OUVRAGES EN PROSE DE PASQUIER
1° Éditions du Monophile, des Colloques d'amour et Lettres amoureuses.
Le Monophile, ou seul-aimant, en deux livres, à Paris, in-8" , chez Vincent Sertenas, 1554.
Le Monophile fut réimprimé dès l'année suivante, dans un recueil de Pasquier ayant pour titre Rimes et proses.
Le Monopihile, avec quelques autres œuvres d'amour, par Etienne Pasquier; Paris , petit in-8°, 15G7, 147 pages. (Ce volume est indique sur le frontispice comme ayant paru chez Vincent Normant et Jeanne Bruncau ; et cependant le privilège est concédé à Vincent Sertenas.)
Après le Monophile on trouve dans celte édition les Colloques d'amour, les Lettres amoureuses et une autre pièce, adressée « à la mienne aimée ».
Les Lettres amoureuses ont aussi été publiées, nous dit Colletet, avec celles de Parabosc ; détail qu'il a emprunté lui-même aux lettres de Pasquier, VI, 4 : « Naguère feuilletant quelques livres, en la boutique de l'Angelier, je trouvai qu'on avait fait réimprimer mes épitres amoureuses avec celles de Paraboseo , Italien (Litière amorose, libri quattro), et,' qui plus est, que l'on avait mis mon nom, contre ma volonté. »
Pasquier parle de plus dans ses Recherches , VII ,11, d'une autre édition du Monophile, en rappelant « ses oeuvres poétiques, qui en 1578 étaient ajoutées au bout de son Monophile. »
La Croix du Maine, dans sa Bibliothèque, qui parnl chez l'Angelier, a Paris, in-folio, 1^84, dit de ce Discours en prose sur rameur
qu'il a été déjà « imprimé à Paris par doux ou trois fois. » On a déjà compté quatre éditions. Du Verdier, dans sa Bibliothèque ( in folio, Lyon, 1583), signale ces deux livres comme « contenant maints beaux, agréables et élégants discours sur le sujet de l'amour », et cite du premier livre un fragment assez étendu.
Le Monophile a encore été réimprimé en 1610, dans le volume intitulé « La jeunesse de Pasquier ».
2° Éditions des Ordonnances d'amour et de plusieurs autres
opuscules.
Ordonnances générales d'amour, envoyées au seigneur baron de Myrlingues, chancelier des îleslïyères, pour faire étroitement garder par les vassaux dudit seigneur, en sa juridiction de la Pierre-au-Lait ; imprimé à Vallezergues (au Mans), par l'autorité du prince d'amour, 15Gï, petit in-8° de 12 feuillets '.
Une deuxième édition de ces Ordonnances a été donnée en 1574 ; seulement après Pierre-au-Lait, on lit : et autres lieux de l'obéissance dudit seigneur; et ensuite, en Anvers, chez Pierre l'rbert, in-8°2.
II y en a aussi une édition portant le même millésime et in-lG.
Enfin sur les catalogues de la Bibliothèque nationale (Supplément Y 2, romans) figure encore une autre édition des Ordonnances d'amour; Paris, J. Sara, 1618 : il est vrai que la Bibliothèque ne possède en réalité ni celle-ci ni les précédentes.
Les trois premières indications sont fournies parBrunet, Manuel du Libraire, nouvelle édition , t. III, page-644 ; cf. le Dictionnaire des Anonymes de Barbier, t. II, page 524. Quant à ces éditions ellesmêmes, on peut dire qu'elles sont à peu près introuvables. La Croix du Maine, dans sa Bibliothèque, signale aussi les Ordonnances d'amour comme « imprimées au Mans et en autres lieux sous noms dissimulés». Il parle en outre d'une autre facétie du même auteur, dont il n'est question que là, « du vingt-sixième arrêt d'amour, » qui parut, à ce qu'il rapporte, chez l'Angelier, en 1582.
