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lions commerciales de toute sorte enlevées à notre ville ainsi doublement appauvrie.
Ce qui le prouve, c'est l'exportation considérable de lingots d'argent qui a lieu par notre port depuis la suspension des travaux de l'hôtel des monnaies. En 1838, pendant qu'il travaillait, cette exportation n'était que de 138,400 francs ; en 1839 elle s'élevait à 1,923,800 francs ; en 1840 , à 6,644,200 ; en 1841 , à 1,309,400 francs. (1) Nos ateliers d'affinage et de monnayage ont perdu le travail auquel auraient donné lieu non seulement ces lingots, mais encore ceux que l'inactivité de notre hôtel a fait adresser directement aux ports rivaux.
Pendant ce temps, les exportations d'espèces monnayées pour compte du commerce (sans parler de celles pour compte du Trésor) se maintiennent au chiffre le plus élevé. La Douane a constaté l'envoi à l'Etranger par le port de Marseille, en 1838, de 1 1,924,964 francs monnaie d'argent.— En 1839, de 16,341,100.— En 1840, de 15,719,000 francs.— En 1841, de 10,822,200 francs.
Les riches mines de l'Espagne à peine exploitées versent déjà des quantités considérables de barres d'argent (2) à Marseille, qui les expédie à Gênes, d'où on nous les renvoie converties en pièces de 5 lire à l'effigie de S. M. Sarde , ayant cours en France (3). N'est-ce pas là une perte de travail et de profit pour Marseille et pour le royaume?
L' Asie-Mineure renferme aussi des mines précieuses et abondantes. Que les Osmanlis permettent leur exploitation à l'activité européenne, et l'on verra des galions richement chargés partir de Trébisonde , de Samsoum et de Sinope. Débarqueront-ils à Gênes ou à Marseille? La solution de celte question dépend de l'existence d'un hôtel des monnaies à Marseille.
On le voit, les résultats de la suppression de cet hôtel seraient désastreux pour le commerce de la France. Quels avantages obtiendrait-on en compensation de ces pertes? aucun. Espérons donc que cette suppression ne sera pas prononcée : si elle l'était , je gouvernement lui-même , déçu dans les espérances qu'on lui a fait concevoir du système de centralisation de la fabrication des
(1) Dont 791,800 fr. ponr la Sardaigoe et 304,600 pour la Toscane, qui ont des ateliers de monnaie.
(2) En 1841 nous avons reçu d'Espagne 788 kil. argent en lingots. {157,600 fr.)
(3) La Sardaigne a importé à Marseille en 1811, 34,911 kil. (6,882,200 fr.) argent monnayé.
monnaies à Paris , syslême mauvais en lui-même , le gouvernement , dis-je , frappé des funestes conséquences de la destruction de l'hôtel des monnaies de Marseille , serait obligé de revenir sur «es pas et de le rétablir.