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ESSAI d'une RÉFORiME.
tait l'immensité de la distance à parcourir , sans indiquer les moyens de le faire. Aussi la révolution se passa-t-elle tout entière dans la sphère des idées, et rien n'en sortit, — rien, qu'un livre. Mais ce livre est Y Histoire de VArt.
Bien plus modeste, bien plus pratique est la méthode de Caylus. Il n'a rien d'un hiérophante, et les systèmes a priori ne sont pas son fait. De tels entraînements sont aussi peu à redouter chez les artistes de son temps, plus routiniers que réfléchis, capables parfois de s'élever jusqu'à la discussion, rarement jusqu'à l'enthousiasme. Caylus se place sur leur terrain. Chez lui la question de l'art antique et de Fart moderne est abordée par le côté du métier. C'est bannir d'avance les déclamations oiseuses, forcer les contradicteurs à s'entourer d'observations et de faits. Les faits une fois connus, on dégag-era les lois qu'ils comportent; mais il faut étudier le comment des choses avant d'en chercher le pourquoi. Les objets envoyés d'Italie permettent de juger les questions pendantes, pièces en main. Si le savoir d'un seul n'y peut suffire, il s'adjoindra des hommes spéciaux. L'artiste, transformé en expérimentateur, soumet ses résultats au jugement de ses confrères, qui apprécient. Ainsi s'engagent une foule de débats qui portent sur les points les plus intéressants de l'art ancien et moderne. Si les procès-verbaux de l'Académie en disent peu de chose, les écrits de Falconet, par exemple, quoique composés après la mort de Caylus, nous apprennent quel en fut l'intérêt, et parfois la vivacité ^
C'est naturellement la peinture antique qui passionna surtout cette assemblée de peintres. Les fresques d'Herculanum avaient rouvert les discussions qu'avaient jadis fait naître les Noces aldobrandiyies. Sur la matière, la nature