‹ Essai sur le commerce de Marseille, ouvrage couronné en 1833 par la Commission chargée de décerner le prix fondé par le baron Félix de Beaujour. 2. éd., augm. et continuée jusqu'en 1841Chapitre 140 sur 181 · OO · texte numérisé non relu

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La différence qui existe entre notre tarif et ceux des autres ports, démontre la nécessité d'une modification. Les intérêts commerciaux de notre place réclament impérieusement leur réduction , car , dans l'état , les autres entrepôts et surtout ceux des ports étrangers offrent une telle économie que la plupart des marchandises s'éloignent de Marseille pour se soustraire à un droit d'asile aussi onéreux.

Notre commerce de transit , surtout , atteint déjà de tant d'autres blessures , en éprouve un notable préjudice , préjudice qui retombe sur la France entière. Sans l'exagération de notre tarif, nous verrions affluer sur notre marché les tabacs , les rhums , les draps , les tissus , les fers , les cuirs ouvrés , les armes , la quincaillerie et une infinité d'articles qui prennent le plus souvent la route de Gênes , de Livourne et de Trieste.

Des maisons de Marseille ont renoncé au commerce de plusieurs objets prohibés destinés à la réexportation ou au transit , parce que le magasinage s'élevait bien au-delà du bénéfice que l'on pouvait espérer.

Une pareille aggravation paralyse les avantages de notre heureuse position. Marseille n'ouvre pas les portes de son entrepôt à la dixième partie des marchandises qui y seraient introduites , si , dans un intérêt bien entendu , les administrateurs de cet établissement se décidaient enfin à l'agrandir et à réduire leur tarif. Équilibrer les prix avec ceux des autres entrepôts , est une nécessité pressante. Chacun y gagnerait, nous n'en exceptons pas même le Bureau de Bienfaisance , dont les recettes s'accroîtraient par suite de l'augmentation considérable du nombre des objets déposés. Il serait nécessaire aussi de substituer au magasinage par trimestre , le magasinage au mois , et d'affranchir de toute redevance les colis sortant de l'entrepôt le jour même de leur entrée. La Chambre de commerce, pénétrée de la nécessité de cette réforme , avait demandé l'adoption du tarif suivant , basé sur la moyenne des autres tarifs :

encigares.caisses, caissons ou barils, j ^cj . ...

en poudre j Je Kii .

en cordes , figues , hachés et carotés. 01 d

en surons i 5 c . le suron .

en balles 20 c. la balle .

en boucauls de 601 kil. au-dessus. . . 75 c. le bouc. » de 400 à 600 50 »

Tabacs..

en caisses ou paniers t 30 c. l'un.

^ 1 en pipes de 80 veltes ou 600 litres. . 70 c. la pipe,

en 1/2 pipes de 40 veltes ou 300 litres 40 c - la 1 /2 p .

en 1/4 pipes de 20 veltes ou 150 litres 25 c. le 1/4 p.

GciNÉES en toiles de l'Inde, la balle de 80 pièces., 80 c. la balle.

Cuirs tannés ou ouvrés 15c. les 100 k.

Chaînes en fer de toute dimension 10 c. »

en gueuses 05 c. »

Ffr

'**' I en barres 10 c. »

Verreries et Cristaux de toute nature 20 c. »

en pains 20 c. »

Sucre RAFFINÉ.. j pi, ^^^ ^

Draps et autres tissus de laine , coton ou lin. . . 50c. »

Les droits sur les autres marchandises non spécifiées dans ce tarif se régleraient par analogie.

Jusqu'à présent, les démarches de la Chambre de Commerce et les plaintes unanimes des négocians , n'ont amené aucun résultat. Cependant Marseille ne peut toujours subir les graves préjudices qui éloignent de son marché de nombreuses et importantes transactions. Le déplacement du chanlier'de construction va laisser vacant sur nos quais un vaste et précieux terrain. Nous nous associons aux vœux qui ont été exprimés, de voir élever, sur cet emplacement, un entrepôt digne de la première ville maritime de France et régi par un tarif qui appelle la marchandise au lieu de la repousser. La Chambre de commerce paraît disposée à se charger de cette dépense , et son zèle pour les intérêts commerciaux de notre port est un sûr garant que le commerce trouverait dans cet édifice toutes les conditions désirables d'économie pour le magasinage , de facilité pour les mouvemens , et de bonne conservation pour les marchandises.

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