj^ueil, la cruauté se logent à lentoin' De Ion c<eur ulcéré.
Nous nous sommes arrêtés devant le Temple de
' Vdir S;iiiilc-l!(Miv(', lablraii de lu /.ofalc fidiiriiisc (tu scilicinc sihlr.
— loi — Ronsard cl la réponse qu'il moliva, parce qu'il nous semble que ce sont ces deux pièces qui rendent le mieux compte des griefs des Huguenols et des arguments allégués par Ronsard pour sa défense. C'esl, d'une pari, la sa (ire dans laquelle le poëte est le plus vivement attaqué ; de l'autre, celle dans la quelle il répond le plus catégoriquement ^
li serait trop long et même inutile, au point de vue où nous nous plaçons, ne voulant que suivre d'aussi près que possible la vie de Ronsard, de donner, de toutes ces pièces, une analyse détaillée. — [lu résumé, pour tout esprit impartial, Ronsard eut les bonncurs de la guerre. — Poëte, il conserva toujours une indiscutable supériorité; car, nous l'avons déjà dit, nous préférons les Discours des misères de ce temps aux odes et aux sonnets ; liomme de bonne compagnie, il ne descendit pas le premier aux invectives grossières, et ne s'en servit que pour combattre à armes égales. Enfin, catholique, il défendit si bien les intérêts de la religion que la reine Catherine, le roi Charles IX et Pie V lui en firent des remercîments publics.
Voici comment Duperron résume, dans son oraison funèbre, ces longs et violents débals :
«■ Le grand Ronsard, prenant en main les armes
* I^oiir li'S antres, nous renvoyons le leclcur à h Famille de lîonsanl, p. 155, et à fédit. clzév., t. Vil, p. 58,
dosa profession, c'est-à-dire la plume et le papier, aliii de combattre les nouveaux écrivains, s'ayda à propos d'une science propliane comme la sienne pour la défense de l'Eglise el apporta si heureusement les richesses et les trésors d'Egypte en la terre Saincte, que l'on reconnut incontinent que toute la douceur et l'élégance des lettres n'estoient })as de leur côté, comme ils prétendoient. Au mesme temps, donc, les voilà qui le prennent à partie en son propre et privé nom, se jetant sur lui tous ensemble, comme si \a cause de l'Eglise et la sienne eussent été inséparablement conjoinctes; mais il les défendit si glorieusement l'une et l'autre qu'ils demeurèrent confus el esmerveillez, et n'eurent plus ny voix ny plume pour répliquer. Dont, outre le gré que la France lui en sçeut et l'honneur, accompagné de libéralités que le roy qui était lors, et la royne, sa mère, lui firent en cette considération ; encore même le pape Pic Y eut la générosité de le remercier par escrit, et de tcsmoigner solennellement les bons et utiles services que l'Eglise avait reçeus de luy; ce qui acheva de l'encourager à prendre l'habit et la profession ecclésiastique, à laquelle il y avait déjà longtemps que ses amis l'exhorloient. »
Ces derniers mots nous amènent loiil naturelle- ?nent à examiner si Ronsard (comme on lui en a lait un reproche) a léellement été jirètie.
D'îlbord, il a été dans les ordres, ceci ne peut pas faire un doute; il l'a dit lui-même avec orgueil, et il est entré dans le détail de ses fonctions :
Mais quand je suis aux lieux où il faut faire voir D'un cœur clévoticux l'office et le devoir, Lors je suis de l'Église une colonne ferme; D'un surpelis onde les épaules je m'arme D'une haumussele bras, d'une escharpe le dos,.... Je ne perds un moment des prières divines ; Dès la pointe du jour je m'en vais à matines, w.. Bref, depuis le matin jusqu'au retour du soir, Nous clianlons du Seigneur, louanges et cantiques, Et prions Dieu pour vous, qui estes héréliques.
Ces paroles de Ronsard sont catégoriques; il a été diacre et fort régulier dans son service. Où exerçait-il ces fonctions? C'est ce qu'il est assez difficile de déterminer. EvidemmenI, il n'était pas encore titulaire des prieurés de Croix-Val et de Bellozane. Garnier dit, dans ses Commentaires, qu'il était archidiacre du Mans. Nous n'avons, pour notre part, aucun motif de révoquer en doute cette assertion .
