CHAPITRE m
DESCRIPTION d'un NOUVEAU PROCÉDÉ. SES AVANTAGES.
Nous décrivons d'abord les instruments, puis le procédé opératoire.
Des instruments. — Que ces instruments soient des cathéters ou des sondes, voici comment ils sont construits (voy. fig. 111, n"' 1, 2, 3).
Ils sont composés d'une tige cylindrique un peu aplatie sur une de ses laces, ayant à l'une de ses extrémités une partie recourbée et à l'autre un pavillon ou plaque, et ils ont une longueur totale d'environ 12 centimètres. Pour mettre un peu de clarté dans la description, nous diviserons l'instrument, à
l'exemple de M. Gensoul, en quatre parties distinctes, savoir: 1" la tige ou le corps ; 2° la plaque ou le pavillon ; 3" la courbure; li" l'extrémité courbée ou lacrymale.
Fig. m.
1" De la tige ou corps du cathéter. — Elle a une longueur d'environ 7 à 8 centimètres ; elle a 1 diamètre de 2 à 3 millimètres; mais je pense qu'avec 2 millimètres elle offrira assez
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de résistance, et nous verrons qu'il faut prendre cette résistance en sérieuse considération. Elle a une forme cylindrique, seulement elle porte sur une de ses faces, légèrement aplatie, une graduation en centimètres et demi-centimètres : graduation suffisante qui nous servira à mesurer la distance qu'il y a entre les deux grands angles des yeux chez l'individu qui va être soumis à l'opération du cathétérisme; elle nous servira déplus à reconnaître à quelle profondeur l'instrument doit être enfoncé dans la fosse nasale pour pénétrer jusqu'au niveau de l'orifice inférieur du canal nasal. Aussi, pour cet usage, il faut que cette graduation se trouve placée sur une face visible pendant la manœuvre opératoire. Je l'ai disposée de telle façon, que l'instrument étant en place, elle regarde en haut et en dedans vers la cloison.
2° Le pavillon ou la plaque. — Il consiste dans un renflement aplati situé à l'extrémité qui est entre les mains du chirurgien. Le pavillon, solide, épais, présente deux faces et deux bords. Ses faces ont des rugosités, des rainures propres à empêcher le glissement des doigts ; l'une de ces faces est disposée de telle façon, qu'au premier temps de l'opération elle regarde en haut et en dehors, tandis que l'autre regarde en bas et en dedans. Cette disposition a pour conséquence que les bords regardent l'un en haut et en dedans, l'autre en bas et en dehors. Le premier de ces bords se trouve donc sur la même ligne que la face de la tige qui porte la graduation en centimètres et demi-centi mètres.
3° De la courbure. — C'est là la partie fondamentale de l'instrument. Cette courbure est double par rapport à la tige. La première de ces courbures a lieu sur le côté externe et un peu inférieur de l'instrument; elle doit être d'environ Zi5°. Cette courbure sera à peu près invariable, puisque nous savons que la direction du canal, par rapport au plan antéro-postérieur, n'est pas susceptible d'une variation assez considérable pour que nous devions en tenir compte.
La seconde courbure est bien autrement importante, et c'est elle qui doit fixer surtout l'attention de l'opérateur. Comme, d'un côté, c'est cette courbure qui doit être en rapport avec la direction du canal nasal suivant le plan transverse; comme
d'un autre côte nous savons que cette inclinaison est variable, suivant trois degrés bien établis par nous dans nos considérations chirurgicales, nous avons donné à notre cathéter et à nos sondes des courbures différentes. C'est précisément ce degré de courbure qui distinguera ces instruments les uns des autres.
Le cathéter n" 1, celui qui correspondra au premier cas, devra avoir une courbure d'environ U5 degrés.
Le cathéter n" 2 aura une courbure un peu plus forte de 70 à 75 degrés.
Le cathéter n" 3 devra offrir une courbure telle qu'elle dépasse l'angle droit de quelques degrés. Ce cathéter servira dans les cas où l'inclinaison du canal nasal est très considérable en arrière. On comprend qu'entre ces trois numéros on pourra faire construire des instruments qui offrent une transition graduée et presque insensible de l'un à l'autre.