1 Feller, qui, dans son Dictionnaire ceux qui prendront la peine de la lire hlstotique, traite assez mal Pasquier, s'assureront qu'elle n'est que joviale, appelle les Ordonnances d'amour « une 2 Selon La Monnoie, voy. ses notes pièce obscène, remplie d'expressions sur la Bibliothèque de La Croix dn dont on rougirait même dans les mai- Maine, au nom de Pasquier, l'i m pressons de débauche ». J'avoue ingénu- sion eut lieu non à Anvers, mais au ment que je n'ai point aperçu ces énor- Mans, ruiiés. Quoi qu'on ait dit de cette pièce,
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Pasquier, dans ses Lettres , II, 5, reconnaît qu'il est l'auteur des Ordonnances. Elles ont été réimprimées dans un recueil publié chez Techcner, de 1830 à 1837, ayant pour titre Joijcusetez, facéties et folâtres imaginations, de Carême Prenant, Gauthier Garguille, etc., 16 \oluines in-10. Cet ouvrage, qui reproduit avec une exactitude scrupuleuse les inventions joviales dont se sont égayés nos pères aux quinzième et seizième siècles, ainsi qu'au commencement du dix.- septième, telles que « les quinze joies du mariage », « la fleur des chansons nouvelles », « les moyens d'éviter mélancolie », etc., n'a été tiré qu'à cent soixante-seize exemplaires, et seulement pour les souscripteurs. Les Ordonnances d'amour ont paru en 1833 dans le volume qui contient le Valet à tout faire, le Dialogue du fou et du sage, le Privilège des enfants sans souci, etc. Après un Avis des trois bibliophiles, où l'on dit « que ces Ordonnances, plus que grivoises, sont échappées à la plume du savant auteur des Recherches sur la France, Etienne Pasquier », on trouve le frontispice suivant :
Ordonnances générales d'amour, envoyées au seigneur baron de Mvrlingucs , chancelier des îles Hyèrcs, pour faire étroitement garder par les vassaux dudit seigneur, en la juridiction de la Pierre-au-Lait , et autres lieux de l'obéissance dudit seigneur, en Anvers, par Pierre Uïbert, 1574. Il y a en tout 38 pages. L'original avait été acheté dans une vente publique à Londres par M. Techencr, vers la fin de 1828 : il ne le possède plus.
Quelques mots de la fin feront connaître le ton de cette facétie :
« Donné à notre cbâteau de Plaisance, près Beauté ; ainsi signé , Genius ; et au-dessous, par le vicaire et lieutenant général d'amour, étant en son conseil privé, Clopinel ; et scellé du grand scel de cire verte avec un las d'amour; lues , publiées et enregistrées , ce requérant les gens d'amour, et enfin fait en la ville de Cognac aux grands arrêts, prononcés en robe rouge ', ta veille de la solennité des Rois, l'an 1564. »
Exhortation aux princes et seigneurs du conseil privé du roi, pour obrier aux séditions qui semblent nous menacer pour le fait delà religion, 15G1, 27 feuillets, petit in- 8°; on lit à la fin Sr P. P. faciebat2. Pasquier n'a, comme on le voit, signé ce discours que de ses initiales.
1 Le parlement prononçait en robe de du \ air an recueil « d'arrêts prorouge les arrêts les plus importants, nonces en robe rouge ». qui devenaient ensuite comme autant 2 .J'ai trouvé cette édition à la l'ode règles pour notre jurisprudence : bliothèqne du Louvre : je ne sache pas \c\. llnterp. des Inslitutes , 11,B-1, 87, qu'elle existe dans aucun autre dépôt et passim. On trouve dans les Œuvres public à Paris.
Celte édition n'est pas toutefois la première, d'après l'avis suivant rju'oo lit sur le frontispice : « Celte exhortation est tirée de la vraie minute de l'auteur, laquelle a été falsifiée et corrompue par toutes les autres impressions. »
Voici la préface ' qui confirme cette assertion : « Je ne me promettais point , dit l'écrivain au lecteur, lorsque je bâtis celte harangue , qu'elle dût être exposée aux oreilles de tout le peuple , ains seulement la dressais en intention d'administrer mémoires à ceux qui étaient appelés à ce général pourparler qui a été tenu dans Paris pour la police de notre religion. Toutefois, je ne sais comment ce discours tombant d'une main à autre, il est advenu que quelque personnage curieux en a soustrait une copie, qu'il a l'ait depuis imprimer en une ville lointaine. La fortune a voulu que les premiers imprimeurs en aient envoyé quelques exemplaires sous main dans Paris , qui ont été si gracieusement recueillis que des libraires parisiens en ont fait aussi imprimer un assez grand nombre : tellement qu'à ce que j'entends il y en a deux ou trois impressions qui ont élé faites à mon désçu. »
II se plaint ensuite « qu'on ait altéré , corrompu et dépravé à tel point les mots et les sentences, qu'en les lisant il les reconnaissait à peine lui-même. Enfin on a perverti d'une même main , ajoute-t-il, « et la grâce et le bon sens ». Par l'impression présente il veut donc amender toutes les fautes des premières, refusant « de porter la tare de l'ignorance d'autrui ».
