‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 113 sur 197 · Falconet, Sur la statue de Marc-Aiirèle, et VI · texte numérisé non relu

Falconet, Sur la statue de Marc-Aiirèle, et VI

ESSAI D UNE RÉFORME

Pour prononcer sur cette antiquité, il fallait la connaître par des images fidèles. L'art de la gravure prit tout à coup un nouvel essor. Toutg une pléiade de jeunes artistes sillonnèrent l'Italie en tous sens, se disputant Tlionneur de fixer sur le cuivre la physionomie des anciens monuments. Les « ruines » deviennent un genre. Le Pannini fait école. De Rome, Barthélémy signale à Gaylus un jeune Français modeste, studieux, qui « a la tête pleine de pyramides ». Il s'appelle Maclaurin et « le fait songer au Piranèse », qui vient de commencer son œuvre colossale et tant soit peu mêlée ^ Hubert Robert, le même qui encadre d'une grivoiserie la reproduction des chefs-d'œuvre antiques, grave tous les jours d'après les monuments, et se transporte à Psestum pour en dessiner les ruines. L'Angleterre, la patrie de d'Arundel et de llamilton, rivalise avec la France dans ces luxueux ouvrages qui marquent l'alliance de l'art et de l'érudition-; elle lui dispute au besoin ses artistes à prix d'argent. L'effet se fait sentir jusqu'en Espagne. — Pendant ce temps, un jeune architecte. Le Roy, rend à son art plus de services que Servandoni, Soufflot et Marigny ensemble. Il passe en Grèce, et en rapporte l'exacte description de ses plus beaux monuments ^. Son enseignement à l'Académie opère une véritable révolution. Dans son grand ouvrage, les mesures, les plans, les profds, tous les détails techniques empruntent au commentaire historique qui les accompagne pour la première fois une valeur et un sens nouveaux, et les lumières de deux artistes, savamment combinées, montrent ce qu'on peut attendre d'une méthode si féconde

Gaylus applaudissait à ces diverses tentatives, surveillait

1. Gaylus parle quelque part de « l'excès de l'encre et du foin » du Piranèse.

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