Siège de Fribourg, du 20 septembre au 16 novembre
3. Le Beau commet une petite erreur, lorsque, dans son Eloge, il attribue au comte cette campagne de Malte (p. iv). C'est le chevalier qui la fit pour ses débuts, malgré sa grande jeunesse. Il n'y a pour s'en convaincre qu'à lire la lettre LXXXI de Mme de Caylus à son fils aîné (édit. Raunié). C'est un peu plus tard que le comte passa et repassa à Malte, toujours en temps de paix. (Voir plus loin.)
remettre l'épée au fourreau, renoncer à la gloire. Caylus ne put s'y résigner : il voulait se battre, mais non servir.
11 prit son métier en dégoût, annonça sa volonté arrêtée de quitter le régiment. En vain sa mère pria, promit, supplia : elle se heurta contre une résolution inébranlable. « Mon fils me mande qu'il quitterait sa patrie, qu'il porterait sa tête sur .un échafaud plutôt que de continuer à servir \ » Tout ce qu'elle put obtenir, c'est qu'il patientât tandis qu'on ferait les démarches nécessaires pour passer le régiment au nom de son frère. Là-dessus il prend un congé « pour sa santé », et le prolonge plus que de raison, ce qui lui vaut de douces, mais fermes remontrances. Enfin l'affaire se conclut. Le chevalier devient propriétaire du régiment, le conduit à Montpellier, et le comte, rendu à la liberté, s'échappe en Italie, d'où sa mère aura toute la peine du monde à le ramener.
Il serait intéressant de connaître le détail, d'assister, documents en main, à ces premières années où le caractère du jeune homme se forme et s'accuse au contre-coup des événements : mais les témoignages directs font défaut. On serait même réduit aux quelques allusions que contiennent les lettres de Mme de Caylus à Mme de Maintenon, c'est-à-dire à presque rien, sans la découverte récente de vingt-quatre lettres de la marquise à son fils, que le dernier éditeur de Mme de Caylus a eu l'heureuse idée d'imprimer à la suite des Souvenirs ^ On y démêle