‹ Essai sur le collectionnismeChapitre 45 sur 54 · Paris médical, 5 octobre 1912, n · texte numérisé non relu

Paris médical, 5 octobre 1912, n

parer une angoisse obsédante. Schüle (1) cite le cas suivant : € Un malade achète une foule de dictionnaires, et le motif n’en est pas le besoin de s’instruire, qu’on auraït pu supposer tout d’abord ; en réalité, le mot obsédant était représenté par la syllabe fic, laquelle s'était emparée du malade lorsqu'il avait entendu prononcer ce mot politique ; et cette syllabe est restée obsédante ; c’est pour s’en débarrasser que le malade a acheté tous ces dictionnaires par suite de l’assonance : «tic», dictionnaire » Dans le même ordre de faits, on rencontre des obsédés, onomatomanes, qui rédigent, conservent et transportent avec eux des cahiers contenant des listes de mots, parfois interminables. Ici encore il ne s’agit que d’une mesure de précaution, bien plutôt que de collectionnisme véritable.

En résumé, nous avons tenté de séparer, au milieu de diverses formes d’acquisivité anormale, celle qui nous paraît répondre à la collectionnomanie. Elle est caractérisée par la prédominance de l’activité de collection, développée chez un sujet manifestement dégénéré.

Bien entendu, nous ne ferons que signaler lachronicité de cet état, véritablement contitutionnel, et qui présente toutes chances de durer autant que celui qui en est atteint. Apparaissant à l’âge adulte, il tend à se fixer, à se spécialiser toujours davantage. On pourrait rappeler pour lui la remarque clinique de

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