CHAPITRE IX
Province de Yaldlvia,
orèêe par la loi dv 80 août 1829.
Cette belle province est limitée au nord par le fleave Tolten, dans tout son cours de Test à Poiiest, depuis le lac de Villarica jusqu^à son embouchure dans rOcéan Pacifique, par 39 <> 7' 45" L. S.; au sud par la province de Chiloé et la colonie de Llanquihue; à Test par les Andes, qui la séparent de la Patagonie orientale, et à l'ouest par TOcéan.
Un peu moins de la quatrième partie du territoire du Valdivia est sous le domaine inunédiat des Indiens incivilisës, qu'on a encore l'habitude d'appeler AraucanienS) quoique les vrais Âraucaniens n'existent plus. ^) La ligne qui les sépare des Indiens civilisés et des habitants d'origine européenne ne saurait être indiquée avec exactitude, attendu qu'elle change de jour en
Le mot Araucanie est appli^ë par les étrangers pour désigner, au Chili, le territoire occupé par les Indiens habitant le nord de la province de Valdivia et le sud de celle d^Araùco. Cette désignation n'existe ni dans la géographie chilienne ni dans aucun acte légal.
jour, par les progrès que fait Télément européen sur ces tribus jadis si guerrières. Cette ligne est un vrai zig-zag, dont les angles saillants représentent, au nord, les derniers pas de la civilisation, et les angles rentrants les restes de la barbarie, qui ne tarderont pas à disparaître.
L'aspect physique du territoire valdivien diffère un peu de celui des régions septentrionales de la République* La vallée centrale y est beaucoup plus large, et plus basse par rapport au niveau de POcéan. Quoiqu'elle soit bordée à Touest par les hautes montagnes de la côte, dont la base est fort étendue dans ces latitudes, l'effet des marées s'y fait sentir bien avant dans les bassins qui la traversent de l'est à Touest La vallée de la côte perd^ à partir du port du Corral, l'uniformité qu'elle apporte des contrées du nord, et que Ton retrouve seulement par intervalles le long de la base orientale des montagnes maritimes.
Trois grands bassins coupent le territoire de l'est à l'ouest: celui du Rio Bueno, grossi par ses affluents, le Pilmaiquen et le Rahue, celui du Valdivia, formé par le Calle-Calle et las Cruces, et celui du Tolten, lequel limite la province au nord. Tous ces fleuves sont navigables, ainsi que la plupart de leurs nombreux affluents. Outre ces rivières, d'origine andine, la province en compte plusieurs autres, qui partent de la chaîne centrale^ et vont se jeter directement dans la mer. Les plus considérables sont, au sud, le Rio Frio, le Chanchan et le Queuli. Le premier a son origine dans Jies marais des vastes forêts dont le lac de Llanquihue est bordé à Touest, et il se décharge dans la mer à Hueyusca, sous le nom de Llico. Les deux autres se trouvent entre les fleuves Valdivia et Tolten.
Les principaux lacs, à partir du sud, sont : le Pullehue, dont nous avons déjà fait mention, et d^où part la rivière du Pilmaiquen; le Ranco, situé à la base des Andes, un peu au sud du parallèle de la ville de Valdivia, et d'où sort le Bueno; le Lajara, le Pichihueco et le Ri&ihue, échelonnés sur la base des Andes; le Huanegûe et le Huitagûe, situés un peu plus au nord. Ces cinq derniers lacs, reliés entre eux par des canaux qui déversent leurs eaux les uns dans les autres, forment la source principale du Calle-Calle. Le lac de Villarica, placé un peu au nord*est du volcan du même nom^ est le dernier de cette singulière succession de grands dépôts d'eau occupant la partie la plus rapprochée des Andes, dans la vallée centrale du sud. La forme et ta grandeur de ces lacs n'ayant pas encore été bien déterminées, on ne saurait préciser le nombre de lieues carrées qu'ils enlèvent au domaine de Tagriculture. On attribue cependant au Ranco, le plus grand de tous, une superficie de 28 lieues.
La province compte plusieurs ports; les plus importants sont: Bueno, Valdivia, Chanchan, par 29® 26' 40" lat. S , Queuli, par 39» 14', etTolten, par 39» 7' 45". Ils sont tous à l'embouchure des rivières navigables du même nom. Il existe, le long des côtes, divers autres petit ports intermédiaires, mais peu fréquentés encore par les navires, et il n'y a que les ports du Corral, ou de Valdivia, et du Bueno qui soient ouverts au commerce.
