‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 129 sur 197 · Ca^latura.) De la gravure des Anciens. (XXXII · texte numérisé non relu

Ca^latura.) De la gravure des Anciens. (XXXII

son respect pour l'antiquité ne nuit ni à sa sincérité, ni à sa clairvoyance. Il n'est dupe ni des grands mots, ni des gros livres. Dans la rare survivance des œuvres antiques, il sent bien que tout n'a pas même valeur. Il pense des textes comme des monuments, « qu'il y a un bon et un mauvais antique ». Pour éprouver les principaux, ses connaissances techniques lui servent de pierre de touche; puis, sans prétendre blesser les croyances de personne, sans contrarier le culte dont la plupart honorent également tout ce qui porte le nom d'antiquité, il expose les raisons de ses doutes, discute, et conclut sans s'émouvoir.

De ce chef, il soulève plus d'un orage. Avec les meilleures intentions du monde, Caylus, en reprenant à un point de vue spécial la critique des anciens, semblait éveiller l'écho d'une vieille querelle. Non qu'il ait jamais abordé la véritable question des anciens et des modernes; non qu'il ne fût, au fond, partisan convaincu de la supériorité des premiers aussi bien en art qu'en littérature : mais il avait le tort de substituer à l'esprit d'admiration systématique l'esprit de libre discussion, d'avoir raison contre de grandes autorités convaincues de petites erreurs, de fonder enfin sa réputation sur cette découverte que les anciens étaient faillibles. Plus sa critique était scrupuleuse et minutieuse, plus on pouA^ait l'accuser d'employer des moyens détournés pour discréditer l'antiquité. Il fallait que la blessure dont l'Académie souffrait depuis Perrault fût encore bien sensible pour qu'on se méprit ainsi sur les véritables sentiments de Caylus. Celui-ci toutefois, par la nature même de ses études, ne put échapper à la suspicion. Il laissa dire, et continua, en redoublant de prudence, comme on peut le voir dans son démêlé avec l'abbé de La Nauze au sujet de Pline ^ Les Mémoires de l'Aca-

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