Théodore de Bèze, le premier, prétendit que Ronsard avait été prêtre; au livre Vil de son Histoire ecclésiastique, il rapporte que Ronsard aurait massacré, avec quelques soldats, plusieurs réformés dans la plaine de Couture. « S'élant fait prêtre,
dii-il, il voiiliil se mèlcr en ces comhals avec ses compagnons, el, pour cet. cO'el, nyanl assemblé quelques soldats en un village nommé Evaillé, dont il éloit curé, fit plusieurs courses avec pilleries et meurtre. »
Le chef du parti calviniste, n'est pas seul îi rapporter ce fait, Sponde {Annalea ccclésiastigues) dit que la noblesse choisit Ronsjird pour son chel", et qu'il fit un grand mal aux profanateurs des églises. Varillas, auteur de VHistoire de Charles IX, rapporte que Ronsard disait, à ce sujet, que, n'ayant pu protéger ses paroissiens avec les clefs de saint Pierre, il lui avait bien fallu prendre l'épéetle saint PauP.
Si Ronsard alla jusqu'à la violence physique contre les huguenots, convenons que les procédés de CCS derniers envers lui n'étaient pas meilleurs, il (lit formellement, dans la Ucmontrance au peuple de France, (pi'il fut un jour assailli par eux et (pTil courut de grands dangers :
Je sçay qu'ils sont cruels el tyrans iuliuuiiiius ; iXaguères le hou Dieu me sauva ilc leurs mains. Après m'avoir tire cinq coups de liarqucjjuse ; Kncore il n'a voulu perdre ma pauvre Muse. Je vis eucor, lecteur, cl ce bien je rcçoy Par un miracle grand que Dieu fil dcssur inov.
' Voir, sur ce siij(;l, i;i vie de lioiisiiid. (hiiis i'ril. clzoviiioiiiu'.
Il est dit aussi, dans V Histoire de De Thon, que Ronsard avait accepté la cure d'Evaillé, et qu'à la te(e de sa paroisse, il courut sus aux hérétiques.
La cure d'Evaillé a élé occupée par un membre de la famille de Ronsard, le fait est certain; mais on n'avait eu, jusqu'ici, de données positives que sur un frère aîné du poêle, Charles, qui, en 1555, permulail et passait du prieuré de Rrulon à la cure d'Evaillé. Il semblait donc que la question était définitivement résolue, et que la plupart des historiens avaient commis une erreur, assez excusable du reste, en prenant l'un des deux frères pour Tau- Ire, lorsqu'un document est venu appoilcr, sur ce point, une nouvelle lumière : c'est une transaction postéiieure de deux ans à la permutation de Charles de Ronsard (1557), entre l'abbé de Saint-Calais et le curé d'Evaillé. Ce tilre est trop important pour que nous n'en citions pas la partie essentielle :
« Saichenl tous, présents et advenir, que eu la court du roy n'" sire, du Mans, ont, })ar devant
nous, Charles Lamoignon comparu le révérend
père en Dieu, M"" M"' Nicolas Tibaut, père abbé commendataire de l'abbaye dudit Saint-Kalès, diocèse du Mans, d'une part, et noble homme M'"'' Pierre de Ronsard^ curé, baron de la cure et église parochialle de Saint-Martin d'Evaillé, »
(iTike à ce précieux document, on peut considé-
rer le débat comme clos. Ronsard fut positivement dans les ordres et succéda à son frère dans la possession du titre de curé d'Evaillé; mais il ne reçut pas la prêtrise; car, n'oublions pas que si la transaction, dont nous venons de parler, est de 1557, la lutte de Ronsard avec les huguenots est de 1565, époque à laquelle le poëte affirme positivement n'être que dans les ordres mineurs, ne pas èlre prêtre, mais s'acquitter seulement des fonctions de diacre.
Ainsi peut s'expliquer cette longue discussion, dans laquelle chacun avait tort et raison, puisque Ronsard, d'un côté, portait réellement le titre de curéet devait, par conséquent, être considéré comme prêtre, tandis que, de l'autre, il n'en avait pns le caractère et n'en exerçait pas les fonctions.