‹ Essai sur le Cheval de trait du MaineChapitre 19 sur 21 · RENE · texte numérisé non relu

RENE

vaux achetés sont, en principe, et doivent obligatoirement être, plutôt au-dessus de la moyenne puisqu'ils doivent réunir les conditions d'inscription au stud-book. Vendus à perte, ils peuvent être acquis par des étalonniers qui seraient incapables, faute de ressources suffisantes, d’en acheter de semblables dans le Perche. Bien plus, les chevaux de tête, lorsqu'il s’en trouve, sont disputés entre quelques amateurs, presque toujours les mêmes, et du fait de cette concurrence parfois acharnée, atteignent des enchères voisines du prix d’achat, quand elles ne lui sont pas supérieures. Ainsi, au lieu de prendre sur la part des autres, ceux qui peuvent se permettre des sacrifices viennent, involontairement il est vrai, en aide aux moins favorisés. Il reste toujours à ceux qui ne veulent pas se plier aux exigences du cahier des charges, ou à qui ne plaisent pas les animaux achetés par la commission, la possibilité de faire les achats à leur guise. Si leur choix est bon, ce sont autant d’éléments d'amélioration introduits en surplus chez nous. La commission n’a pas le monopole de l’achat des bons étalons. Il est bon d’ailleurs qu’elle s’en souvienne au moment du concours d'arrondissement afin d’attribuer loyalement les prix aux animaux qui les méritent. Nous avons remarqué ces dernières années, lorsque nous faisions partie du jury, que bien souvent tout de même ce sont véritablement les étalons achetés par cette commission qui venaient en tête, sans parti pris. Nous croyons donc que la méthode est bonne et

nous avons d'autant plus de mérite à plaider cette cause

que nous lavons combattue autrefois. Nous espérons que nos arguments feront subir à quelques-uns de ses détracteurs l’évolution que nous avons accomplie après avoir soigneusement pesé le pour et le contre.

Nous terminerons cette longue suite de suggestions par une remarque qui, malheureusement, n’aura pas grande influence sur l’évolution de la race parce qu’elle a trait à un

fait accepté depuis de longues années. Il s’agit de la robe choisie : grise ou noire. C’est cette dernière couleur qui n’a pas l’heur de nous plaire et voici pourquoi.

A l’école d’Alfort, il y a déjà pas mal d'années, dan$ le cours d'extérieur du cheval, notre professeur, M. Gustave Barrier, nous a si souvent répété qu'il n’y a pas de chevaux noirs et pas plus d’ailleurs de blancs, que nous n’avons jamais pu l'oublier. Or plus nous voyons de chevaux et plus nous nous pénétrons de la vérité de cet axiome. Examinons au soleil un cheval noir : presque inévitablement nous lui trouverons des reflets roux ou même franchement rouges. Et l’on s'étonne ensuite de voir à chaque instant des juments grises saillies par un étalon noir donner des poulains baïs ! Le noir n’est qu’un bai très foncé, c’est une robe artificielle mal fixée et qui a des retours en arrière. Voilà une des raisons, la principale, pour laquelle nous n’en voudrions point.

On nous dira : « Le blanc est salissant » ; c’est entendu, mais combien plus coquet. Il nécessite un pansage plus soigné ? Tant mieux, l'animal en profitera, puisque « un bon

pansage vaut un picotin d'avoine »,

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Mettons côte à côte deux étalons ou deux juments de conformation identique, mais de robe différente. Dans tous les cas la robe grise l’emportera, il suffit d’assister à un concours pour s’en rendre compte ; c’est involontaire, instinctif même chez les partisans de la robe noire.

Il est vrai qu’en temps dè guerre, le blanc se voit de loin, mais l’objection n’a plus guère de valeur car, si par malheur nous assistons jamais à nouveau à un pareil Cataclysme, les canons seront tous munis de tracteurs et les chevaux resteront soigneusement cachés à l’arrière-front ef ne se déplaceront que la nuit.

Nous demandons donc, sans grand espoir, la suppression de la couleur noire chez nos chevaux de trait du Maine

. et ce sera la dernière amélioration que nous réclamerons.

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