‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 12 sur 197 · Mot peu lisible · texte numérisé non relu

Mot peu lisible

2. Fin de la lettre : « Ne songés point à me voir si tost, jay trop d'affaires. Le temps est trop rude et les jours trop courts. Voicy le carnaval

et je suis dans les plaisirs Allés voir la famille noble et misérable dont

on m'a donné advis et dont je vous envoyé l'adresse. Ne nommés pas mon nom et donnés ({uelque pistolle si le besoin est aussi pressant qu'on me la dit, en attendant que vous me mandiés ce que c'est. Adieu, je vjjus embrasse. » (Bibl. nat., manuscrits. Lettres originales de Mme de Maintenon et de Mme de Caylus, Fr. 15,199.)

cune folio : encore en âge de briller, elle s'efface à demi, fuit les bonheurs bruyants qui font les envieux, tient sa langue en bride, observe les convenances et même les conventions, endort la méfiance du vieux souverain qui s'était cru moqué * : éprise enfin de ses devoirs de mère comme jadis de ses succès mondains, elle se ménage et se pousse juste assez pour mettre en belle posture à la cour celui qui va peu à peu remplacer dans son Ame les plaisirs et les passions d'autrefois, — son enfant de prédilection, son fils aîné.

Le comte a maintenant quinze ans. Il a noble mine, il veut être soldat. Il s'agit de le présenter au roi. Mme de Maintenon se chargera de la démarche, et sans doute aussi — du moins sa nièce y compte, — d'une demande d'emploi. L'enfant a pris rendez-vous chez son illustre « tante », et déjà il lui récite, avec un empressement quelque peu naïf, la leçon faite par sa mère au départ. « A propos de votre fils, écrit à celle-ci Mme de Maintenon, il a fort bien réussi à Versailles. Le roi le trouve fort joli et bien fait; mais il serait plus choqué qu'homme du monde de la démarche qu'il fit dans ma chambre, car il me parlait souvent de celle de mon pauvre cousin ^ » Cependant le pas décisif est fait. Le comte est bientôt admis à servir. Le reste est affaire d'occasion. On n'en manque pas à cet âge. Quelques mois après, il se battait à Malplaquet. Il s'y distingua, et eut le bonheur d'en revenir sain et sauf. Louis XIV, qui n'aimait guère Mme de Caylus, mais qui aimait le courage, surtout chez les fils de ses serviteurs, se le fît amener, et, prenant sur ses genoux le jeune mousquetaire : « Voyez mon petit Caylus, il a déjà tué un de mes ennemis M »

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