La région des bois se trouve sur deux zones longitudinales distinctes; la première, d'une largeur de près de douze lieues^ occupe la section maritime, depuis le nord jusqu'au sud du territoire de Valdivia; la seconde occupe la base des Andes, et s'élève presque
à la limite des neiges perpétuelles. La vallée centrale^ encadrée par ces deux grandes forêts, qui constituent une niasse compacte de la plus puissante végétation, est une belle plaine presque entièrement dénuée de grands arbres, et appropriée à toutes sortes de cultures des pays tempérés. Le sol n'est pas ricbe sur la zone des forêts de la côte, et, après la première année de rendement, il demande eti général à être amendé; mais les terrains de la vallée centrale, surtout dans la partie bordant la base des Andes, sont d'une fertilité remarquable: là, les amendements seraient niiisibles aux céréales.
Il y a peu de provinces de la République dont l'avenir soit plus riant et plus assuré que celui de Valdivia, à cause de son climat, de la nature de ses productions, et de la grande facilité que ses fleuves navigables offrent pour les exporter. Outre les variétés de bois que nous avons signalées au Chiloé, le Valdivia possède le roble pellin et une grande quantité de lingues, et il paraît que la nature a multiplié et étendu les bras de ses rivières navigables, précisément dans les localités qui en avaient le plus besoin, afin de faciliter Textraction des grandes poutres de bois pour le commerce extérieur. Les céréales commencent à figurer dans Texportation^), les légumes se produisent paftout; mais les fruits > à Texception des pommiers, dont on trouve presque dans toute la province des bois qui croissent sans que la main de rbomme y soit pour rien, ne sont ni abondants, ni de
'3 En 1826, on envoyait encore de Valparaiso k Valdivia, pour l'approvisionnement de sa garnison, de la farine, du saif et des fpnâgBe»9 articles que Valdivia exporte aigourd'hui.
bonne qualité. Ce défaut, cependant^ doit être plutôt attribué au manque de culture et de soins, qu'à des empêchements de la nature. Il n'y a pas longtemps que l'abondance des pèches permettait d'en sécher pour les livrer à Texportation : aujourd'hui on en mange rarement de mares en Valdivia. On Toit quelquefois des plantes de vigne devenues sauvages monter avec force au haut des plus grands arbres, sans que le raisin acquière sa maturité. Il y a dans la ville même de Valdivia, ainsi qu'à Osomo, d'énormes poiriers qui se couvrent de bons fruits;* cependant la poire est rare et se vend très cher, parce qu'on n'a pfis multiplié la plante. Quel que soit l'abandon où se trouve l'arboriculture, le climat et le sol semblent persister dans la conservation des arbres fruitiers introduits par les Espagnols. La vigne, le pêcher et la prune se pfaisent assez à San José, aux environs d'Arique, sur les bords de la rivière Calie-Calle, et même à Osomo. L'oranger, l'olivier et le grenadier ne croissent pas spontanément. Les plantes herbacées, telles que le lin et le chanvre, paraissent avoir rencontré en Valdivia leur sol natal; cependant elles n'entrent pas encore dans l'exportation.
Le printemps perpétuel, qui y favorise les végétaux, y fait également multiplier les bêtes à cornes. Elles sont remarquables par leur grandeur. On en exporte pour le Chiloé et pour la Conception. Les côtes abondent en phoques, à la chasse desquels on se livre avec succès aux environs du Chanchan.
On ne trouve pas de métaux précieux dans la province, quoique l'or existe en petites quantités dans les couches alluviales qui environnent Osomo et à l*ouest de l'Union. Le charbon de terre se montre en profil-
sioD le long des cAies, de même qu'à Catamutnn, à 7 lieues de Valdivia, et sur les rives australes du Rio Bueno.
Depuis cinq ans^ la face de la province a été presque tout-à*fait changée par l'introduction de l'élément étranger, lequel a appelé sur cette contrée intéressante les regards du commerce et ceux des Chiliens mêmes, qui ne la connaissaient que de nom. Le Valdivia ne manquait pas tant de bras, que de connaissances et de stimulation ; mais Pabondance dc^ denrées alimentaires et Tabsence des besoins que la civilisation fait nattre les tenaient engourdis. Aussitôt que le Gouvernement, qui avait tant de choses à faire autour de lui, put porter son attention vers le sud, il reconnut que l'émigration étrangère seule pouvait faire valoir les ressources naturelles de cette province, et il sut la mettre à sa portée. Il décréta la constructibn de chemins^ sans fixer un terme aux dépenses, et il accorda des subsides aux navires à vapeur, pour régulariser la correspondance et 'établir le transport des passagers. Des terres furent distribuées a bas prix aux émigrants; ils obtinrent une protection effective et des secours pécuniaires. Les écoles pour Téducation gratuite furent augmentées; et, pour donner aux colons une nouvelle preuve de la sollicitude des autorités supérieures de la République, un agent spécial du Gouvernement fut envoyé à Valdivia pour veiller à leur bien-être, en se constituant l'interprète de leurs besoins auprès des autorités locales et du chef suprême de l'Etat, avec lequel il est en rapport direct.