Ce n'est pas non p!us la dernière édition, puisque Feller, dans son Dictionnaire historique, au nom de Pasquier, en cite une autre de 1562, qu'il dit être notée « dans le nouveau père Lelong, sous Je n° 17,838 2 ». Pasquier, qui n'y inscrit pas son nom , « s'est indiqué, ajoute celui-ci, h la fin de cet écrit par ces lettres : S. P. P. faeiebat. Dans l'exemplaire de Pithou elles sont ainsi remplies de sa main : Stepbanus Paschasius Parisinus. »
Ce morceau a d'ailleurs été inséré, depuis, dans le recueil connu sous le titre de Mémoires de Coudé, Londres, 1743, 6 vol. in-4°, t. II, p. 013 et suiv. L'éditeur a place cette note au début du dis-
1 Elle n'a pas élé réimprimée , avec cette édition de 1 562 : il remarque « que
le discours, daus les Mémoires de la Bibliothèque du P. Lelong ne nomme
l'nr.dr : voy. plus bas. pas l'auteur, mais que dans le nouveau
* Barbier, dans son Dictionnaire des Dictionnaire historique, Caen, 1~8.J,
ouvrages anonymes et pseudonymes, in^8% t. VI, on voit que c'est Pasquier. » 2e édit,, signale autsi, t. 1, p. 4803
cours : « L'auteur, qui était apparemment un particulier, a donné cette pièce comme si c'était un discours prononcé dans le conseil extraordinaire tenu à Saint-Germain en Laye, le 17 janvier 1501 par ira de ceux que le roi y appela. » Mais l'éditeur n'a pas su qu<» ce morceau était de Pasquier; on voit aussi qu'il n'a pas été bien instruit de l'occasion qui lui avait donné naissance. En effet, les princes auxquels s'adresse Pasquier ne se réunirent pas à Saint-Germain en Laye , mais à Paris, ainsi que nous l'apprend la préface. Le but de l'écrivain est de les éclairer sur la conduite qu'ils doivent tenir.
Congratulation au roi sur sa victoire et heureux succès contre l'étranger, par Etienne Pasquier ; Paris, chez Abel l'Angelier, 1588» in-8°'.
Plaidoyer de Pasquier pour l Université de Paris contre les Jésuites; chez l'Angelier, 1594, in-8J2.
Dans l'année 1594 fut imprimé aussi à Melun le Manifeste sur l'assassinat commis par Barrière, composé par Pasquier, d'après l'ordre de Henri IV, et qu'il a reproduit en partie dans son Çalè- (hisme des Jésuites; voy. ce dernier ouvrage, III , G : « 11 n'en donne que l'extrait, dont un sien ami lui a fait part et qu'il a par devers lui. » L'édition originale du Manifeste, mentionnée dans cet endroit du Catéchisme, ne se retrouve pas : on n'en rencontre pas même l'indication dans les Bibliograjriiies.
3° Éditions des Recherches, du Pourparlcr du Prince et de quelques autres morceaux, imprimés avec les Recherches.
Les Recherches de la France , livre premier; plus, un Pourparlcr du Prince, le tout par Etienne Pasquier, «avocat en la cour du parlement de Paris; Paris, 15G0, avec privilège, chez Jean Longis et Robert leMagnier, petit in-8° de 101 pages.
(Ce premier livre contient quinze chapitres, c'est-à-dire tout aidant que les dernières éditions.)
