‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 126 sur 197 · Préface · texte numérisé non relu

Préface

rautCLir a cru devoir commencer « par le plus connu et le plus intéressant ». D'ailleurs, ajoute-t-il, et ceci suffit à le juger, « les figures de l'Egypte étaient de figure trop bizarre pour les mettre à la tête des antiquités * ».

Voilà où en était la critique dans la première moitié du xvm° siècle. Si de telles déclarations dispensent d'un plus long- commentaire, on n'en doit pas moins constater le prodigieux succès de Montfaucon. Il se comprend d'ailleurs. A lui le mérite, assurément réel, d'avoir rendu l'antiquité intéressante pour les yeux; d'avoir fait comprendre les auteurs sans texte, montré l'antiquité par la méthode des leçons des choses. Rien ne flattait mieux le public. Dans ce répertoire de fart ancien où la question d'art n'était même pas posée, chacun put croire, grâce à cette omission, en avoir pénétré les arcanes. Nul succès de « vulgarisation » ne fut aussi complet, et Montfaucon crut n'avoir qu'à s'applaudir. — Il faut ajouter, pour être juste, que la traduction française dont le Père accompagna son texte latin, contribua largement à ce résultat. C'était là, cette fois, de bonne popularité.

A ce premier éloge, qui compense faiblement tant de critiques, on peut en ajouter un autre : la mise en œuvre, non pas encore intelligente, mais nouvelle, de tous les matériaux disséminés non seulement sur toute la surface de la France, mais sur toute celle de l'Europe civilisée. On sent l'auteur guidé par cet instinct vraiment propre à l'érudit, que tout sert ou peut servir. Il est vrai qu'il prend trop de toutes mains, et généralement sans contrôle. Il croit, suivant un mot de Winckelmann^ que le gré qu'on lui saura est en raison directe de la quantité des documents amassés. Mais c'est quelque chose que d'avoir su mettre à contribution à la fois les bibliothèques et les cabi-

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