On se saurait se former une idée du progrès que de telles mesures ont apporté à la province. Les terres commencèrent à avoir une valeur, les villes une
forme plus régulière ; rancien système de constmctioii fut abandonné, et des artisans de toute espèce émancipèrent la contrée du tribut qu'elle payait à lindus« trie du nord. Une nouvelle méthode de culture fut introduite, et déjà des moulins à blé, des scieries mues par des machines, de grandes brasseries^ des distilleries et des tanneries commencent à figurer dans l'industrie valdivienne. Le concours des capitalistes du nord, que le mouvement progressif de la province et les besoins des chemins de fer, auxquels on travaille simultanément sur plusieurs points de la République, ont appelé, donne aux travaux forestiers un élan quils n'avaient jamais eu auparavant.
La province est divisée politiquement en trois départements; Osorno, Union, et Valdivia proprement dit. Le premier comprend dans sa juridiction tout le territoire au sud du Rio Bueno; le deuxième est formé par la vallée centrale et les Andes, et le troisième est compris entre le département précédent et la mer.
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J'ai tout lieu de croire que le recensement de la population de cette province manque d'exactitude. Les opérations se pratiquèrent sous mes ordres, et malgré llmportance que j'attachais à leur exécution, Tisolement des habitants, les distances difficiles à parcourir dans un moment donné, et surtout la nécessité de multiplier les agents dans une contrée où il se trouvait bien peu d'hommes compétents qui voulussent se charger d'un semblable travail, me portent à penser que le nombre total des habitants n'a pas été enregistré. On connaît d'ailleurs les difficultés qu'oppose toujours l'ignorance du peuple à l'accomplissement exact des recensements.
Les villes de Valdivia sont dans le même gemre que celles de Chiloé; le bois prédomine dans les constructions, et les maisons portant un étage au-dessus du rezde-chaussée sont regardées comme de vraies exceptions. Au Chili, les maisons sont ordinairement très basses, à cause de la crainte qu'inspirent les tremblements de terre. La ville d'Osomo, située sur le confluent des rivières Damas et Rahue, fut fondée en 1558 par Dod Garcia Hurtado de Mendoza* Détruite en' 1603 par les Araucaniens, elle doit sa nouvelle existence au gouverneur 0*Higgins, qui la repeupla en 1788 L'emplacement eu est superbe, et la délinéation en a été faite avec soin. £lle n'a de remarquable que son église paroissiale, en pierre de taille, et le grand collège des missionnaires, que l'on a embelli en y laissant à découvert les poutres les plus surprenantes par leur longueur qu'on ait pu se procurer dans la vaste foret des environs du Rahue. Plus de 600 émigrés du nord et du sud de TAllemagne sont déjà établis à Osoroo et dans les campagnes environnantes. La ville de
l'Union ne mérite pas une mention particulière. Elle est située à trois lieues au nord de la rivière navigable Trumag ou Rio Bueno. Pour atteindre quelque importance par le commerce, elle devrait être transportée au bord même de cette rivière. La ville de Valdivia, capitale de la province, et fondée en 1551 par le conquérant du Chili, Pierre de Valdivia, fut détruite par les Araucaniens en 1599, et reconstruite et fortifiée eh 1645 par Leiba, d'après l'ordre du viceroi du Pérou, Don F. de Toledo, Cette charmante petite ville, située à 4 lieues du beau port Corral, sur la rive orientale du fleuve Valdivia et au confluent du Calle-Calle et du Cau-Cau, n'avait, en 1850, d'autres attraits qt^e ceux que lui donnaient la simple nature et la ravissante beauté de sa situation. Aujourd'hui que Tart^ la propreté et le bon goiU dans les bâtiments, lindustrie et le commerce y exercent leur influence, elle est devenue méconnaissable. On y compte près de 500 émigrés allemands établis. Comme capitale de la province, elle est aussi le siège des autorités principales. L'église paroissiale est le seul édifice public qui se fasse remarquer par sa grandeur; mais elle n^est pas encore finie.
Les forces militaires de toute la province ne consistent qu'en une compagnie d'artillerie de ligne, une compagnie de milices de la même arme, 884 soldats d'infanterie et 1648 de cavalerie, tous gardes civiques.
C'est la province de Valdivia qui termine la juridiction religieuse de l'évéché d'Ancud. Elle ne compte que trois paroisses, et une vice-paroisse au port du Corral; mais de nombreuses missions, que l'habitude, plutôt que la nécessité, fait conserver encore au
milieu des villes et dans les campagnes soumises depuis longtemps à l'action civile et religieuse, y augmentent les moyens de se livrer aux exercices prescrits par notre Eglise.
