IL — AGRAXD1SSE31ENT DU PORT
Insuffisance du bassin reconnue par Vauban en 1701. — Son plan. — Projet d'agrandissement présenté en 1717 par M. Mazin. — En 1785 par M. de Morainville. — Opposition de la Chambre de commerce à l'élargissement des quais aux dépens du port. — Bassin de carénage. — Voyage de M. Legrandà Marseille. — Loi de 1839. —Nécessité d'un plus grand développement de quais et d'une plus grande surface d'eau. — Ports auxiliaires. — Ayant-porl, urgence des travaux. — Rapport de M. Deluil Martiny.
Le port de Marseille a une superficie de 27 hectares ; 900 à 1,000 bâtimens peuvent y stationner, mais ils n'y opèrent leur débarquement et leur chargement qu'avec une extrême lenteur, et des frais considérables. Entassés les uns sur les autres, ils ne peuvent, pour la plupart, approcher des quais, dont le développement n'est que de 1785 mètres.
Vauban fut frappé de l'insuftisance du bassin : a Tout, dit-il , » semble marquer un heureux accroissement de la ville de Marseil- » le et une augmentation de commerce considérablti ; mais à med sure que son peuple remplira son enceinte et que son commerce » augmentera , son port diminuera par la trop grande quantité de » vaisseaux, et qui dès à présent le fait trouver trop petit. C'est un » cas où il se trouve et dont on se plaint déjà. »
En conséquence , il proposa l'établissement d'un avant-port , au moyen de deux jetées partant l'une du Pharo , l'autre de la Tourelle. (1)
(1) Manuscrit de Vauban au pouToir du comité des fortifications , intitulé : Projetas Marseilley 11 avril Î7C1. Page 2i9.
En 1717 , M. Mazin , ingénieur du Roy , représenta à la Chambre de commerce : «. qu'ayant fait un projet pour une nouvelle » darce à y pouvoir placer les galères du Roy et laisser libre aux « négocians l'ancien port , en sorte qu'on pourroit faire avec toute » sorte de commodité et de liberté le commerce , ce même projet » avoit été trouvé convenable et accepté parle conseil de marine , » de sorte que ledit conseil auroit écrit à la Chambre de conlri- » buer en tout ce qui dépendroil d'elle à son exécution.. . . ; que » le Roy auroit consenti de donner le terrain du Major pour l'em- » placement de cette darce , qu'ainsy cet exemple de l'attention » de S. M. au bien de la ville de Marseille , lui faisoit espérer que » la Chambre entreroit dans cette affaire à proportion du bénéfice X que le commerce en recevroit , estimant , au moyen de ce , que » ladite Chambre devroit y contribuer pour quatre cent mille li- » vres. »
La Chambre refusa le concours qu'on lui demandait , « attendu le » grand dérangement du commerce qui fesoit qu'il ne sauroit sup- »> porter aucune nouvelle charge , et qu'elle ne pouvoit payer le M courant des pensions des consuls du Levant et les intérêts des » emprunts qu'elle avoit été obligée de faire (1).
Dans son bureau du 14 décembre 1785 , la Chambre prit lecture d'un mémoire présenté par M. de Morainville , proposant de faire une jetée à l'anse de l'Ourse pour diminuer les embarras du port.
La Chambre s'occupa encore de cet objet le 25 janvier i 786 .
En l'an Xïll, à peine remise des orages de la révolution, Marseille demandait une plus grande liberté pour les mouvemens de sa navigation. Elle demandait, par l'organe de sa Chambre de Conjmerce, le creusement d'un bassin de carénage d'après les plans de M. Defougères , et protestait en même temps contre le projet du même ingénieur d'agrandir les quais de la vieille ville en prenant 7 mètres sur le bassin dans toute sa longueur. Depuis , elle renouvela chaque année son opposition contre ce projet constamment repris par les ingénieurs (2) , et abandonné seulement en 1820, époque
(1) Registre des délibérations n. G. Page 283.
(2) En 1819 une ordonnance du Roi avait ordonné le rétrécissement du port sur une longueur de 100 mètres à litre d'essai. M. N. Rolland , député de Marseille , ne pouTant parvenir jusqu'au Roi , s'adressa aux Princes de la faniiU« Royale pour obtenir de leur intercession la révocation de cette ordonnance.