Second livre des Recherches de la France; Lyon, in-4°, Claude Senneton, 150j. (Je lis cependant au commencement du ch. 14
'Ce petit volume, de 64 pages se un second plaidoyer contre lesjésui-
trouve à la Bibliothèque du Louvre : tes : en cela ils sont trompés par le
il est très-rare. titre de la lettre 2e du liv. XXI. Pas-
■; Il se trouve à la Bibliothèque natio- quier, après 1565, écrivit plusieurs fois
ii, île et a la mn/.a ri ne. C'est à tort que. sans doute, mais il ne plaida plus
quelques-uns attribuent à Pasquier contre les jésuites.
212 kPPEN DlC E.
du liv. II : « Ce second livre fut premièrement imprimé en Fan lbê7,
depuis augmenté selon la diversité des impressions, et maintenant, en eette année 1615, je lui donnerai ee chapitre par forme <l<1 nouvel appentis. » Cette phrase renferme, je crois, une fausse dite. Ces inadvertances sont fréquentes dans notre auteur. Au liv. 111 des Recherches, ch. 45 et dernier, il est dit, aussi fautivement, que ce deuxième livre parut en 1562.
Les Recherches de la France, livres premier et second ; plus , un Poiirparlcr du Prince, le tout par Etienne Pasquier, avocat, etc., Simon Calvarin , 15C9, in-10 , 240 pages, avec une table.
Les Recherches de la France , livres premier et second ; plus , un Pourparler du Prince, et quelques dialogues, le tout par Etienne Pasquier, avocat, etc.; à Paris , Gilles Robinot , 1581 , petit in- 12 , avec privilège.
Le Poiirparlcr de la Loi commence à figurer dans cette édition.
Les Recherches de la France, revues et augmentées de quatre livres, par Etienne Pasquier; chez Meltaycr et l'Iluillicr, imprimeurs et libraires ordinaires du roi, 1596 '.
L'impression est fort belle: outre six livres des Recherches , on trouve dans cette édition le Pourparler du Prince, le Pourparler de la Loi, le Dialogue d'Alexandre et de Rabelais, la Congratulation de la paix, du onzième jour d'août 1570, enfin une table. De plus le second livre est augmenté de deux chapitres.
Les Recherches de la France , par Etienne Pasquier ; cheï Laurent Sonnius , Paris, in-4°, 1611.
C'est la dernière édition qui ait été publiée du vivant de l'auteur. EHe est bien imprimée, et plus correcte que celles qui l'ont suivie; on y trouve sept livres des Recherches, le Pourparler du Prince et celui de la Loi, avec le Dialogue de Rabelais et d'Alexandre. De plus les livres des Recherches antérieurement imprimés sont augmentés de plusieurs chapitres. Dans l'édition de 1596 le deuxième livre n'avait encore que quatorze chapitres : il en a dix-sept dans l'édition de 1611.
Le père Lelong , dans sa Ribliothcque historique de la France ,
1 Os quatre livres des Recherches a écrit six livres de Recherches ou
étaient écrits depuis longtemps, mais anciennetés de la France , dont les deux
aussi retenus à dessein par Pasquier. La premiers ont élé impriinésavec le l'ottï-
Ooix du Maine, dans sa Bibliothèque, palier du Prince. » 'Mi 1084, dit, au nom de Pasquier: « 11
nouvelle édition par de Fontcttc; Paris, 1788, in-folio, t. III, page 709, signale encore deux éditions in-4° des Recherches, renfermant sepl livres , de 1G07 et 1017 : je ne les ai pas vues , et je crois fort qu'elles n'existent point.
Les Recherches furent encore réimprimées plusieurs fois avec des additions considérables après la mort de Pasquier.
Les Recherches de la France, augmentées de trois livres entiers, outre plusieurs chapitres, entrelacés en chacun des autres livres, tirés de la bibliothèque de l'auteur; Paris, Jean Petit-Pas, infolio, 1621. (Des exemplaires de cette édition portent aussi le nom du libraire Laurens Sonnius.)
Cette édition est belle. Les Recherches y sont divisées en dix livres. Elle contient, sans compter les additions faites aux chapitres déjà antérieurement donnés, quatre-vingt-dix chapitres entièrement nouveaux : c'était des enfants de Pasquier que le libraire tenait ces additions; et s'il ne les eût pas communiquées au. public il aurait cru « faire tort à la réputation d'un si grand personnage et à toute la France en général ».
