‹ Essai sur le collectionnismeChapitre 44 sur 54 · Psych. sex., ch. IL · texte numérisé non relu

Psych. sex., ch. IL

Il avait également chez lui des épingles à cheveux, des rubans et autres objets de toilette féminine qu'il s'était fait donner en cadeaux. De tout temps il eut une véritable manie à collectionner des objets de ce genre, de même que des feuilles de journaux, des morceaux de bois et autres objets sans aucune valeur, mais dont il n’aurait voulu se dessaisir ».

On note encore en lui une lourde hérédité, des séries d’ob-

sessions et une grande impulsivité.

Chez cet individu, à lourdes tares constitutionnelle:, nous rencontrons associées la tendance à conserver des objets, inutilisés, en série, pour la seule possession, et, d’autre part la mise en réserve habituelle aux fétichistes.

On pourrait peut-être, au moins d’une manière figurée, comparer l’extrême spécialisation fréquente chez certains collectionneurs, à un véritable fétichisme. Par là ils s’opposeraient aux Amateurs, représentant, dans cette comparaison le terme de l’amour sexuel accoutumé,et ses modalités réputées normales. De même que ce dernier, à l’analyse minutieuse, peut être ordinairement entaché de quelque tendance félichiste, de même il n’est guère d’amateur chez lequel, malgré ses dénégations, on ne puisse rencontrer quelques faits de collection nisme,

On peut encore rapprocher de la collectionnomanie certaines formes d’avarice, notamment celles qui concernent les vieux avares, insociables, nettement pathologiques, entièrement absorbés par le culte de

leur trésor. Le cas se retrouve chez ces Mendiants Thésauriseurs, étudiés par Dupré (1), surtout pour ceux qui constitue leur magot avec des espèces pécuniaires déterminées, de l’or principalement. Néanmoins, ce qu'ils possèdent constituent, semblet-il, dans leur esprit un tout indistinct et chaque pièce amassée y perd son individualité. Pourtant, à un degré d'évolution très avancé, avare et collectionneur deviennent davantage comparables : le magot et la collection sont des entités personnifiées qu'il faut enrichir et accroître sans cesse. À ce point, l’activité devient plus automatique, presque stéréotypé, et chez le second Ja discrimination de chaque objet moins précise. Cependant l'amour du thésaurisseur pour son irésor reste toujours reporté sur luimême ; il tend à le supprimer en même temps que sa propre personne, faute de pouvoir l’emporter avec lui dans la mort ; on retrouve l’attachement de l’individu à une puissance destinée primitivement à la défendre. Au contraire le monomane de la collection ou bien ne se soucie plus guère de l’avenir de ce qu’il possède, après sa disparition ; ou bien il cherche encore à en garantir la conservation. Il l'aime pour elle-même.

Nous signalerons enfin, comme analogie, cer:

tains moyens de précaution utilisés quelquefois par des obsédés. On peut observer ainsi l’accumulation d'objets identiques,mais toujours destinés à

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