Tome III
En Angleterre les fabricans d'acide sulfurique empioyèreiit avec succès le pyrite. Le journal Gateshead Observer (octore 1840), disait à ce sujet : o Un fabricant d'huile de vitriol de ce pays n'emploie pas autre chose que du pyrite depuis l'année dernière, et trouve que cela lui réussit bien ; il existe un grand nombre de manufactures d'alcali sur la Clyde et le Tyne qui ont abandonné depuis assez long-temps l'usage du soufre.
Le Devonport Telegraph disait en même temps : 6 à 7,000 tx. de pyrite ont été embarqués cette année dans le comté de Cornouailles pour divers points du royaume. Une quantité vingt fois plus considérable se vendra facilement , cela va procurer du travail à un grand nombre d'ouvriers mineurs.
Il existe à Lyon une fabrique d'acide sulfurique qui n'emploie que du pyrite dont on a découvert une mine considérable près de celte ville ; malgré le retour du bas prix du soufre , cette fabrique a coûtinué sa production parce qu'elle trouve , dit-on , dans le cuivre qu'elle retire du pyrite , les moyens de lutter contre les fabriques qui en^ploient le soufre.
§ IV. ~ RAFFIiNERIES DE SOUFRE.
Produits en 1789. ~ 3q 1810. — En 1830.— En 1842.— Prime.— Importation de soufre brut. —Exportation de soufre raffiné.
Avant 1789, on comptait à Marseille 3 raffineries de soufre assez considérables , et un ou deux établissemens fondés sur une plus petite échelle.
La quantité du soufre raffiné par ces fabriques s'élevait annuellement à 100,000 qx. (de 40 k. 8 h.) On y occupait environ 50 ouvriers à l'intérieur et 25 à l'extérieur.
Une grande partie des produits était exportée à l'étranger.
La Sicile nous fournissait à vil prix et presque exclusivement la matière première.
Pendant les guerres de la révolution, les besoins que le gouvernement éprouva de cette matière pour ses arsenaux et ses fabriques de poudre , décidèrent l'administration à violer le droit de propriété et à enlever tous les soufres raffinés des fabricans. Le prix en fut fixé arbitrairement , et payé par des assignats sans valeur.
Il en résulta la ruine totale de la plupart des raffineurs de soufre.
Quand le maximum eut cessé d'exercer ses ravages à Marseille,
cette industrie , comme toutes les autres , chercha à'se relever de ses ruines.
Quelques années après, trois fabricans réunirent leur industrie pour fonder une fabrique rue Crudère, dans le but d'y exploiter en société un brevet d'invention pour la fabrication exclusive du beau soufre raffiné , en canon , dit fleuret ou candi. Les nouveaux procédés de cette fabrique furent adoptés par le gouvernement dans les ateliers oii se prépare le soufre pour les poudrières.
Le Moniteur du 30 septembre 1806, dans le compte-rendu de l'exposition des produits de l'industrie française, mentionnait honorablement les soufres raffinés envoyés de Marseille par MM. Michel et Chassebeau, Veyrier aîné et Auguste Pory.
« Les soufres en canon et en fler-r , disait-il , de MM. Michel et Chassebeau, sont de la plus grande beauté. M. Michel a obtenu un brevet d'invention pour un procédé aussi simple qu'ingénieux et qui avec moins de frais donne du soufre plus épuré. M. Pory ajoute à son envoi de soufre, du vitriol bleu et du sel de saturne. Du sel de Saturne est fourni pareillement par M. Polyeucte Sicard. Les échantillons de ces deux fabricans sont remarquables par la blancheur, l'éclat et la grosseur des cristaux.»
Les appareils de raffinagne des trois fabricans réunis auraient suffi à la production des 100,000 qx. [table) qui sortaient avant la révolution de nos diverses fabriques.
Cependant le commerce ne leur en demandait annuellement que 12 à 15,000 qx.
A cette époque ( 1810 ) , il y avait à Marseille deux autres raffineries dont l'une raffinait environ 200 qx., l'autre n'était pas en activité.
Une des causes de cet état peu florissant , était le haut prix de la main d'œuvre et de la matière première.
Le soufre qui se vendait avant la révolution 3 fr. 50 à 5 fr., était monté jusqu'à 60 fr. les 40 kil.
Lorsque la raffinerie de la rue Crudère était en pleine activité , elle occupait 40 ouvriers pour l'ouvrage intérieur, et 10 pour l'extérieur.
Ceux employés dans les autres raffineries étaient au nombre d'environ 8 à 10 en tout.
En 1811, ces 60 ouvriers étaient réduits à 20. Les ateliers demeuraient fermés la moitié de l'année.
En 1830, 4 raffineries de soufre étaient établies à Marseille j elles occupaient environ 12 hommes et 20 femmes. Elles produisaient annuellemciit :
23,500 q. m. de soufre raffiné, à 16 fr. le quintal. . 376,000 1,500 q. m. fleur de soufre, à 18 fr. 50 le quintal 27,750
Âtijourd'hui 5 raffineries emploient chacune 20 hommes et 20 femmes. Elles produisent :
60,000 q. m. soufre en canon, à 21 fr. 1,260,000 fr.
20,000 q. m. fleur de soufre, à 26 fr 520,000 »
1,780,000 fr.
En 1819, le gouvernement, pour encourager celte industrie, ordonna îa restitution des droits à la sortie du soufre raffiné. Cette mesure demeura sans effet , car nous lisons dans le préambule de l'ordonnance du 26 septembre 1822: «Nous étant fait rendre compte des résultats de notre ordonnance du 8 février 1819 , par laquelle nous avons accordé , pour la sortie du soufre raffiné à Marseille, une prime équivalente au droit perçu à l'entrée sur la même matière brute , nous avons reconnu qu'on ne profite pas de cette disposition parce qu'il n'est pas tenu compte aux raffineurs de laporlion de soufre brut que la fabrication détruit ou fait tomber en déchet. »
Voici l'art. 1". de l'ordonnance de 1822:
« L'exportation à l'étranger du soufre épuré ou sublimé dans les fabriques de Marseille donnera lieu au remboursement intégral du droit d'entrée payé à la douane de cette ville , sur le soufre brut dans la proportion de 100 kil. de matière pour 75 kil. de soufre.
Voici pour les années 1 826 à 1 830 , les quantités de soufre brut importées, celles exportées et celles par conséquent restées disponibles pour la raffinerie et pour la fabrication des acides sulfuriques :
Quanliés
Quantités
Quantités
importées.
exportées.
restées.
kil.
En 1835 , iî a été mis en consommation 15,207,725 kil. — en 1836, 17,145,349.— en 1837, 12,173,894.— en 1838, 13,581 ,884 — en 1839, 8,573,637.— en 1840, 9,406,261. — en 1841, 12,652,420 , dont 11,854,134 de Sicile.
Exportation du soufre épuré et sublimé.
soufre
épuré
soufre sublimé
JÛ »
Depuis quelques années la douane ne fait plus de distinction entre le soufreépuré ou sublimé. L'état desexportations avec prime contient les chiffres suivans sous le titre de soufre raffiné sorti de Marseille: 1839, 1,051,215 kil. — 1840 , 189,344 kil. — 1841 , 1,302,930, dont 616,562 pour les Etats-Unis; — 154,220 pour la Suisse; — 132,812 pour la Belgique; — 124,224 pour la Hollande ; — 94,539 pour les villes Anséatiques.
Les nombres de 1840 prouvent combien avait nui à cette industrie le monopole établi en Sicile sur les soufres par la compagnie Taix. L'exportation des dix premiers mois de 1842 a été de 2,179,100 kil.