‹ Essai sur le 'Clearing-System'Chapitre 6 sur 25 · TES · texte numérisé non relu

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l'application de la loi de Gresham comme le faisaient les anciennes banques de virement.

Et cette cause va amener une collaboration, toujours plus active, dans la seconde partie du XIX° siècle, des banques privilégiées de chaque pays aux opérations de clearing en général et de virement en particulier. De plus en plus banques des banquiers, les banques d'Angleterre, de France, etc., tendent à centraliser, sous une forme synthétique, les comptes et l’encaisse de la nation. La hiérarchie se forme d'ailleurs à plusieurs degrés; parfois, on voit les country-banks anglaises, par exemple, ressortissant chacune à une grande banque de Londres, cliente elle-même de la Banque d'Angleterre : c'est par l’action du clearing house de Londres que se consolide la chaîne. Et si la Banque d'Angleterre, la Banque de France, les grandes banques américaines, d’abord assez éloignées des opérations de clearing, ont, en quelque sorte, évolué pour y prendre la part qu'elles y ont,la Banque de l'Empire, en Allemagne, a, dès son origine, eu pour mission formelle de «faciliter les paiements par compensation » (article 12; loi du 14 mars 1875).

Les résultats ont été considérables ; on les apprécie, notamment,par la diffusion du chèque, véhicule habituel du clearing sous toutes ses formes ; on le lrouve déjà extrême en Angleterre en 1865, où, dans la circulation de lune des grandes banques, la banque de John Lubbock (1), les chèques et autres

(1) Publiée, en 1865, par John Lubbock / Statistical Journal), reproduite par Stanley Jevons : La monnaie et le mécanisme de l'échange.

litres ressortissantau c/earing-house forment70,8 0/0, les chèques et autres titres ne ressortissant pas au clearing-house 23,3 0/0, contre 5 0/0 de banknotes de la Banque d'Angleterre, 0,6 0/0 de métal, 0,3 0/0 de billets des banques de province. Que l’évolution se soit encore affirmée depuis, c'est, pour n'envisager encore qu'une des formes du clearing, le chiffre progressif des virements en banque à Londres (6.221.206.000 livres sterling, en 1882, 7.491.280.000 livres sterling, en 1897), à Manchester (193.005.400 livres sterling, en 1897). Liverpool, signalé d’abord par Stanley Jevons (1) comme hostile au principe du chèque et du clearing, arrive cependant, en 1896, à 120.406.000 livres sterling, en 1897, à 121.505.700 livres sterling de virements (2).

Et après avoir ainsi considéré le progrès du clearing par les grandes banques,on doit mentionner en Angleterre la grande vulgarisation de son usage sous cette forme originale constituée par la Banque des chèques, fondée à l’instigation de James Hertz, délivrant des carnets de chèques d'un import limité etfmême légèrement inférieur aux dépôts qu'on lui a confiés, puis, disséminant ces dépôts entre d’innombrables banques : 2.200 en Angleterre, 1.500 sur le territoire colonial ou étranger en 1894 (5). Banque des banquiers parce qu'elle leur partage ses dépôts au lieu de concentrer les leurs, comme la

(FEV 09. cit:

(2) V. statistique publiée dans l’Economuste français, 18971. (3) V. de Greef : Le Crédit commerczal et la Banque national

de Belgique; Institut des sciences sociales, 5° année, p. 99.

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