Tome III
peu près exclusive des possesseurs de créances de la colonie'; sans doute c'est là un intérêt sérieux et respectable , mais il ne doit point l'emporter sur l'intérêt général et sur les droits du commerce métropolitain. Les Chambres de commerce de plusieurs villes et notamment de Marseille ont réclamé contre cet arrêté. Il est , en effet , contraire à tous les principes. Sans doute , la concurrence^ à côté d'immenses avantages, présente de fâcheux inconvéniensv mais la crainte de ces inconvéniens ne doit point jeter dans le monopole , pas plus que les abus de la liberté ne doivent faire invoquer le despotisme. La libre concurrence a doublé et triplé l'importance de nos transactions avec le Sénégal , animé notre navigation , encouragé la production des guinées dans les possessions françaises de l'Inde , accru les débouchés des produits de la France et de ses entrepôts, procuré à tous, pendant quelques années, de brillans bénéfices, excité les Maures au commerce avec la France. Le monopole en fesant payer à ceux-ci les guinées plus cher, les repousserait vers Portendick^ où les Anglais les appellent (1) , ruinerait les fabriques de Pondichéry en diminuant de moitié la quantité de guinées vendues , élèverait le prix de la gomme en France , et , chose grave ! interdirait en quelque sorte le commerce du Sénégal aux négocians de la métropole auxquels l'arrêté ne fait qu'une part dérisoire.