SORTIS
,Pouillac..
.Bordeaux.
Paimbœuf.
LaRochell.
Lorient...
Nantes. , .
Brest. ...
!st-Malo..
Honfleur..
\c\.e bourg, caen
Rouen. . .
Le Havre..
Calais
Dunkerque Marseille. .
Toulon...
Totaux.'
En 1841 , 15 navires jaugeant 1477 tx. montés par 135 hommes, sont venus du Sénégal à Marseille. — 18 navires de 1808 tx. montés par 159 hommes , sont partis de notre port pour cette colonie.
En 1833 et 1840, les principaux articles importés du Sénégal en France ont été les suivans :
Peaux sèches , grandes, q. m 4,066 3,327
Cire non ouvrée » ... 1 ,048 466
Dents d'éléphant » ... 46 69
Gommes. ..^ » ... 7,181 24,828
En 1833 , la valeur des importations du Sénégal à Marseille a été de 1,002,732 francs. Celle des exportations de Marseille pour cette colonie s'est élevée à 1,701,109 francs. En 1839, les importations se sont élevées à 2,731,039 fr., les exportations à 2,212,119 tr.
On voit par la comparaison de ces chiffres avec ceux qui s'appliquent à toute la France , que Marseille, à elle seule, entretenait en 1S33 avec le Sénégal des relations plus importantes que tout le reste du royaume. Depuis , Bordeaux a pris le premier rang.
Pri ncipaux articles importés du Sénégal à Marseille,
Peaux sèches grandes., q. m. 3,899 5,797 3,620 2,639 2,656
Cire brune >> 875 822 577 319 821
Café.. D — — 58 9 4
Dents d'éléphant » 30 61 41 52 43
Boisdecailcédra,etc. » 710 2,975 — 849 348
Gommes(l) » 2,399 1,864 12,096 8,589 7,775
Cuivre » 82 25 36 42 40
Or brut kil. 8 11 28 35 51
Or monnayé 4 15 — — 8
Argent brut et monnayé » 57 197 482 5 624
Principaux articles exportés de Marseille pour le Sénégal
Farine de froment q.m. 521 8 438 2 80
Fruits secs et tapés » 62 24 13 25 18
» confits au vinaigre. » 10 29 15 37 23
Amandes , noix , noisettes » 18 10 17 20 19
Sucrebrut >» 159 211 388 163 173
Sucre terré » 62 — — 12 48
(1) Il en a été importé en 1835 , 6,010 quintaux métriques. —Eu 1836, 5,052 quintaux métriques. — en 1837, 9,616 quintaux métriques. —En 1838, 12,125 quintaux métriques.
Sirops, bonbons, confitur. q. m. 37 70 108 97 46
Mélasse » 244 9 916 595 536
Huile d'olive » 70 74 168 154 211
Huile de graines grasses . » 35 24 27 13 14
Bois scié, planches.... mètres 25,071 20,962 15,448 12,359 —
Fer en barres q.m. 1,152 315 — 34 ^
Plomb ouvré , grenailles . » 201 46 80 156 122
Parfumeries » 16 12 25 42 20
Savon » 230 200 241 291 410
Chandelles » 70 101 158 122 246
Tabac fabriqué.. » 6 5 17 5
Sucre raffiné » 158 113 413 352 504
Vin ordinaire en fut hect. 2,953 4,218 3,202 3,363 4,180
Vin ordinaire en bout. . . » 63 79 78 75 55
Vin de liqueur en fut.... » 24 16 3 — 12
Vin de liqueur en bout... » 17 19 12 20 3
Bière » 91 132 178 147 42
Eau-de-vie de vin » 1,693 898 659 1,669 1,613
Liqueur » 114 141 178 180 73
JPoterie grossière '.q.m. 175 24 94 76 141
Miroirs petits..... ». 12 57 35 21 4
Grains de verre p. colliers » 772 1,548 16 2,594 1
Grains de verre p. broder. » 46 6 11 34' Il
Fil de coton >» ' 19 18 29 46 18
Toiles de lin écrues » 65 42 154 147 141
Toiles cirées kil. 111 — 90 — 210
Draps de laine » 1,032 907 2,039 2,871 996
Tissus de coton q.m. 145 274 167 162 117
Guinées(l) pièces. 1,550 7,459 11,171 25,473 17,050
Chapeaux feutre ou soie... » 436 443 451 288 200
Papier q.m. 203 21 li5 120 9
Peaux ouvrées, souliers, etc. » 27 10 18 25 30
Chapeaux de paille pièces 661 717 000 450 500
Ouvrages en fer, quincail. q. m. 64 149 82 110 93
» en laiton ou cuivre. » 6 2 27 20 2
Corail taillé non monté., kil. 188 195 9l8 503 673
Armes de guerre blanches q. m. 8 3 31 3 — Armes à feu de guerre et
de chasse » 70 26 111 96 Î7
Armes de traite à feu et
blanches » 90 91 36 63 6
Coutellerie » 30 12 25 37 9
Mercerie «... » 31 62 45 60 35
(1) Il en a été exporté , en 1835 , 2.3,203 pièces. — En ISaCi, 10,429. — Ea 1837,21,258. — En 18.38 , 38,708.
