LE COLLECTIONNISME DES ALIÉNÉS
LES PSEUDO-COLLECTIONNISMES
Nombreux (1) sont les aliéné: qui recueillent et conservent un certain nombre d’objets, en apparence, au moins, inutiles, et souvent réunis sans choix apparent. (in déclare, habituellement, qu'ils « collectionnent », et le fait banal dans les services d’asiles, bien connu des aliénistes, est classiquement considéré comme signe de chronicité ou de démence. Nous ne trouvons pas grand’chose de plus à ce sujet dans la littérature psychiatrique, si ce n'est qu'il peut être passager dans la manie (Krafft-Ehing, Chaslin). En 1904, présentant à la Société Médicopsychologique une observation sur laquelle nous reviendrons, Leroy, constatait que le collectionnisme, comme symptôme démentiel, «un des plus
1. C'est avec un grand plaisir que nous remercions ici M. le D: Vurpas ; grâce à lui nous avons pu, dans son service de Bicêtre, observer divers aliénés collectionnistes, dont ceux que nous citons particulièrement dans ce chapitre.
Nous en avons également étudié dans le service de notre Maitre, M. le D' Maillard à Bicètre. Nous sommes heureux de cette occasion de lui témoigner notre profonde gratitude.
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connus, est peut-être celui qui a été le moins étudié ». |
Une étude de Courbon (1) apporte un premier classement avec cette définition du collectionnisme : «Impulsion à recueillir des objets trouvés », ce que, familièrement, on nomme « manie de ramasser les choses qui traînent » et la tendance à en bourrer ses poches. Il le divise en trois groupes : 1° Délirant, à caractère électif : 2° Obsédant, également électif ; 3° Inconscient. Automatique, par fausse stéréotypie.
Nous avons envisagé les cas du deuxième groupe dans le chapitre précédent. Nous essaierons de préciser davantage, et de séparer des modes qui nous paraissent difléreats, entre eux, et assez éloignés de ce que nous avons étudié sous le même nom.
Rappelons, tout de suite, que le pensionnaire d'asile n’a pas, dans le milieu limité où il est placé, l’occasion de chercher et de rencontrer des objets bien variés. D’où la banalité et la monotonie relatives de ce qu’il amasse., Néanmoins la façon de procéder et les facteurs mentaux qui le déterminent arrivent à créer des types que l’on peut nettement séparer.
D'une manière transitoire, on peut voir des malades, au cours d’un accès de manie, surtout au début, s’affubler de nombreux oripeaux bariolés, entasser sur eux, dans un sac, dans leur cellule, tout ce qu’ils trouvent à leur portéeet peuvent ramasser.
1. Sémiologie de la mise des Aliénés, in Encéphale, déc. 1919.