‹ Essai sur le commerce de Marseille, ouvrage couronné en 1833 par la Commission chargée de décerner le prix fondé par le baron Félix de Beaujour. 2. éd., augm. et continuée jusqu'en 1841Chapitre 139 sur 181 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ENTREPOT DU PROHIBE.

IncoDvéaiens du local actuel. — Exagération des droits de magasinage. — Tarif comparé. — Nécessité d'une réduction. — Proposition de la Chambre de Commerce. — Demande.de l'érection d'uD nouyel entrepôt.

Les marchandises prohibées destinées à la réexportation ou au transit , sont déposées dans un entrepôt spécial. Une délibération du Conseil municipal du 22 décembre 1817 , a

(1) La recettede 1842 s'est élevée à 190,589 fr.

affecté à cette destination le doniaine dit de la Miséricorde , appartenant au bureau de Bienfaisance. Ce local est loin d'offrir au commerce , pour le mouvement et le stationnement des marchandises , les convenances matérielles qu'il est habitué à rencontrer dans ces sortes d'élablissemens. L'accès en est difficile , les charrettes ne peuvent y entrer , la marchandise y souffre ; c'est un local étroit , sale et délabré , indigne d'une grande cité. On a vu des parties considérables de marchandises y périr par suite de l'humidité des lieux. L'espace y est si rétréci que les travailleurs, entassés les uns sur les autres , ne peuvent , sans danger , se servir des instrumens propres à ouvrir les colis. La circulation y est pénible et même périlleuse. Quelquefois le commerce ne peut y trouver place. Enfin, les choses sont à un tel point, que l'on peut dire avec raison que Marseille n'a pas d'entrepôt du prohibé. Et cependant quoi de plus nécessaire dans une ville obligée de lutter contre les Ports-Francs de l'Italie , dans une ville dont le principal commerce est le commerce d'entrepôt , et qui aspire à fournir aux habilans du littoral de la Méditerranée les qbjets de leurs consommations en produits français et étrangers ?

L'exiguité et l'incommodité ne sont pas les seuls inconvéniens de notre entrepôt du prohibé.

Son inconvénient le plus grave, contre lequel de justes plaintes ne cessent de s'élever, résulte de l'énormité des droits de magasinage. L'unanimité des réclamations éveilla en 1841 la sollicitude de la Chambre de commerce ; elle écrivit au Ministre pour demander son intervention et lui démontrer l'exagération du tarif de l'entrepôt de Marseille. La preuve de cette exagération est dans le tableau suivant des tarifs qui régissent !e Havre, Bordeaux , Nantes, Anvers et Marseille , exagération encore aggravée par la perception du droit par trimestre qui frappe plusieurs articles des plus jmportans, quelle que soit la durée du stationnement, ne fût-elle que de quelques minutes :

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