P.-L. Jacob, Lesamateurs de vieux livres, p
2, Chamfleury. Hôtel des commissaires-priseurs, p. 268. 3. Waraod, p. 66.
Cette extension, on le conçoit, amène à faire le rapprochement classique du collectionnisme et des états passionnels, de la passion amoureuse en particulier. Il nous paraît fort exact. Nous y retrouvons d'abord, les mêmes réactions affectives, le même plaisir de contemplation. « Qu'il reste à son logis ou qu’il en sorte, il donne un coup d'œil à ses dieux favorables (1). » Les petits soins, l’empressement sont comparables. On sait la joie de beaucoup de collectionneurs à ranger, nettoyer, restaurer eux-mêmes leurs objets; et cela, non seulement par crainte de vol ou de maladresse, mais, surtout, pour la satisfaction de les servir, de les toucher, d’en jouir en personne. La dilection s'étend même à ceux qu'ils ne possèdent pas, et bien souvent ils souffrent
à voir détruire ou mutiler ce qu’ils ne songent même pas à acquérir.
Dans l’ensemble, cette passion est surtout agréable ; il est, par exemple, curieux de noter dans le Philobiblion de R. de Bury ce contraste entre le ton général, sévère, purement intellectuel, de l’ouvrage et un passage (ch. XI), où il écrit : « L'amour des livres, qui nous a saisi comme une langueur voluptueuse. » Il y a encore quantité d’analogies : la même tendance au lyrisme pour exalter son bonheur, célébrer les charmes de sa passion, la même naïveté dans l’appréciation de ses mérites, les mêmes enthousiasmes, la même tendance au mystère, la