Les marchandises françaises hon prohibées au Sénégal et qui y sont expédiées, sont exemples de droits de sortie en France.
En outre , le commerce a la faculté d'extraire des entrepôts réels , sous le seul paiement du droit de réexportation, un grand nombre d'objets, entr'autres les suivans : couteaux de traite , — rassades et autres verroteries , — grosse quincaillerie (2) , — toiles dites guinées , lorsque ces toiles ont été importées directement en France par navires français , — fer de Suède , — bonnets de laine , — grelots, — petits miroirs d'Allemagne , — fusils et sabres de traite , — denrées coloniales provenant du crû des Antilles Françaises, de Cayonne et de Bourbon , etc.
Les expéditions pour le Sénégal ne peuvent avoir lieu que dans les ports qui ont un entrepôt réel.
Plusieurs produits du Sénégal sont admissibles en France avec une modération de droit , savoir : bois débénisterie , — grandes peaux brutes sèches , — cire brune non chariliée , — dents d'éléphant, — gomme pure, — salsepareille , — feuilles et follicules de séné, — coton sans distinction d'espèce.
Depuis que les tentatives de culture faites au Sénégal ont été abandonnées, ces trois derniers produits n'entrent plus pour rien dans les chargemens de retour.
Les produits précités doivent sous pc^ine d'être considérés comme étrangers, arriver en droiture dans les ports d'entrepôt fictif sans faire escale à l'étranger, sauf le cas de force majeure dûment justifié.
La plupart des dispositions qui régissent le commerce du Sénégal sont applicables à l'île deGorée.
Cependant l'exclusion absolue du pavillon étranger établie au Sénégal en faveur de notre navigation , n'est point en vigueur à Gorée .
Les productions naturelles étrangères à l'Europe sont reçues en entrepôt dans celte île , et peuvent y être apportées par les navires de tout pavillon , en payant les droits du tarif annexé à la décision royale du 7 janvier 1822.
Les bâiimens français peuvent importer directement , de l'étranger à Gorée , comme dans les autres établissemens français de la côte occidentale d'Afrique , les fers et aciers non ouvrés et les poudres à tirer de toute espèce, en exemption de droit.
(1) La grosse quincaillerie comprend les fléaux de balance, les limes com munes, les étrilles, les étaux grossiers et les enclumes.
Les conventions conclues entre la France et les Etats-Unis garantissent le traitement national aux navires français qui vont de nos colonies dans les ports de l'Union. Malheureusement dans l'énumération de ces colonies , Gorée a été oubliée , et le gouvernement fédéral se prévaut de cet oubli pour refuser d'admettre au traitement national les navires qui viennent de celte île. 11 est donc urgent de réparer cette omission , qui nuit beaucoup au commerce de Gorée.
La guerre engagée avec les maures Trazas, nuit à la prospérité de notre colonie. Le commerce avec les habitans de l'intérieur est devenu presque impossible aux Français ; et les Anglais s'en sont emparés. Il est à désirer que cet état de choses cesse promptement(1835).
