‹ Essai sur le ChiliChapitre 25 sur 32 · ET *3 CL · texte numérisé non relu

ET *3 CL

PB

CM

San Felipe, capitale de la province, est une assez jolie ville; l'aisance et le luxe commencent à s'y développer, surtout depuis la découverte de Tor dans la Californie. Le prix des denrées agricoles et les travaux du chemin de fer entre V^alparaiso et Santiago ont appelé Tattention du commerce sur San Felipe, où déjà les établissements d'éducation et de bienfaisance et d*assez beaux bâtiments commencent à opérer un changement notable dans le sens de son progrès intellectuel et matériel. Mais sa situation géopraphique est beaucoup moins favorable que celle de la ville de los Andes, chef-lieu du département de Santa Rosa. Cette petite ville est, par rapport aux provinces argentines de Mendoza et de San Luis, ce que le port de Valparaiso est pour les provinces chiliennes de Colchahua, de Santiago et d'Aconcahua, c'est-à-dire le seul débouché convenable pour leurs productions. Elle est située précisément h l'entrée du haut et étroit passage d'Cspallata, qui met en communication le Chili de ces latitudes avec la République Argentine. C'est par là que les denrées volumineuses transandines arrivent au Chili pour chercher et la consommation immédiate et l'exportion par la voie de Valparaiso, et c*est aussi par le même chemin que les denrées européennes et chiliennes vont chercher un nouveau débouché dans la République Argentine. L'activité et le mouvement, si inusités dans les villes de lintérieur de la République, deviennent chaque jour plus grands à los Andes. L'établissement d^une nouvelle douane et plusieurs comptoirs du commerce de Valparaiso et de Santiago contribuent à Télan des transactions mercantiles, et les embellissements et la commodité paraissent en être la conséquence. Les objets principaux

introduits par Uspallata au Chili, en échange des marchandises européennes et chiliennes et de Targent monnayé, sont : de grands troupeaux de bétes à cornes, des chevaux, des mulets, du suif, de la viande sèche, des peaux de mouton, des laines, de la cochenille indigène, des fruits secs, du savon, des plumes d'autruche et des lingots de cuivre. Le mouvement du commerce andin n'a lieu que depuis le mois d'octobre jusqu'à la fin de mars, époques de la fonte et du renouvellement des neiges qui s'amassent en hiver sur les hauteurs des Cordillères.

Les petits villages de Ligua, de Petorca et de Putaendo, ainsi que quelques bourgades éparses, comme Coquimbito^ Papudo, Placilla et autres, ne méritent pas une mention particulière.

L'Aconcahua est très renommée par la qualité de ses chevaux.

La garde nationale y compte 3101 soldats de cavalerie et 1524 d'infanterie.

Linstruction publique commence à y faire sentir ses effets utiles; on y trouve déjà, sur 8,85 habitants, un individu sachant lire et écrire, et un, sur 7,37, sachant seuleiuent lire.

Voici la proportion de la division de la propriété^

son revenu calculé et la dîme prélevée en 1852,

Province

Départements

Propriétés

Aconcahua

San Felipe .

Andes . .

Putaendo Ligua . . .

Petorca . .

Total

Revenns

Dtme prélevée en 1852.

Province de Valparateo,

eréée par la loi da 27 ootobr* 184S.

La province de Valparaiso est comprise entre les parallèles 32. 37. et 33. 25. L. S. Elle doit son importance à la situation géographique de son port, situation nécessaire, quoiqu'elle ne présente, en hiver, qu'une sûreté très imparfaite aux nombreiLX navires qui le fréquentent. C'est la plus petite de toutes les provinces chiliennes. Elle est située à l'ouest de celle de Santiago, qui lui sert de limite à Test et au sud, et elle touche au nord à TAconcahua, et h l'ouest au Pacifique. Son étendue ne dépasse pas 140 lieues carrées. Le sol n'offre, au sud, que peu de plaines aux travaux agricoles, à cause de sa grande sécheresse et des inégalités profondes que les montagnes de ia côte y font naître; néanmoins il n'est pas pauvre, surtout au fond des vallées, où l'on utilise les plus petites sources et même les eaux pluviales pour les irrigations. Dans la partie septentrionale, au contraire, les terrains participent partiellement des avantages de ceux de TAconcahua, car ils sont la continuation de la vallée du même nom jusqu'à rOeéan. L'industrie agricole est très avancée aux environs du port de Valparaiso, en conséquence du débouché lucratif que trouvent les petites récoltes pour la consommation immédiate; mais le besoin des irrigations y est si pressant, qu'un riche propriétaire de la ville entreprit, il y a quelques années, l'ouvrage surprenant pour l'Amérique méridionale de faire venir de la vallée centrale, à travers les montagnes et les précipices, un canal profond, dont on attend à chaque moment Tachèvement. Ce canal doit non seulement changer l'aspect des environs de la ville, mais encore