Les Recherches de la France (avec les augmentations précitées),
par Etienne Pasquier; Paris, in-folio, chez Olivier de Varcnnes ,
*1G33. Au frontispice de cette édition , comme de la précédente, se
trouve placé le portrait de l'auteur. (Des exemplaires portent le
nom du li^-aire Martin Colet. )
Les Recherches de la France, d'Etienne Pasquier, conseiller et avocat général du roi en la Chambre des Comptes de Paris, revues, corrigées, mises en meilleur ordre et augmentées en cette dernière édition de trois livres entiers , outre plusieurs chapitres entrelacés en chacun des autres livres tirés de la bibliothèque de l'auteur ; imprimées à Orléans, vendues à Paris, chez G. de Luyne, libraire . juré au palais, lGGf>.
Cette édition est signalée par plusieurs ' comme la meilleure de toutes celles qui ont paru avant l'édition des œuvres réunies en 1723 : cette opinion n'est pas fondée. Plus encore que les précédentes, des fautes considérables la déparent '\ Seulement les Recherches y sont divisées en neuf livres. Dans les éditions antérieures
1 Notamment par M. Brunet, et aussi qu'elle a la malheureuse prétention de
par M. lhipin. t. Il, p. 141 de son rajeunir le style (le Pa>(|ii ier : souvent
édition des Lettres de Camus sur /" elle substitue à ains mais, à ores </n;
profession d'avocat , in-8°, ISIS. bien que, etc.
- Ou remarquera, en particulier,
elles formaient dix livres : expliquons à quoi tient celle différence.
Jusque alors le cinquième livre des Recherches avait seulement renfermé quatre chapitres. On lit dans l'édition de Paris in-folio, 1G21 , publiée peu d'années après la mort de l'auleur, une excuse et un motif de cette brièveté , allégués à Y Ami lecteur : c'est que « la bibliothèque de Pasquier n'avait été entièrement feuilletée qu'au temps que l'impression de son œuvre s'approchait de la fin »• Or, quoique la continuation du cinquième livre eût été trouvée parmi les manuscrits, elle n'avait pu occuper sa place; mais on l'avait renvoyée à la fin, pour former un livre à part : c'était le dixième. L'éditeur ajoutait la promesse « de le rétablir en son lieu la première fois que l'ouvrage serait remis sous la presse ». Elle ne fut pas tenue toutefois dans les réimpressions suivantes, mais seulement dans celle de 15G5. Alors eut lieu la suppression du dixième livre, annoncée par ces paroles d'ans , page 397 : « On ne doit pas s'étonner si le cinquième livre est plus gros que dans les éditions précédentes..., vu que l'on a fait suivre ici tous les chapitres du livre dixième qui n'étaient que le supplément de celui-ci.. ., entièrement imparfait, sans cette adjonction de chapitres, lesquels ont une grande connexité avec le sixième livre. »
Il résulte de là que dans les éditions des Recherches antérieures à celle dont nous nous occupons le livre V est composé de quatre chapitres seulement et le livre X de vingt-cinq ; et dans c#te édition le livre V, formé de ces deux livres, contient par conséquent vingt-neuf chapitres à lui seul. Il suffit de voir les titres de ces chapitres pour reconnaître qu'ils n'auraient pas du être séparés, et «lue par leur sujet ils appartiennent nécessairement au même livre.
A la suite des Recherches on lit dans cette édition le Pourparler du Prince, avec celui de la Loi et le Dialogue deRabelais et d'Alexandre.
Lelong, au passage marqué plus haut , signale encore deux éditions complètes des Recherches, l'une de 1622, in-8°, l'autre, in-folio, de 1643. Je les ai cherchées vainement, ainsi que celles de 1607 et 1617, et je crois ces indications fautives.
Enfin les Recherches ont été réimprimées , avec cette division naturelle en neuf livres, dans l'édition générale des OEuvrcs de Pasquier, de 1723, dont il sera question ultérieurement.
