LES CLEARING-HOUSES
SECTION |. — Expansion des CLEARING-HOWSES
Les clearing-houses ont des origines lointaines, éparses dans l'histoire: la mensa du banquier romain, comme les banques del giro de l'Europe médiévale devenaient à certains jours le lieu de réunion où les commerçants de la même cité établissaient et comparaient les dettes respectives qui avaient pu se former entre eux et les allégearent par une immédiate compensation, simplifiant les comptes de leur banquier commun (1).
Mais, pour voir s'édifier, dans toute la clarté de son mécanisme, dans toute sa force, l'institution qui devait. si largement rayonner sur la vie économique de notre temps, il faut considérer l’ancienne France. La ville de Lyon, devenue quatre fois par an lors de ses foires, l’un des grands carrefours du commerce international, n'avait pas une banque semblable, par son organisation et sa puissance de crédit, à celles
(1) V. Stanley Jevons, op, cùt., p. 163.
PRES que d’autres cités commerçantes s'étaient faites. C'est ainsi que les hommes d'affaires, marchands, banquiers, entre lesquels s'était accompli le mouvement des transactions imaginèrent, pour suppléer à une institution qui leur manquait, d'établir entre eux un système de compensation qui devait, pendant de longs siècles, simplifier dans une large mesure le dénouement des innombrables créances que faisaient surgir les paiements de Lyon. Une vieille coutume, plus tard sanctionnée par une loi impérative: l’ordonnance du 2 juin 1667, les réunissait donc quatre fois par an (mars, juin, septembre, décembre), à la loge des changes, sous la présidence du prévôt des marchands (1). Boisguillobert estimera, en 1700, à 80 millions le chiffre des créances concentrées, puis définitivement éteintes, lors de ces quatre échéances (2). Cependant, l’idée mise en action par ces orandes assises du crédit, vulgarisée par le livre de Savary dans les principales langues de l'Europe (3), pratiquée d’ailleurs à Lyon, entre des gens qui étaient comme les délégués du commerce universel, se répandait en Grande-Bretagne, cette nation jadis rebelle, paraît-il, aux liquidations abstraites, dont les marchands préféraient l'argent au comptant au papier. Et quand, vers 1760'et 1773, surgiront les clea-
(1) Sur les paiements de Lyon, v. Mémoire du conseil de commerce de la ville de Lyon, 24 Ventose an X (rapp. p. Alph. Courtois, Âisloire des Banques en France. Paris, Guillaumin, 1881).
(2) V. Economistes financiers du XVIII siècle (collection Guillaumin, Paris, 1843), p. 398.
(3) Savary, Parfait négociant, Paris, 1675.