U° De la partie lacrymale. — C'est la partie du cathéter qui est située à l'extrémité opposée au pavillon, et qu'on peut désigner ainsi parce qu'elle doit s'engager dans les voies lacrymales. Nous lui avons donné 2 centimètres 1/2, en nous guidant d'après les mesures que nous avons prises sur le canal lacrymal revêtu de sa membrane muqueuse. Cette longueur nous paraît suffisante pour permettre à la sonde d'arriver jusque dans le sac lacrymal. Elle ne doit pas être portée plus loin, car alors elle deviendrait un obstacle sérieux au catliétérisme,' et, parmi tous les inconvénients que l'on aurait alors, il suffit de citer celui de ne pas pouvoir s'engager dans l'orifice inférieur du canal nasal. Nous ne lui donnerions volontiers, dans certains cas, que 2 centimètres. Cette portion de la 'sonde aura aussi une courbure vers sa partie moyenne, courbure d'un degré, très peu prononcée, et destinée à prévenir la fracture de la lame du cornet inférieur. Elle sera donc dirigée de telle sorte que sa convexité regarde en dehors et que sa concavité regarde en dedans. Comme cette courbure est très faible elle n'empêchera pas, bien plus elle pourra favoriser l'introduction et le passage de la sonde dans le canal nasal. L'extrémité libre de celte partie de la sonde doit être mousse, arrondie • • elle pourrait mémo oflVir un petit renllemeiit olivaire.
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Quant à la composition de ce cathéter, e] métal, et c'est celle qui me paraît préterab trouverait ici une application très bonne ( apportées par M. Verpillat et M. Pirondi. Te àura une assez grande résistance sera d'un en
Le cathéter que nous venons de décrire i servir au côté droit du malade; il va sans ( côté gauche, les choses seraient disposées d'u trique. Il est inutile aussi de faire remarquer d'une jeune personne, on devrait diminuer u tions de l'instrument, surtout quant à la long nasale.
Maintenant, si l'on se proposait de faire ( aurait un mandrin et des sondes. Le mandri comme les cathéters, cependant il faudrait q fût imprimée sur la sonde elle-même.
Je n'ai pas besoin, d'ailleurs, de m'étenè toute» les modifications que l'on pourrait f ment suivant les cas; qu'il me suffise de rî de Laforest, de M. Serres, d'Alais, etc.
Description du procédé. — Suivant l'usag trois divisions, trois temps.
1^^ TEMPS. — Ce temps sera consacré aux l'opération. Le malade sera assis sur un faul rement renversée. Le chirurgien prend alors ses cathéters pour mesurer la distance qu
CATHÉTÉUISMË DU CaNaL NASAL.
se trouve Textrémité inférieure du caual nasal. Pour compliquer la description, nous avons admis tix alors de 28 à 30, nous prendrons la sonde ou lé cat de 30 à 33, nous emploierons le cathéter qui por et enfin, au-dessus de 33, nous aurons recours au
Dès que l'on a fait choix de l'instrumeiit, on le main droite par son pavillon, comme une plume à é cette position, la pulpe du pouce appuie solidement supéro-externe de la plaque ; la l'ace opposée est ap le bord radial de l'extrémité du médius, et le doigl fixe l'instrument dans cette position, en pressant î interne et supérieur de la plaque.
Quand le cathéter est ainsi tenu, on clierche à dans la fosse nasale, et le deuxième temps commer
2^ TEMPS (voy. fig. IV). — La manière dont sera temps offre quelques différences, suivant que l'on s tel ou tel cathéter ; nous devons établir trois cas :
1" cas. — Nous supposons qu'il s'agit d'un canal presque verticale, que l'on se sert du cathéter n" s'agit de sonder le canal nasal droit du malade. L' est tenu de la main droite, le chirurgien relève un du nez avec la main gauche, pendant qu'un aide fix
Dans ce temps, on a pour but de placer rinstrum( façon que son extrémité terminale vienne accrocher nasale, pendant que le dos de la courbure existant à de la tige avec la partie lacrymale arc-boute contre
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Celle figure représenle la position du calhéter dans le deuxième lemps de mon procédé.
1. Épine nasale anlérieure, sur le côlé de laquelle arc- boute le cenlre de
la courbure principale du calhéler*
2. Bec de la sonde engagée en arrière de la colonne osseuse du méal
inférieur. . • a
3. Colonne du méal inférieur limitant en avant la partie uiferieure du
canal nasal.
4 Canal nasal ouvert du côlé de la fosse nasale, b. Cul-de-sac du méal inférieur situé plus haut que l'orifice inférieur du canal nasal.