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Nous en trouvons un cas, dû à Chaslin (1), chez un maniaque intermittent ; le ramassage et le chiffonnage sont diffus, saps choix, sans persistance, résultant, avant tout, de l'excitation motrice, et se présentant comme «le phénomène partiel d’un accès de manie (2). »
Une autre formule de pseudo-collectionnisme transitoire ou épisodique est donnée par des mélancoliques. Nous voulons parler de ceux qui, en vue du suicide, avalent divers objets, notamment des épingles. Mais véritablement ici, il ne s’agit que de la répétition d'un acte considéré comme moyen de réaliser une idée délirante.
Certains débiles nous fournissent des exemples plus proches dela collection elle-même. Ainsi, Eng. (Imbécillité) ramasse, par intervalles, des bouts de journal, surtout s’il y a des images, les conserve quelques jours, puis les jette. Si on lui demande ses raisons il nous dit : « c’est pour les regarder. Quand j'en ai eu assez de les regarder, alors je les ai jetés et j'y ai plus pensé, » Il ya donc chez lui surtout la recherche d’une contemplation agréable amenant une satisfaction esthétique primitive plus que de la possession. Æng. est, si l’on veut, un rudiment d’amateur, mais non de collectionneur.
Nous trouvons quelque chose d’analogue, chez Aud., qui garde des images, assez proprement découpées dans les journaux, et les place dans un livre.
1. Sémiologie et (lin. mentales (Obs. Met., p. 639). 2. Krafïft-Ebing, Tr. Clin.de Psych., p. 275.
Interrogé à ce sujet il nous dit : « Oh ! je ne suis pas un colleetionneur, moi, je travaille d'habitude. [ci je m'embête Moije fais ça pour passer mon temps : je les garde pour marquer mon livre. Quand j'en ai assez, je les déchire. » Ici, l’activité de jeu, toute simple est et reste considérée par l’intéressé comme répondant à un besoin de distraction, c'est un simple pseudo- collectionnisme par amusement. On le retrouve assez souvent chez les débiles, appliqué à l’ornementation de leur costume ou à la conservation d'objets, par eux jugés artistiques. Dans cet ordre, on peut trouver tous les intermédiaires entre l’amateur le plus judicieux, et l’imbécile qui se plaît à garder et regarder des papiers surchargés de peintures grossièrement exécutées.
Dans une autre série de malades, on trouve des tendances à l’acquisition et à la conservation d’objets, d’une manière plus durable. Ces tendances sont vagues dans leur mobile et, surtout diffuses, dans leur réalisation, ou au contraire, comportant une certaine spécialisation dont on peut, en général, découvrir l'intention originale.
Dans ce dernier groupe, qui correspond au collectionnisme délirant de Courbon, nous observons des cas divers.Certains aliénés mettent en réserve ce qui pourra leur servir. Ainsi le personnel nous signale que Auv. (idiot), se met, assez souvent, à ramasser des bouts de papier dans la cour. Effectivement, nous en trouvons, dans ses poches, un certain nombre.