Falconet, OEuvres
de cette peinture, ses qualités probables de composition, ses sujets ordinaires et son style, l'i^cadémie entendit tour à tour les assertions les plus contradictoires. Cocbin, fort du peu qu'il avait vu, soutenait que les ressources de cette peinture étaient faibles, qu'elle ne connaissait pas le clairobscur, ni l'art de grouper, et qu'elle était toujours conçue dans un style de bas-relief. Caylus était du sentiment contraire. Le premier avait pour lui les partisans de l'art moderne. Le second, à son tour, excitait au plus baut point la curiosité lorsqu'il exposait à l'Académie cette Minerve peinte par Vien à l'encaustique, et à laquelle Grimm luimême trouve (( une douceur et un éclat singuliers ». Il se fit autour de la découverte de Caylus un bruit inouï. L'inique brocbure de Diderot y ajouta le scandale ^ L'émotion fut grande parmi les peintres, qui crurent voir dans cette piquante restitution une de ces inventions qui, comme celle des frères Van Eyck, cliangent la face de l'art. Caylus lui-même se fit toujours illusion sur l'avenir de sa découverte. Tantôt c'était une lecture sur les Hermaphrodites, suggérée par une statuette dont Caylus olîrait le plâtre à l'Académie; tantôt tel membre, grâce à un fragment conservé dans le Cabinet de notre amateur, étudiait la fonte chez les anciens et pouvait en retracer les opérations ^ Caylus se réservait de traiter dans une autre Compagnie de certains monuments singuliers dont la description seule nous est parvenue. Mais s'il épargnait aux artistes l'ennui des dissertations érudites, ses conclusions du moins étaient l'objet de mainte discussion chez les artistes, et par là l'art s'affermissait dans son nouveau caractère d'exactitude et de précision.
L'effet de ce mouvement général se fit aussitôt sentir.
1. U Histoire et le secret de la Peinture en cire, on de Vencaustique des anciens. — Sans nom ni date, 1755, in-12, de 103 pages.