Les géographes, se répétant toujours, n*ont cessé de considérer Valdivia comme dans le plus complet isolement du reste de la République. Cependant son commerce avec la Conception n'a été interrompu qae pendant quelque temps par la voie de terre, à l'époque de la guerre de l'indépendance; mais il a été rétabli bientôt après. On voit, à l'approche du printemps, de grands troupeaux de bêtes à cornes élevés en Valdivia se diriger vers les marchés de la Conception, en traversant, sans aucune escorte, le territoire douces Araucaniens dont on tant exagéré et les forces et le mauvais vouloir envers le% races européennes. Il en est de même du service des postes, qui viennent toujours par terre. Elles sont très souvent protégées par les Indiens; ils leur procurent toujours des chevaux lorsqu'elles en manquent, et ils fournissent même des travailleurs pour Tentretien de la route.
Le système des chemins en usage dans les sections politiques que nous venons de parcourir est tout-à-fait exceptionnel, et parfaitement d'accord avec les moyens que la nature offre pour leur formation et leur entretien. L*épaisse couche de feuilles et de branches en décomposition qui couvre le sol des forêts, s'affaissant graduellement par l'action des chariots et des pieds des chevaux, y détermine une accumulation très nuisible des eaux atmosphériques, de manière que les chemins sont presque impraticables quelque temps après avoir été ouverts à grands frais. Pour obvier à cet inconvénient, et à défaut de pierre et de
gravier, on met sur la voie de grossiers planchers formés de fortes poutres, lesquelles, reposan sur des dormants plongés dans ^humidité, ont constamment besoin de réparations. Aussi, c^est seulement sur les terrains que le feu a dépouillés de la haute végétar tion et dans les vallées centrales que les voies de communication rendent en tout temps le service qu*on doit en attendre.
Nous avons déjà parlé de Pétat de l'industrie en Valdivia. Voici quelques traits qui caractérisent les habitants de cette contrée.
Le Yaldivien est /l'ordinaire peu enclin au trayail ; il est vrai qu'il n'en ressent pas la nécessité. Les habitants des départements d'Osorno et de TUnion sont les campagnards de la province. L'agriculture absorbe leur attention; la navigation, malgré les rivières navigables, n'est presque rien pour eux. Ceux du département de Valdivia, au contraire, dédaignent Fagriculture, que la présence des forêts rend si difficile, et sont, ainsi que les Chilotes, de vrais marins et abatteurs de bois. Ils ne connaissent que la hache ou la rame, et ils les manient avec une adresse étonnante. Le Valdivien dtt nord étant plus en contact avec les Indiens, montre dans se$ habitudes le point de transition qui sépare la barbarie de la civilisation. L'agriculture, l'exploitation des bois et la marine n'ont pas de charme pour lui; il ne s'adonne à ces sortes de travaux que faiblement et lorsqu'il y est poussé par un besoin urgent. Il est passionné pour les liqueurs spiritueuses, aime le commerce d'échange avec les Indiens, dont il possède parfaitement la langue^ et fournit aux convois de bestiaux d'excellents cavaliers pour les conduire à travers le territoire indien jusqu'à la Conception.
L'instruction primaire commence à se développer même parmi les Indiens incivilisés, grâce aux écoles établies dans lear territoire par les missionnaires, soas les auspices du Gouvernement. En Valdivia, sur 8,31 habitants, il y en a un qui sait lire et écrire, et on sur 6,92 sachant lire seulement.
Quant au commerce, l'exportation se rapporte seulement au Ck)rral, bien qu'elle se fasse également par le Rio Bueno. Les denrées qui y figurent de préférence sont, pour l'étranger: le fromage, le bois de construction et les objets d^histoire naturelle, le tout en très petites quantités. Lc^ principal article pour la consommation et pour le commerce intérieur est également le bois, lequel représente plus de la moitié de la valeur totale des exportations; le fromage y entre pour un tiers, et les bêtes à cornes, les peaux d^animaux, les ustensiles en bois pour les ménages, le blé, la farine, les pommes de terre, la bière, Peaude vie de grain et quelques autres produits industriels fournissent le reste.
Tableau du commerce intérieur et extérieur de la province, par le port de Valdivia, pendant une série d'années.
Aanéa
Otmmeroe
PièoM de bois.
Valeur
ToUl
iBdostrie
Total
1S44 1S46 1S48 ISft5
eitërîeur
intérieur
eit
int
ext.
int
ext
int
ext.
int
ext
int
Piastres
Piastres
Piastres
Piastres
Dans cette dernière année, le blé et la farine entrent tout dtin coup pour plus d'un tiers dans le chiffre des valeurs industrielles, et Pexportation des cuirs en nature a fait place à celles des cuirs tannés.
Voici des données officielles sur le noiiAre des propriétés territoriales, leur revenu calculé, et le montant de la contribution de la dlme prélevée sur leurs produits agricoles en 1852.
ProYince
Départements
Propriétés
Revenas
Dime
Valdivia .
Valdiyia. .
Osorno . .
Union . .
Total