RE RUE
préciser l'évolution de cette idée, fixée, véritable « forme hypertrophiée de l'attention » (Ribol).
Parfois l'individu, conscient de cet envahissement, cherche à lui résister, que ce soit pour restreindre la tendance trop impérieuse ou simplement, à l’occasion de tel cas fortuit, en général une dépense exagérée. On peut alors observer la lutte consciente entre un désir qui tend à la réalisation et l’inhibition du jugement qui l'estime déraisonnable. La représentation de l’objet convoité s’impose à la conscience, détermine une vive attraction. L’interdiction volontaire s'accompagne de gêne, d'angoisse parfois paroxystique. Que le collectionneur, alors, cède à la tentation, « commette » son achat, il sera délivrée, tout en sachant ce que son acte peut entrainer de gêne. Sa jouissance est double, après avoir fait « une folie » : il possède ce qu'il voulait et il éprouve la détente après la lutte. Ce phénomène, obsession véritable, extrêmement fréquent, est facilement confessé par les intéressés.
Veulent-ils, d’un seul coup, supprimer ou même limiter leur habitude d'acquisition : le même mécanisme fonctionne ; et la volonté l'emporte rarement. Les rechutes sont normales. «& Demandez à l’ivrogne de ne plus boire, » s’écrie Demmin (1). Au reste, pour beaucoup, la recherche et le désir d'achat créent une sorte d’état de besoin, comparable à celui des toxicomanes. Ils expriment fort