faire prendre à une partie de la proyince une place avantageuse parmi les sections agricoles du pays.

Il existe presque partout en Valparaiso des couches alluviales aurifères plus ou moins riches.

Des filons de ce même métal se trouvent dans les districts des Palnias et d'Alvarado; ceux d*argent, dans les ramifications des montagnes de la Campana, dans la direction du district de la Calera« Il y a de riches, mines de cuivre dans les pentes occidentales de la chaîne centrale. Les mines du Cerro del Cobr€ produisent par jour plus de 609 quintaux de minerai d*un aloi de 60 à 70 pour cent de cuivre rouge.

Le fer oligiste se trouve à quatre lieues de la haie de Quinteros. Le minerai est d'une excellente qualité, et, d'après Pissis^ Tabondance en est telle, que le rapport de l'exploitation suffirait pour fournir à tons les besoins du pays. On ne songe pas encore 4 y établir le moindre travail.

Le même professeur dit qu'il y a de la chaux et quelques espèces de marbres dans les districts de Purutun et de Puchuncavi, et du kaolin dans celui

de las Tablas.

La province se divise en cinq départements: Casablanca, au sud; Valparaiso et Ferro-Carril, au centre; Quillota, au nord, etlestlesdeJuanFemandez, à 110 lieues à l'ouest, dans l'Océan Pacifique, par 33 ^ 4 ^ lat. S. Ce petit groupe se compose de l'tle de Juan Fernandez proprement dite, dont les plus grandes dimensions sont de 13 à 14 milles de longueur, sur 3 à 4 de largeur; de rilot de Santa Clara, situé au sud de Textrémité orientale de la première et ayant une longueur d\m mille et deux tiers, sur un de largeur, et de llle de Mas-Afuera, à 22 lieues au S. O. des deux autres.

Quoique l'aspect extérieur de ces lies leur donne tine apparence d'aridité, le sol en est fertile et la' vëgétatidn y est vigoureuse. Elles étaient auparavant peuplées "de chèvres devenues sauvages; mais la chasse les a beaucoup diminuées. Il y a un grand nombre de ruisseaux sur la pente des collines. Le port de San Bautista, connu dans la marine sous le nom de Cum^ berland, dans la partie N. 0. de Juan Fernandez, est assez mauvais; c'est le seul qui soit accessible aux grands navires. L^lle de Mas-Afuera n'a que des criques dangereuses qui peuvent seulement être abordées par des chaloupes. La ressource principale du département de Juan Femandez est la pêche de la morue: l'abondance de ce poisson et les dimensions des individus y sont remarquables. On y trouve aussi beaucoup d'amphibies. Ces fies sont considérées comme une colonie pénitentiaire; cependant des tentatives plus ou moins infructueuses commencent à se faire par le Gouvernement et par les particuliers pour leur donner le rôle politique et mercantile qu'elles paraissent appelées à représenter comme partie du territoire chilien. La plus considérable d'entre elles est devenue célèbre, tant pour avoir été le théâtre des aventures du marin Selkirk, lesquelles donnèrent- lieu à rhistoire de Robinson Crusoê, que pour avoir servi de prison aux habitants les plus respectables du Chili, envoyés dans cet exil par le gouvernement espagnol, en 1815.

Voici quelques données statistiques relatives à la province de Valparaiso:

es

y fa

.ife -Se

« « o o-S es « s V «

nv^idfH

«9IV|09df

iMfnnonJvd saioos i

fi •* ••

taiooa

Page 1