‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 13 sur 197 · Mariette, Abecedario, Dumoulin, 1853, art. Caylus · texte numérisé non relu

Mariette, Abecedario, Dumoulin, 1853, art. Caylus

SA JEUNESSE

Tels furent ses débuts. Le roi lui donna un guidon de gendarmerie pour sa récompense, et sa mère lui acheta une enseigne. Puis elle s'occupa, pendant qu'il guerroyait dans le Midi, de lui obtenir un brevet de colonel, « car qui n'a pas un brevet de colonel est un zéro, à ce qu'on dit, parce que les services ne sont comptés que de ce beau jour-là * ». Sans doute il était bien jeune ; mais sa bravoure pouvait tout justifier. « C'est un petit garçon plein de courage et d'ambition. » Quel plaidoyer que celui d'une mère! Elle réussit enfin. A la tête d'un régiment qui porte son nom, le jeune mestre de camp se couvre de gloire en Catalogne, sous les ordres du maréchal de Berwick. La campagne de 1711 terminée, il rentre en France et remonte vers le Rhin. Il traverse en courant Perpignan, Montpellier, Orange, arrive enfin sur le théâtre des hostilités. Au siège de Fribourg en Brisgau, il conduit l'attaque meurtrière du chemin couvert ^ Là, comme ailleurs, son bonheur égale sa vaillance. Il revient sans blessure. Tout lui présage un glorieux avenir de soldat. Pendant ce temps, le chevalier faisait brillamment ses premières armes en Provence sous M. de Bàville, prenait la mer à Toulon pour rejoindre M. d'Asfeld à Majorque, et se jetait dans Malte menacée par les Turcs. Il avait dix ans ^

Cependant les succès de Villars hâtent la fin de la guerre. Déjà les entrevues de Rastadt ont commencé; la paix va être signée. La carrière que le comte courait si ardemment lui est tout à coup fermée. Il fallait donc

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