ACIDE SULFURIQUE
Produits en 1825. — En 1830. — En 1842. — Exportation. — Découverte de
y... Lagier. — Pyrite.
Cette fabrication à Marseille date d'un grand nombre d'années , et elle a suivi constamment les progrès que la chimie lui a fait faire. Aujourd'hui c'est une de nos principales industries. "
Il existait en 1825, dans les environs de Marseille , 10 chambres de plomb , formant 5 établissemens consacrés exclusivement à la fabrication des acides sulfuriques. On y produisait annuellement 35 mille qx. m. à 50 degrés.
En 1830, on comptait à Marseille ou dans les environs dix de ces établissemens , ayant 22 chambres de plomb. Il n'étaient pas toujours tous en activité. A l'exception de quatre dans l'intérieur de la ville , ils étaient dirigés par des fabricans réunissant dans les mêmes locaux cette fabrication à celle de la soude et de divers autres produits chimiques. Ils occupaient environ cinquante ouvriers et produisaient soit pour faire la soude soit pour livrer au commerce et à l'industriel 50,000 quintaux métriques acides sulfurique , à 50 degrés, qui , à 10 fr. , fesaient 1,500,000 fr. (1).
Toutes les fabriques de soude produisent l'acide sulfurique nécessaire à leur fabrication.
Elles consomment annuellement plus de 100,000 qx. m. sou-, fre ; 100 kil. soufre rendent 450 kil. acide sulfurique , ce qui donne une production totale de 450,000 qx m. acide sulfurique.
Plusieurs fabriques de soude produisent des quantités d'acide supérieures aux besoins de leur consommation , et les livrent au commerce , ou aux fabriques spéciales qui les achètent à 50 degrés au prix de 10 à 13 fr. les 100 kil. , les concentrent à 66 degrés et les vendent à 25 fr. (2). Il existe trois de ces fabriques
(1) Ce chiffre est relatif à 7JarseiIle et à son territoire. La production de tout le département était alors évaluée à 300,000 quintaux métriques, dont 225,000 consommés par les fabriques de soudes. Le résidu consistait en 7, .500 quintaux raé» triques sulfate de potasse employé dans la fabrication de l'alun.
(2) 15,000 qx. met. acide à 50 degrés en produisent 10,000 à 66 degrés.
spéciales à Marseille et une à Seplème travaillant pour l'exportation et pour les industries qui emploient Tacide sulfurique. Leur production se borne à 20,0o0 qx m. presque tout en acide concentré à 66 degrés.
Le prix des acides sulfuriques à 50 degrés est aujourd'hui de 11 à 13 fr. les 100 kil. Il y a dix ans , il n'était que de 9 à 10 fr.
Les acides sulfuriques à 66 degrés valent 25 fr. les 100 k. Ils ne valaient que 20 fr. il y a quelques années.
Il ne s'exporte , soit dans l'intérieur, soit à l'étranger, que des acides concentrés à 66 degrés. Il y a plusieurs années l'Espagne en demandait beaucoup. L'Italie , la Sicile et le Levant en demandent de temps en temps quelques parties. Mais l'exportation va décroissant par suite des établissemens qui se sont formés en Piémont et dans d'autres parties de l'Italie.
Il en a été exporté en 1835, 1,214 qx m.; — en 1836, 1,838; -— €nl837, 770;— en 1838, 1,187;-- en 1839, 1,299; —en 1840, 780 ; —en 1841 , 755 (1) ; dont 320 pour la Toscane , 82 pour les Etats-Romains , 49 pour la Sardaigne , 29 pour les Deux-Siciles, 72 pour la Turquie , 35 pour l'Egypte.
Depuis quelques années, M. Lagier, industriel distingué d'Avignon, ayant découvert un procédé pour extraire de la garance sa partie colorante , par le moyen de l'acide sulfurique , a créé un nouveau produit connu sous le nom de fleur de garance , et enrichi son pays d'une industrie qui doit étendre et augmenter les débouchés de ses produits. Il en est résulté un grand accroissement dans la consomma» ion de l'acide sulfurique que nos fabriques sont jusqu'à ce jour en possession de fournir à Avignon.
La fabi'ication des bougies stéariques a aussi grandement augmenté la consommation de l'acide sulfurique.
Lorsque la création d'une compagnie privilégiée pour l'exploitation du commerce du soufre en Sicile^ éleva le prix de ce produit, on chercha de toutes parts les moyens de le remplacer ou de le recevoir d'autres contrées. De nombreux moyens de lutter contre l'élévation du prix furent proposés; quelques-uns ont même survécu au privilège de la compagnie.
(1) Sur cette quantité, 90 quintaux métriques seulement ont été exportés avec prime. Celle prime n'est que de 50 c. par 100 kil., et l'on est tenu de faire apposer le plomb de la douane aux bonbonnes qui pèsent 80 à 90 kil. Cette dépense et la perte de temps qu'entraînent ces formalités ne sont point]compenséespar la prime h laquelle, par conséquent , il y a profit à renoncer.