On peut consulter sur les Recherches Lenglet Dufresnoy, Méthode pour étudier l'histoire, in-4°, 1729, t. IV, p. 286; Essais de littérature pour la connaissance des livres (par l'abbé Tricaud), Paris,
in-io , 1702, t. I,|). 87 ; Le Gendre1, Nouvelle Histoire de France,
jusqu'à la mort de Louis MIL Paris, 17 IS,in-t ', 1.1, p. 29; le Journal drs Savants, août 17 24. « Il n'y a guère de livre, a dit Guillaume Colletel dos Recherches, plus fameux ni plus cité que celui ci. >•
Les éditions des Recherches postérieures à la mort de Pasquier se renconlrentassez aisément ; quant aux autres, elles sont très-rares. On les chercherait vainement dans les bibliothèques publiques de Paris : je n'ai trouvé parmi ces dernières, à la Bibliothèque nationale, que celle de 1569, qui renferme deux livres a.
On a vu que les éditions des Recherches précédemment citées sont belles pour la plupart et imprimées richement ; mais elles sont loin d'offrir la correction désirable. Il est très-nécessaire, pour épurer en beaucoup de passages le texte de Pasquier, de comparer entre elles les diverses éditions et de les corriger ainsi les unes parles autres.
Un soin plus scrupuleux eût fait aisément disparaître bien des fautes 2. Par exemple , l'orthographe des noms propres est loin d'être uniforme : ils sont même souvent défigurés et méconnaissables. Plusieurs dates sont inexactes, de. la façon la plus choquante : ce sont des inadvertances manifestes. Quelques-unes de ces fautes qui se sont glissées dans les premières éditions sont scrupuleusement reproduites par toutes les autres. L'auteur cependant retouchait et modifiait toujours : on le voit par l'ordre des chapitres, sans cesse interverti ^quelquefois même il en est qui sont transportés d'un livre dans un autre.
Lès parties assez considérables des Recherches qui ont été éditées après la mort de l'auteur offrent surtout dans l'impression de nombreuses traces de négligence. La même observation pourra s'appliquer aux Lettres.
Il m'a été parlé d'un exemplaire des Recherches donné par Etienne Pasquier à Sully, où celui-là, comme autrefois Sénèque a l'un de ses amis en lui envoyant ses épitres, indiquait en marge les
1 « Je ne sache pas d'homme, remar- s Pour se borner ici à deux exemples, que celui-ci de Pasquier, qui ait plus dans l'édition in-f° de 1633, le Pourcreusé notre histoire... » parler du Prince offre à peu de dis-
2 J'éprouve ici le besoin de renier- tance les deux bévues suivantes : cier M. Pasquier, membre de l'Académie p. 978 : « Chacun donc , s'il lui plaît, française, qui m'a permis de consulter rapportera au bourreau ses moyens », la riche collection d'éditions des /te- pour au bureau ; et p. 9S2: « un prince.. cherches et autres ouvrages d'Etienne qui vent exterminer son empire, » pour Pasquier, que renferme sa bibliothèque, éterniser, etc.
2lfi APPENDICE
passages dont il conseillait surtout ;i ce grand homme de prendre connaissance» .le n'ai pu malheureusement me procurer ce précieux volume.
4° Éditions des Lettres de Pasquier.
Les Lettres d'Etienne Pasquier; in-4°, Paris, chez Abel l'Ange*
lier, lô8C.
Les mêmes Lettres; Avignon , Bramereau , K>90, in-lG.
Dans ces deux premières éditions il n'y a que dix livres, ainsi que dans les suivantes, publiées du vivant de l'auteur.
Les Lettres du même ; Lyon , Veyrat , 1597, in-io.
Les Lettres du même, sur les affaires de la France , dernière édition; Àrras, Bauduyn, 1398, in-12.
Id., Lyon, Iluguetan, 1G07, iu-16, avec table.
Les deux éditions de 1597 et de 1607 forment chacune un gros volume de petit format, bien imprimé, de 439 feuillets, sans compter la table. Au premier abord on pense que c'est une seule et même édition, où l'on n'a changé que le titre; toutefois l'identité n'est pas absolue. La seconde de ces éditions est, il est vrai, faite en tout point sur la première ; mais outre les frontispices, qui ne sont pas les mêmes, on remarque encore quelques différences orthographiques et autres, qui ne sont d'ailleurs d'aucune importance.
