‹ Essai sur le collectionnismeChapitre 21 sur 54 · Demmin, p · texte numérisé non relu

Demmin, p

nettement leur souffrance lorsque, depuis quelque temps, ils n'ont rien poursuivi, rien acheté, en dépit des conseils reçus, des résolutions affirmées.

Aussi bien, lorsque, matériellement, il n’a pas trop à en pâtir, et encore, le collectionneur acceptet-il sa tendance, s’y adonne-t-il, non avec résignation mais plein de joie. La plupart de ceux qui parlent ou écrivent d'eux-mêmes concordentsur ce point. « Que si l’on me demande quel est l’homme le plus heureux je repondrai : un bibliophile, en admettant que ce

soit un homme (1) ».

Une telle tendance, ainsi accueillie, détermine une série d’attitudes mentales particulières. Nous trouvons tout d’abord un état de spécialisation de l’activité, qui tend à s'orienter de plus en plus exclusivement dans le sens de ses désirs ; cette polarisation intellectuelle est franchement exprimée par Champfleury : « Toute pensée étrangère doit être sacrifiée à la collection (2) ».

Il en résulte la production d'états de distraction fréquents, isolant l’individu et les objets de son appétition du monde extérieur. Nous citerons, comme exemple, le fait suivant : le cortège d’un souverain étranger descendant les Champs-Elysées, et son passage naltirant pas l'attention des collectionneurs, absorbés par leurs échanges à la Bourse aux Timbresposte (3).

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