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Tonnage.
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hommes.
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Le commerce de l'Angleterre, avec ses colonies de l'Amérique du Nord et des Indes Occidentales seulement, a donné lieu , en
1831 , à l'entrée des 2,662 navires, jaugeant 729,315 tonneaux, montés par 35,967 hommes , et à la sortie de 2,711 navires, jaugeant 722,389 IX., montés par 37,365 hommes.
Dans le tableau général du commerce de la France, celui des colonies ne figure pour l'importance des transactions qu'en cinquième ligne après les Etats-Unis , l'Angleterre , la Belgique et l'Espagne ; dans le tableau du commerce de Marseille , également en cinquième ligne , après la Turquie , les Etats de Sardaigne , les Deux-Siciles et l'Espagne (1835).
Le commerce des colonies tend à décroître. Les débouchés qu'elles nous offrent deviennent chaque jour moins imporlans (1) . La principale des denrées coloniales, à laquelle on avait voulu par des lois restrictives assurer le marché national , rencontre sur ce marché la concurrence du sucre de betterave , dont le bas prix force les colons de vendre leurs produits à des prix désastreux. Ils sont donc menacés d'une ruine certaine au grand détriment de la métropole , si le gouvernement et les chambres ne viennent à leur secours. Pour cela il n'est qu'un moyen , c'est la réduction du droit d'entrée sur les sucres coloniaux. Cette réduction est réclamée non-seulement dans l'iniéiêt des colonies , mais encore dans celui de la France entière.
Ce qui précède a été écrit en 1835. Depuis , le mal "a fait de déplorables progrès. Le gouvernement et les chambres n'ont pas su ou n'ont pas voulu calmer d'intolérables souffrances. M. Duchatel avait proposé une réduction sensible du droit d'entrée sur les sucres. Cette mesure aurait eu le grand avantage d'augmenter la cosommation. Elle ne fut point adoptée. En traitant spécialement la question des sucres , dans le livre suivant , je rendrai compte des diverses mesures proposées ou tentées pour atté* nuer la misère des Colons portée aujourd'hui à son comble. Je me bornerai à dire ici que tant que nous n'aurons pas ouvert de nouvelles voies à notre marine , de nouveaux débouchés à notre in-
(1) Les colonies ne consomment pas exclusivement des produits français : l'importation des produits étrangers à la Martinique et à la Guadeloupe est, relativement à celle des produits français dans la proportion de 13 h 100 , et pour toutes nos colonies de 17 à 100. Ils consistent principalement en bestiaux, bois, fourrages, légumes , maïs, instrumens les plus nécessaires aux cultures locales, objets de rechange pour les marins , mouchoirs de l'Inde , connus sous le nom de Madras et Madapolam , et chapeaux de paille dits de Panama ; ces derniers, articles introduits en fraude.
dustrîe , le salut de nos colonies importera grandement aux plus précieux intérêts de la Franco. Il faut donc les sauver d'une ruine imminente y non seulement pour elles , mais pour la Métropole^ à laquelle elles doivent des sommes énormes (1) , pour notre navigation qu'elles alimentent , pour nos fabriques et notre agriculture dont elles consomment les produits.
Outre les mesures que le gouvernement est appelé à prendre , il en est d'autres que les colonies elles-mêmes doivent appliquer. Il faut qu'elles améliorent leurs procédés de culture ( 2 ) et de fabrication ; elles n'obtiennent de la canne que le tiers du sucre qu'elle renferme (3) .
La Martinique ne cultive que 38,000 hectares sur 98,000 dont se compose la superlicie entière de l'île. La Guadeloupe sur 138,000 hectares n'en a que 48,000 en culture.
De tous les moyens de salut pour nos colonies aucun ne me parait plus efficace que celui dont j'ai parlé au paragraphe sur Bourbon , savoir : la division du travail agricole et industriel , l'érection de manufactures destinées à travailler en masse les cannes achetées en détail aux planteurs (4) .
Il s'agit de régénérer les colonies non-seulement sous le rapport industriel, mais aussi sous le rapport social. L'abolition de l'esclavage est une mesure que réclament la morale et l'intérêt bien entendu des colons. La division du travail faciliterait cette émancipation. Le jour où le nègre pourra cultiver la canne en petite culture et la vendre au marché , une grande partie des dangers
(1) Dans un rapport à la Chambre des Pairs ( 1842 ) , M. Rossi a éyalué à 60 millions la dette hypothécaire de la Martinique , et à 70 millions celle de la Guadeloupe. Ces colonies sont dévorées par l'usure. Le taux de l'intérêt y est au minimum de 16 et souvent au dessus de 30 pour cent.
(2) M. LavoUée, inspecteur des finances, pense que la terre aux Antilles pourrait produire 7 à 8,000 kil. de sucre par het-tare : elle ne rend pas moyennement plus de 3 à 4,000 kil.
(3) La canne devrait rendre 18 à 20 pour cent ; les Colons n'en retirent que 5. La betterave contient seulement 9 pour cent de sucre. M. de Dombasle est parvenu à les extraire entièrement.
(4) L'imperfection du travail colonial a aussi suggéré l'idée de faire venir les cannes des colonies pour les soumettre aux procédés plus avancés de la fabrication métropolitaine. Des cannes desséchées au moyen d'un courant d'air chaud, et réduites en ballots compactes , ont été expédiée s en France , et y sont parvenues pures de toute altération.
dont rémancipation menace la production du sucre seraient écartés.
Il faut , dit M. Ad. Guéroult , par de sages, mais profondes innovations, faire pénétrer aux colonies quelques-unes de ces innombrables facilités que les industries européennes doivent au milieu social dans lequel elles sont placées , telles que le crédit , les sciences chimiques , mécaniques, etc. 11 est certain , par exemple , que l'établissement aux colonies d'une banque destinée à faciliter la liquidation de la propriété et à procurer aux colons des capitaux à un intérêt moins usuraire , contribuerait puissamment à la prospérité de nos établissemens d'outre-mer. Il y aurait lieu également d'examiner pourquoi la France, suivant sur ce point les traces de l'Angleterre et de la Hollande , n'essayerait pas de vivifier son commerce maritime , ses spéculations coloniales, par la création de quelque grande institution financière.