Les mêmes Lettres, augmentées et mises en lumière par André du Chesne; Paris, chez Petit-Pas, 3 volumes in-8°, 1 r, 1 9 ' .
Cette édition, signalée comme meilleure que les précédentes, contient les vingt-deux livres.
L'édition des Lettres de 1619, reproduite par l'édition des OFaivresde 1723, n'en est pas moins négligemment faiteet déparée par des fautes choquantes, surtout dans les derniers livres. Pour se bornera quelques exemples, la neuvième lettre du livre X est, par un oubli bizarre, exactement transcrite dans le livre XI, dont elle est la dixième. Seulement elle n'est plus adressée au conseiller Mailtart, mais à Scévole de Saint-Marthe; etc.
On doit surtout regretter que le hasard presque seul ait semblé présider au classement des Lettres. Elles ne sont pas rangées d'après la nature des sujets ; l'ordre des temps n'a pas été non
1 Les lettres dans cette édition don- eième contient le Munophile et les poé-
née par André du Chesne , « ce fameux nies françaises de Pasquier, y compris
historiographe de France », comme la Main et la Puce. Voy. Lelong, t. III,
l'appelle Colletet , ne remplissent que p. 79 de la Bibliothèque de la Franci les deux premiers volumes : le troi-
plus suivi dans leur disposition r. On envoi! d'écrites en 1613 qui précèdent colles do moi. Le plus souvent d'ailleurs toule date est omise.
Sur les Lettres de Pasquier on peut consulter Lenglet Dufresnoy, Méthode citée, t. IV, p. 114, et Legendre, au passage indiqué.
">" Editions du Catéchisme des Jésuites. t
Le Catéchisme des Jésuites, ou Examen de leur doctrine ; Vilicfranche, chez Guillaume Grenier, 1G02, in-S°, 358 feuillets sans compter la table.
Ce ne fut pas toutefois à Villefranche , mais à La Rochelle, que le livre fut imprimé, comme nous l'apprennent les jésuites ; vo\ Hicheome, Plainte apologétique, p. 21. On lit aussi dans la Chasse du renard Pasquin, édition de 1 003, p. :>j , que le livre de Pa<quier fut imprimé à La Rochelle, « où tout le monde lui était ami, sauf quelques bigots catholiques. »
Le Catéchisme parut anonyme2 : voy. le Dictionnaire cité de Barbier, 1. 1, p. 160. Toutefois Pasquier ne dissimula pas qu'il en fùl l'auteur. Seulement, une raison de modestie qui l'engagea à taire .son nom, c'est qu'il s'était fait divers emprunts à lui-même et qu'il s'alléguait plusieurs fois comme autorité. Ces citations suffisaient d'ailleurs, comme il l'observait, pour le faire reconnaître ; enfin le Monifeste sur le parricide de Barrière, que tout le monde savait avoir été composé par lui, el dont il avait inséré la substance dans son troisième livre, montrait encore mieux que l'ouvrage lui appartenait.
J'ai eu entre les mains l'exemplaire de cette première édition, qui fut adressé par Fauteur à Henri IV." II est relié en maroquin olive et porte les armes de France et de Navarre.
Le Catéchisme des Jésuites, ou le nnjstére d'iniquité, révélé par ses suppôts, petit in-12, 1G77 ( sous la rubrique de Villefranche ;.
Le Catéchisme des Jésuites a été aussi réimprimé en 1717, à Delft (Rouen), chez Volburger, dans un recueil de deux vol. in-12, dont l'esprit est assez annoncé par cet avis de l'éditeur . « Par cet
1 Là-dessus, il est vrai, Pasquier Jésuites est assez rare : il n'avait pas
poavait alléguer l'exemple des anciens, tardée le devenir. « l.e Catéchisme dei
Pline le Jeune a dit, I, 1 : « Collegi, Jésuites , disait Guy Patin, fort ennemi
rvato temporis online, neque des jésuites ou luyolites, comme il le-*
enim historiam componebam. » appelle, est dorénavant rare. Jos Scali
Quoique réimprimé plusieurs fois, ger le prisait fort • » (Lettres, |\
comme on le voiî le Catéchisme des p. 11 du t. I de l'édition citée.