‹ Essai sur le collectionnismeChapitre 42 sur 54 · Féré · texte numérisé non relu

Féré

{9% — série. La dépense d’argent trouve satisfaction en soi-même, et n’est pas un moyen.

En ce qui concerne les Kleptomanes, le problème est différent. Rappelons, d’abord, leur extrême rareté, à l’état pur, au point que Lasègue ait pu mettre en doute leur existence. Le plus souvent leur acte est intéressé et ne représente qu’une insuffsance de la volonté ou du sens moral, en face d’une tentation un. peu trop vive,

En ce sens, ils se rapprochent des collectionneurs voleurs, et paraissent plutôt des délinquants ordinaires que les esclaves d’une obsession morbide, autonome. D’autres se présentent comme des débiles mentaux, agissant pour leur compte ou utilisés par autrui et prêts à la sursimulation pour éviter les rigueurs de la loi. Ainsi peut être interprété un cas présenté par Briand et Salomon (1). Parfois il s’agit de débiles vaniteux qui volent pour satisfaire un besoin de luxe disproportionné. Tel est celui que cite Lunier (2). On trouva chez lui des paletots, des foulards, des écrans, des cravates en grand nombre, et certains de valeur minime. Ils avaient été reçus en Cadeau, volés ou pris à condition. Il désirait se monter luxueusement, en escomptant des succès littéraires, impossibles, qui lui permettraient de tout rembourser. Ici encore, l'accumulation d'objets analogues est faite sans système, sans ordre, repré-

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