‹ Essai sur le commerce de Marseille, ouvrage couronné en 1833 par la Commission chargée de décerner le prix fondé par le baron Félix de Beaujour. 2. éd., augm. et continuée jusqu'en 1841Chapitre 57 sur 181 · SEL MARIN · texte numérisé non relu

SEL MARIN

Exploitation des salines. —Produits de celles du département des Bouches-du- Rhône. — Conventions pour élever les prix. — Entrepôt de Marseille.

L'extraction du sel est un des plus anciens objets de l'industrie de notre pays.

Au temps de la république marseillaise (xiii'"" siècle), le conseil de ville faisait administrer pour son compte les salins de l'étang de Berre et de la plage d'Hyères, 11 avait même soutenu la guerre contre la ville d'Arles pour s'assurer l'exploitalions des salines. Il entretenait à cet effet garnison au château des Pennes , à Château-Neuf-lez-Martigues et au Castel-Mariseillès aujourd'hui la Tour-de-Bouc.

Plus récemment, Marseille exploitait des salines à l'est et au sud du port. Elles ont fait place à des beaux quartiers.

De tout temps, le sel marin a été frappé de forts impôts, excepté durant quelques année de la Révolution. La liberté accordée alors

à cette fabrication multiplia les établissemens et augmenta la consommation. Lorsque les sels furent replacés sous un régime spécial, plusieurs de ces nouveaux salins furent abandonnés. On en voyait, en 1830, les emplacemensdans la Camargue , surjl'étang de Citis et dans le Golfe de Martigues. Depuis quelques années on en a repris l'exploitation à cause des progrès de la consommation.

Les salines du départemens des Bouches-du-Rhônes produisaient, de 1826 à 1828 (année moyenne) 265,000 q.m., dont environ 60,000 pour la consommation intérieure , 12,000 pour la grande pêche, 2,000 pour les ateliers de salaison, 160,000 pour la fabrication de la soude et 30,000 pour l'étranger et les colonies. Le nombre des établissemens était alors de 27, dont 14 seulement en activité.

Depuis, la production a presque doublé. En 1840 elle a été de 507,016 q.m. (1)

Et cependant la production était regardée en 1828 comme exagérée -, le prix était tombé à 1 fr. 20 c. le q. m. En 1829, des arrangemens conclus entre les fabricans de soude et les propriétaires de salines eurent pour résultat de réduire ces deux fabrications aux proportions requises pour la consommation, et par suite , les sels montèrent à 2 fr. le q.m., pris sur le lieu: aujourd'hui (1841) ils sont àl fr. 80 c.

L'entrepôt de Marseille reçoit de grandes quantités de sel ; les fabriques de soude et les ateliers de salaisons en consomment la principale partie. Les ventes pour l'étranger qui se font dans notre entrepôt se réduisent à peu de chose. On n'en embarque généraementque pour lest ou pour compléter les cargaisons- Les navires qui en composent la totalité de leur chargement ont plus d'avantage à aller les prendre sur les marais salins où ils jouissent d'une exemption de droit de tonnage proportionnée à la quantité de sel qu'ils y chargent.

Voici le tableau des quantités de sel sorties de l'entrepôt de Marseille depuis l'année 1827:

(1) En 1839, elle était de 408,422 quiolaux métrique». En 1838 de 377,347 quintaux métriques.

Quantités de sel sorties de l'entrepôt de Marseille pour

La

Consommation

Les autres ports

de France ou les

entrepôts

de l'intérieur.

la grande pêche.

Les salaisons

de poisson en atelier

Les

fabriques

de

soude.

l'étranger et les colonies.

Total.

Page 1