‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 109 sur 197 · Portr. intijnes du s., Doyen, par les Goncourt · texte numérisé non relu

Portr. intijnes du s., Doyen, par les Goncourt

à la mode, quittent le vrai et ne songent qu'à plaire. Plusieurs sentent la nécessité d'une réforme; ils s'appliquent, pour leur compte, à remonter le courant; mais ces efforts sont isolés, condamnés à l'impuissance.

C'est à ce moment précis que l'étude de l'antiquité fait son apparition sur le programme de l'Académie royale. Elle n'est pas encore prescrite; elle est simplement autorisée. Mais cette « permission » d'étudier les antiques, accordée « à six élèves choisis », est déjà un fait significatif. On ne peut s'en tenir là : et dès lors, que de conséquences! — Six mois après, le professeur Galloche lit la première partie d'un traité sur la peinture, et y expose la méthode pour conduire les élèves depuis les premiers éléments du dessin jusqu'à Vétude des antiques \ Yoilà donc cette étude entrée dans l'enseignement, au moins en droit, sinon en fait. Car on se heurte d'abord à la mauvaise volonté des élèves. Coypel se plaint qu'aucun des six élèves autorisés à étudier l'antique n'ait daigné profiter de cette faveur! Il faudra l'autorité et l'insistance de Gaylus pour les y amener. N'est-ce pas du reste à lui que l'on doit cette première mesure? Il est fort vraisemblable qu'il aura conseillé Coypel. Admettons pourtant qu'il se soit contenté d'approuver. Il avait déjà donné l'exemple. Frappé de cette incapacité générale de voir juste et de traduire exactement, depuis longtemps il rassemblait chez lui de jeunes artistes qu'il astreignait à copier des objets antiques, tels quels, ou frustes ou élégants, avec leurs aspérités, leurs accidents, leur caractère. Lui-même retouchait et faisait recommencer. Il voulait avant tout des images sincères. Faire étudier l'antique, voire l'antiquaille, lui parut le meilleur moyen de contraindre les élèves à reproduire sans flatter, à se débarrasser de leur style d'emprunt, de la manière. C'était

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