L'intérêt de la France est de s'assurer le monopole du commerce avec les nombreuses peuplades qui campent sur les deux rives du Sénégal , et de leur fournir seule tous les objets dont elles ont besoin (1). Sur la droite du fleuve , nous vendons aux Maures des tissus et des armes , et nous recevons en échange h gomme , produit de leurs torets , et l'or qu'ils apportent de l'intérieur ; sur la gauche , nous vendons de l'ambre , du corail, des verroteries , du fer et des eaux-de-vie aux nègres, qui nous donnent 'en échange non-seulement la cire , l'ivoire et les peaux que nous exportons , mais encore les céréales qu'ils cultivent , les bois de construction et de chaulTage , le bétail et les fourrages qui sont indispensables à l'approvisionnement de ia colonie. Ces échanges se font de temps immémorial , à des époques fixes et à des lieux désignés, qu'on appelle escales. Il en existe trois dans le bas du fleuve , celles des Darmankourts , des Trasas et des Braknas. Lorsque les communications sont rompues avec ces escales , par le lait des hostilités
(\) L'Angleterre nons a souvent disputé ce commerce , et elle a employé toute sorte de moyens pour l'attirer à Portendick. 11 a fallu même saisir ou repousser des navires anglais qui prétendaient commercer dans la baie de Portendick, mise par nous en état de blocus. Des difficultés se sont élevées et ue sont pas encore aplanies.
Le droit de la France est évident. Portendick lui appartient d'après l'art. 9 du traité de 1783. Il est vrai qne les Anglais se sont réservé la faculté dans l'art. 11 d'y faire le commerce, en s'engageaut, toutefois, à n'y avoir aucun étabiissement permanent. { Ils traitent sous voile ) , mais on ne peut se prévaloir sérieusement de cet article pour dénier aux Frauçais le droit de bloquer Portendick , où se réunissaient les Maures Trazas [lorsqu'ils étaient en guerre avec nous.
ou de l'éloignement des indigènes , il n'y a plus de traiie possible , et un commerce de plusieurs millions se trouve ainsi anéanti.
Il importe donc de terminer la guerre commencée. Pour cela il faudrait envoyer 800 hommes de troupes à Saint-Louis , à Gorée et à différens postes du fleuve : la crainte que ce déploiement de force inspirerait aux Africains, amènerait promptement la conclusion d'une paix avantageuse et durable.
Le gouvernement a reconnu cette nécessité ; M. le ministre de la marine , dans la discussion de la loi votée le 23 avril 1835 , par la chambre des députés, a dit : « Dans notre colonie du Sénégal il » ne s'agit pas seulement de la tranquillité publique , de la protec- » tion d'un commerce important , mais, ce qui est beaucoup plus » grave , il s'agit de la mettre à l'abri des insultes et des attaques » d'une tribu hostile , auxquelles il faut enfin mettre un terme . » Toutes les mesures sont prises pour l'atteindre. »
Le commerce recueillit avec satisfaction cette assurance positive de la bouche d'un homme d'un caractère aussi ferme et aussi élevé que M. l'amiral Duperré.
En effet , la paix ne tarda pas à être rétablie. Les échanges reprirent une grande activité. La base de ces échanges est d'un côté la gomme, de l'autre les toiles bleues de l'Inde ô'iies guinées. L'exportation de ces tissus de France au Sénégal a été en 1836 de 119,593 pièces ; en 1837 , de 1 10,265 ; en 1838 , de 239,943 ; en 1839 , de 138,090 ; en 1840, de 109,614.
Les échanges avec les maures s'opèrent par l'intermédiaire de traitans indigènes établis à Saint-Louis. Ils achètent des négocians de celte ville les tissus et autres marchandises destinées à la traite et remontent la rivière avec leurs embarcations vers les escales où se réunissent les Maures. On a vu par les chiffres cidessus quelle extension avait pris ce commerce en 1837, 1838 et 1839. L'appât des bénéfices réalisés a fait diriger sur cette colonie une trop grande quantité de guinées ; on les a livrées à perle. La pièce de guinée qui se vendait 20 à 25 kilog. de gomme est tombée à 9 kilog. Les traitans se sont fait une concurrence ruineuse. Ils ont fini par ne pouvoir payer leurs créanciers de Saint- Louis. Ceux-ci ont fait appel à l'autorité pour qu'elle réparât le mal dont ils souffraient. Ils ont demandé le monopole pour eux et pour leurs débiteurs. Une association a été constituée par arrêté du gouverneur du mois de février 1842 : cet arrêté confisque , en quelque sorte, le commerce du Sénégal pour en faire la propriété à