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pas un moyen de satisfaction passagère; mais, au contraire, il tend à les incorporer définitivement à son moi. L'ensemble de ce qu’il possède constitue sa propre collection ; elle n’est plus un assemblage d'objets divers, elle est devenue sienne.
Et, le plus souvent, cette possession lui suffit, elle n’est plus un moyen, mais bien une fin. On pourrait ainsi dire, comme R. de Fursac pour l’Avare endurci (1), que l'amour de la collection est « désintéressé ». Le fait est fréquemment mis en évidence par ces bibliomanes qui tiennent leurs livres les plus rares soigneusement cloîtrés dans un cartonnage, au fond d’une bibliothèque verrouillée, d’où ils ne les font, en pralique, jamais sortir. Veulent-ils en lire le texte, qu'ils utilisent un exemplaire banal et sans agrément.
À un moindre degré, l’on sait combien un biblioph'le préfère lire dans « son » livre plutôt que dans un ouvrage loué ou emprunté.
Ce trait, bien connu, est signalé par Diderot, à propos de Randon de Boisset : « Sa bibliothèque est double: l’une, des plus belles éditions qu’il respecte au point de ne les jamais ouvrir ; il lui suffit de les avoir et de les montrer ; l’autre, d'éditions communes qu'il lit, qu’il prête et qu’on fatigue tant qu'on veut. »
Ainsi la notion des objets en sa possession est souvent plus importante pour le collectionneur que